
C’est dans ce cadre particulièrement symbolique, le siège même de la Région des Hauts-de-France, le 5 octobre, date anniversaire de l’implantation de la République au Portugal que, Xavier Bertrand, Président de la Région Hauts-de-France, a pris la parole devant les nombreux participants à la fête de l’amitié Franco-Portugaise réunis à Lille. Au-delà de la célébration de la Fête de la République du Portugal, cette rencontre a été l’occasion de mettre en lumière la place de la Communauté portugaise dans la région et la profondeur des relations qui se sont construites au fil des années entre les Hauts-de-France et le Portugal.
Dans son intervention, le Président de Région a notamment souligné l’attachement porté par les Hauts-de-France à la Communauté portugaise, son engagement dans la vie économique, associative et culturelle du territoire, ainsi que l’importance de préserver et de faire vivre ces liens entre les deux pays.
Une prise de parole qui s’inscrit pleinement dans l’esprit de la soirée: célébrer une Communauté profondément intégrée à la vie régionale, tout en valorisant une identité, une culture et des traditions qui continuent de se transmettre de génération en génération.
«Bruno Cavaco m’avait dit: ‘Il y aura 2.000 inscrits’. Il y a effectivement 2.000 inscrits! Et vous faites de cette soirée une soirée qui est d’ores et déjà mémorable, une soirée placée sous le signe de l’amitié».
Cette année, le Portugal célèbre les 116 ans de la République portugaise. «Avec Bruno, nous avons souhaité réaliser cette soirée pour mettre en lumière l’amitié qui unit non seulement la France et le Portugal, mais aussi les Hauts-de-France et le Portugal. Ces liens remontent bien loin. La Région entretient des liens avec le Portugal depuis le XIIe siècle. La France perpétue depuis cette époque une relation singulière avec le Portugal, notamment depuis que Mathilde de Portugal fut l’épouse du comte de Flandre. Ce n’est pas un hasard: les armoiries portugaises figurent depuis des siècles à l’Hospice Comtesse de Lille» a dit Xavier Bertrand.
«Cette amitié s’est également exprimée dans des moments difficiles, dans des moments douloureux. Pendant la Première Guerre mondiale, le Corps Expéditionnaire Portugais est venu combattre aux côtés des Alliés, ici, sur notre sol. Le 9 avril 1918, lors de la Bataille de La Lys, ces soldats ont subi le choc d’une offensive d’une violence extrême. Des milliers d’entre eux ont été tués, blessés ou faits prisonniers, loin de leur pays, pour défendre une terre qui n’était pas la leur, mais qui allait contribuer à la victoire. Aujourd’hui encore, le Cimetière militaire portugais de Richebourg, le monument de La Couture, le carré militaire portugais du cimetière de Boulogne-sur-Mer et le monument portugais d’Ambleteuse entretiennent cette mémoire. Stéphane Pinto, Maire d’Ambleteuse, veille sur cette mémoire, une mémoire toujours bien vivante. Lors d’une exposition, j’ai eu l’occasion de voir Stéphane Pinto particulièrement ému, parce qu’il y avait à la fois la photographie de trois générations: son père, son grand-père et lui, c’était le 9 avril dernier en présence de l’Ambassadeur du Portugal en France. Merci Stéphane d’être là ce soir».
Et le Président de la Région continue: «Cette histoire commune et ces lieux nous rappellent une vérité très simple: avant d’être partenaires et amis, nous avons été frères d’armes et c’est pourquoi, en juillet dernier, j’ai voulu honorer et rendre hommage aux soldats portugais morts pour notre pays au Mémorial des combattants à Lisboa, aux côtés d’une personnalité incroyable, le général Chito Rodrigues, Président de la Ligue des Combattants du Portugal».
«Après 1914-1918 il est venu le temps de la paix et de la reconstruction et à partir des années 1960, des dizaines de milliers de Portugais et de Portugaises sont arrivés dans le Nord, le Pas-de-Calais et en Picardie. Ils ont travaillé dans le textile à Roubaix-Tourcoing, sur les chantiers, dans l’industrie, l’agriculture et la pêche. Vos grands-parents, vos parents sont souvent arrivés avec peu, parfois au péril de leur vie, mais avec un courage immense. Ils sont venus chercher une vie meilleure par le travail. Ils ont participé à bâtir et à reconstruire les routes, les maisons, les usines, ils ont élevé leurs enfants ici, des enfants qui sont aujourd’hui enseignants, médecins, artisans, chefs d’entreprise, et bien d’autres choses encore» affirme Xavier Bertrand.
