«D’Amarante à Valparaíso» un livre de Manuel Maia Teixeira : mémoires, voyages et destin d’une vie

Le premier livre de Manuel Maia Teixeira vient tout juste de paraître. Entre souvenirs d’enfance, immigration, découvertes, voyages professionnels et rencontres marquantes, «D’Amarante à Valparaíso» mêle autobiographie, roman et réflexion sur la vie. Dans cet entretien, l’auteur revient sur le long chemin qui l’a conduit à l’écriture, son enfance au Portugal, son arrivée en France, ses années d’adolescence, son métier qui l’a amené à voyager à travers le monde, ainsi que sur les événements qui ont profondément marqué son parcours.

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Manuel Maia Teixeira, votre premier livre vient d’être publié. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Je suis très heureux de ce qui est en train de se passer. Peut-être que tout cela se calmera ensuite, mais pour le moment, tout se passe très bien.

Il y a une phrase qui semble accompagner votre parcours : «Si nous n’osons rien, nous ne serons jamais rien». Est-ce cette idée qui vous a poussé à écrire ?

Oui, exactement. Si nous n’osons rien, nous ne serons jamais rien. Cette idée m’a toujours accompagné.

Pourquoi avoir attendu si longtemps pour raconter cette histoire ?

La vie ne laisse pas toujours le temps d’écrire. Ce livre porte quarante années de vie en lui. Pendant longtemps, ce n’étaient que des souvenirs conservés dans un coin de ma mémoire. Aujourd’hui, ils ont enfin pris forme.

«D’Amarante à Valparaíso» est-il une autobiographie, un roman, un témoignage ou une confession intime ?

C’est un peu tout cela à la fois. Il y a clairement une base autobiographique et de nombreux épisodes de ma vie adulte. Mais je voulais aller plus loin qu’une simple autobiographie. Je voulais construire un roman de vie. Dans le livre, il y a des faits réels, mais aussi des rêves, des projections et des réflexions intérieures.

À quel moment avez-vous compris que votre histoire pouvait intéresser d’autres personnes ?

Ce sont des proches qui ont commencé à me dire : «Tu devrais écrire un livre. Tu as beaucoup de choses à raconter». Cela m’a fait comprendre que mon expérience pouvait toucher d’autres personnes.

Le titre commence par Amarante. Que représente cette ville pour vous ?

Amarante représente l’enfance, les origines et une grande partie de la construction de ma personnalité. Une grande partie du livre se déroule durant cette période de ma vie, car je crois que l’enfance prépare le destin de l’homme.

Gardez-vous beaucoup de souvenirs de ce Portugal rural ?

Oui, énormément. Certains sont très forts. Dans le livre, je raconte des épisodes marquants de mon enfance, des moments dramatiques, mais aussi des histoires tendres et amusantes. Il y a même une petite histoire d’amour enfantine racontée avec humour et avec le regard innocent d’un enfant.

L’enfance façonne-t-elle réellement l’avenir ?

Oui, sans aucun doute. Les curiosités, les peurs, les expériences et les petits événements de l’enfance finissent par former ce que nous devenons plus tard.

Votre livre semble aussi être un travail de mémoire…

Oui. Il était important de préserver des visages, des lieux et des moments qui auraient pu disparaître. Beaucoup de personnes se reconnaissent dans ces histoires et me disent que le livre les replonge dans leur enfance.

Votre départ du Portugal est décrit presque comme une scène de théâtre…

Parce que, d’une certaine manière, c’en était une. Nous avions tout répété avant de passer la frontière. Mon père m’avait préparé aux questions de la police. Je n’avais que onze ans.

Comment avez-vous vécu votre arrivée en France ?

Curieusement, j’ai eu le sentiment que c’était le destin. Mon père avait déjà tenté d’émigrer auparavant, vers le Brésil ou l’Angola, sans succès. Quand nous sommes arrivés en France, j’étais prêt pour une nouvelle vie. L’intégration s’est faite rapidement et nous avons été très bien accueillis.

