Une histoire de famille, mais aussi une histoire de terre, d’héritage et de mémoire. La troupe brésilienne Usina do Trabalho do Ator (UTA Teatro), venue de Porto Alegre, présentera “La fille de la terre et le fils du maître” le jeudi 22 octobre à la Maison du Portugal André de Gouveia, à Paris. Une représentation gratuite qui aborde notamment la mémoire de l’esclavage et les rapports de pouvoir qui traversent une même famille.
L’histoire se déroule dans un ranch, quelque part dans le sud du monde. Le colonel Salustiano possède de vastes terres et des troupeaux, mais une question se pose au moment de penser à son héritage: à qui transmettre tout ce qu’il possède?
Deux enfants peuvent y prétendre. D’un côté, son fils blanc, né de son mariage et élevé avec l’idée qu’il deviendrait naturellement l’héritier du domaine. De l’autre, sa fille noire, née d’une relation avec une femme anciennement esclavisée dans le ranch. Rejetée par son père, elle est pourtant restée sur ses terres pour y travailler.
Le fils finit par convaincre Salustiano de lui transmettre son patrimoine. Mais une fois devenu propriétaire, il chasse son propre père. C’est alors auprès de sa fille, celle qu’il avait longtemps tenue à l’écart, que le Colonel trouve du soutien. La mort du père, le droit à la terre et la question de l’héritage deviennent ainsi le point de départ d’une réflexion plus large sur les rapports familiaux, sociaux et raciaux.
Une troupe de Porto Alegre
Sur scène, le public retrouvera Celina Alcântara, Gilberto Icle et Nina Fola. La création est portée par UTA Teatro, compagnie de Porto Alegre dont Celina Alcântara et Gilberto Icle sont membres fondateurs depuis 1992. Tous deux ont également développé un travail universitaire et de recherche autour du théâtre. Gilberto Icle a notamment étudié en France à Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et à la Sorbonne Nouvelle, avant d’être professeur invité à l’Université Paris Nanterre.
Celina Alcântara mène de son côté des recherches autour des pratiques scéniques et des questions ethniques, raciales et de genre. Nina Fola complète la distribution. Sociologue, artiste, productrice culturelle, chanteuse et percussionniste, elle est engagée dans plusieurs projets liés aux cultures afro-brésiliennes.
Le spectacle puise dans des sources très différentes. La compagnie cite notamment Barbosa Lessa, les traditions orales, le Bumba Meu Boi, Simões Lopes Neto ou encore William Shakespeare parmi ses inspirations. La mise en scène est assurée par Ciça Reckziegel, Dedy Ricardo, Gisela Habeyche, Shirley Rosário et Thiago Pirajira.
Cette représentation parisienne est organisée en partenariat avec le Festival Parfums de Lisbonne et le Centre de recherches interdisciplinaires sur le monde lusophone (CRILUS) de l’Université Paris Nanterre. Une répétition générale ouverte au public est également annoncée la veille, mercredi 21 octobre à 15h00.
“La fille de la terre et le fils du maître” sera présentée le jeudi 22 octobre à 19h00 à la Maison du Portugal André de Gouveia, 7P boulevard Jourdan, dans le 14e arrondissement de Paris. L’entrée est gratuite et libre, dans la limite des places disponibles.