«La communauté portugaise de France est aujourd’hui pleinement intégrée à notre société. Elle a conservé sa foi, comme vous l’avez encore montré tout à l’heure, sa gastronomie, sa culture, tout en devenant pleinement d’ici et tout en créant de très nombreuses associations, et moi, je voudrais témoigner de votre dynamisme, je le vois notamment dans ma ville de Saint-Quentin, avec le Stade Portugais, mais aussi à travers de nombreuses manifestations qui sont devenues de véritables rendez-vous. C’est peut-être cela, la plus belle définition de l’amitié: pouvoir être soi-même et se sentir chez soi. C’est une identité qui ouvre, qui relie, et qui ne se replie pas, une identité qui ne renferme pas, ce n’est pas une identité qui exclut, c’est une identité qui embrasse, c’est aussi cela, votre marque».
Le Président de la Région a également évoqué la dimension européenne de cette amitié franco-portugaise. «C’est pour tout cela, aussi, que nous sommes heureux de célébrer, en cette année 2026, les 40 ans de l’adhésion du Portugal à l’Union européenne. Portugais et Français partagent une même conviction européenne. Dans un monde compliqué, troublé et incertain, marqué par le retour des impérialismes, notre amitié est la preuve que l’Europe des peuples n’est pas un slogan, mais une réalité vécue. J’ai eu l’occasion d’échanger avec le Président de la République portugaise il y a quelques mois et de me rendre compte qu’une amitié ne se contente pas de regarder le passé, elle se nourrit aussi de projets, c’est pourquoi la Région Hauts-de-France a signé, à Porto, le 10 juillet dernier, un mémorandum d’entente et de coopération avec la région Hauts de France, une région qui possède un véritable héritage industriel, qui a grandi avec le textile et l’industrie et qui regarde aujourd’hui ensemble les défis du XXIe siècle. Dans cet accord, nous parlons d’intelligence artificielle, de numérique, de textile, de mode, de nouveaux matériaux et d’agroalimentaire. Nous parlons aussi de décarbonation, d’économie de la mer, de coopération portuaire et logistique».
«Que ce soit à Lisboa ou à Porto, j’ai rencontré des Français établis au Portugal, des entrepreneurs, des acteurs de la French Tech et de la Chambre de commerce, qui sont autant de ponts entre nos deux pays. Je voudrais, ici, citer mon ami, Mapril Baptista ainsi que Carlos Vinhas Pereira et leur dire combien je suis heureux qu’ils soient là, combien je salue le travail qu’ils ont pu accomplir et je les remercie également pour leur amitié. Merci à tous les deux, sans oublier bien évidemment, Mário Martins, patron de l’entreprise de transport MRT. Merci d’être là».
«Nous ouvrons également des portes à notre jeunesse: mobilité des apprentis, partenariats entre les universités, centres de recherche, enseignement du portugais dans nos universités… Tout cela constitue un pont essentiel. Je pense notamment à la coopération entre l’Université de Lille et l’Université du Minho. Permettez-moi de saluer une des étudiantes de l’Université de Lille qui étudie le portugais. C’est notre Miss Nord-Pas-de-Calais 2026, Shana Mendes! Non seulement parce qu’elle étudie dans cette université, mais aussi parce que, le 12 décembre, elle représentera la Région à l’élection de Miss France. Vous savez que nous avons une tradition, en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais… pour l’élection de Miss France, il y a le vote du jury, mais il y a aussi le vote du public, alors, je compte sur vous, pas seulement ce soir pour venir faire des photos avec elle, je connais votre enthousiasme, j’ai bien vu comment cela se passait tout à l’heure, mais aussi pour voter pour elle lors du vote du public, le 12 décembre».
Pour terminer ce discours très applaudi, Xavier Bertrand a expliqué que «les Portugais ont un mot que l’on dit intraduisible: Saudade. C’est un mélange de nostalgie, de manque et d’attachement. Beaucoup de familles de notre région la connaissent bien, parce qu’elles vivent cette relation entre deux pays et deux cultures, mais avec un seul cœur. Je forme le vœu que notre amitié soit un peu le contraire de la Saudade: non pas le manque de l’autre, mais la joie de l’avoir à nos côtés, car, de Camões à Fernando Pessoa, de Vasco da Gama à Cristiano Ronaldo, nous avons tous un Portugais dans notre panthéon personnel qui nous fait rêver. Pour rester dans le symbole, quand je disais que nous avons tous un Portugais dans notre panthéon personnel, je voulais également dire, en présence des représentants du Consulat, que nous avons beaucoup à faire ensemble. Je pense que nous avons la bonne définition et la même vision de l’amitié. L’amour, ce n’est pas se regarder dans les yeux, c’est regarder ensemble dans la même direction et quand cet amour se conjugue à l’amitié, il y a toutes les raisons pour avancer ensemble et que la fête de ce soir soit clairement une fête de l’amitié. Nous avons aussi beaucoup, beaucoup de choses encore à construire ensemble, en tout cas, mes chers amis, aujourd’hui c’est vraiment la fête. Place à la musique, place à la joie!»
Et pour terminer: «Vive le Portugal! Vive les Hauts-de-France! Vive l’amitié franco-portugaise!»