Vous évoquez aussi l’adolescence et les années qui ont suivi 1968…

Oui. C’était une époque de changement, de liberté et de transformation sociale. Dans le livre, je raconte comment nous, les adolescents, avons vécu ce choc culturel et cette nouvelle liberté, mais toujours avec respect envers les filles et leurs limites.

La notion de destin traverse-t-elle votre livre ?

Je pense que oui. Il y a eu des moments dans ma vie où tout aurait pu basculer autrement. Certaines rencontres et certains événements ont complètement changé le cours de mon histoire.

Existe-t-il une rencontre sans laquelle ce livre n’aurait peut-être jamais existé ?

Oui. Il y a des rencontres très importantes dans le livre. L’une d’elles concerne Charles Aznavour et son équipe. Ce fut un moment très marquant pour ma femme et moi.

L’humour occupe aussi une place importante dans votre récit…

Parce que la vie est faite de tout : de gravité, de douleur, mais aussi d’humour. Je ne voulais pas écrire un livre lourd ou tragique. Je voulais aussi faire sourire les lecteurs.

Votre parcours vous a conduit du Portugal à la France, puis dans plusieurs pays du monde. Les voyages vous ont-ils aidé à mieux vous comprendre ?

Peut-être, oui. J’ai beaucoup voyagé pour mon travail et chaque voyage m’a apporté des expériences fortes. Je voyageais davantage avec le cœur qu’avec les yeux.

Quel était votre métier ?

J’ai commencé dans la mécanique générale avant de me spécialiser dans le dessin industriel. J’ai travaillé de nombreuses années dans des entreprises liées à l’industrie et aux équipements portuaires. Cela m’a amené à voyager régulièrement dans le cadre de missions techniques et commerciales.

Certaines de ces expériences apparaissent-elles dans le livre ?

Oui. Il y a des épisodes très intenses, comme une mission au Brésil pendant la crise provoquée par les cendres volcaniques. Le livre mêle constamment aventure professionnelle et expérience humaine.

Pourquoi avoir choisi Valparaíso pour le titre ?

Parce que Valparaíso est un lieu qui m’a profondément marqué. J’y ai découvert une ville extraordinaire, entre le port moderne et les quartiers populaires accrochés aux collines. C’est aussi là que j’ai rencontré des personnes et des histoires qui m’ont profondément touché. Valparaiso correspond à ma dernière mission professionnelle.

Après avoir écrit ce livre, avez-vous le sentiment d’avoir bouclé un cycle ?

Peut-être. Mais j’ai aussi voulu me prouver à moi-même que j’étais capable d’écrire une belle histoire.

Ce livre est-il également un hommage à votre famille ?

Oui, surtout à mon père. Il y a beaucoup d’histoires familiales, de petits secrets, de difficultés et de moments heureux qui méritaient d’être conservés.

Pensez-vous déjà à un second livre ?

Peut-être. Il reste encore beaucoup d’histoires à raconter.

Où peut-on se procurer votre livre ?

Ce 14 mai je serais présent à la fête en l’honneur de Notre Dame de Fátima à Montceau-les-Mines organisée par l’Association Portugaise Loisirs de Montceau-Les-Mines. Dans cette même ville on peut acheter mon livre à la FNAC et à l’Espace Culturel du magasin Leclerc, il sera très prochainement disponible sur Amazone. On peut me suivre et me contacter par les réseaux sociaux.

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Entre mémoire et fiction, entre le Portugal, la France et le reste du monde, Manuel Maia Teixeira construit avec «D’Amarante à Valparaíso» le portrait d’un homme façonné par le courage, la curiosité et les rencontres marquantes. Bien plus qu’un livre de souvenirs, cette œuvre apparaît comme une réflexion profonde sur l’identité, l’immigration, la famille et le destin, racontée avec émotion, humour et authenticité.

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