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Guillaume da Silva est architecte d’intérieur, la cinquantaine, avec une renommée qui dépasse bien au-delà de la ville et la région d’implantation de son cabinet (Roubaix).

Il possède un diplôme d’architecte d’intérieur certifié CFAI, après un bac E, formé à l’école St Luc, à Tournai, en aménagement d’espace. Après quelques années à travailler dans plusieurs cabinets parisiens, il a créé son agence Guillaume da Silva Architecture intérieure, en 1992, à 26 ans.

 

Vous êtes petit-fils d’un portugais arrivé dans les années 1920 en France. Connaissez-vous l’histoire de votre grand-père?

Je sais malheureusement assez peu de choses sur mon grand père Joseph da Silva. Il était menuiser-charpentier (les gènes de la construction sont dans la famille), il est venu après la première Guerre mondiale pour la reconstruction de la France en montant de chantier en chantier. Il a rencontré ma grand-mère d’origine flamande et s’est établi à Hem. Je suis un pur fruit du mélange européen!

 

Y a-t-il eu une transmission orale des évènements qui ont conduit votre grand-père en France?

Très peu, mon grand-père est mort quand j’avais 3 ans, il avait eu une vie rude. Il n’a pas souhaité transmettre à mon père, né en 1932, la culture portugaise, je pense que pour lui, le Portugal était un mauvais souvenir et la France un eldorado. Je dois avouer que c’est un manque dans mon identité, il faudrait que je creuse de ce côté… un jour.

 

Vous faites partie de la 3ème génération de Portugais en France, vous vous sentez complètement français?

Oui, je suis né à Roubaix en 1966, mes parents étaient tous deux Français, j’ai été élevé à la française, mais avec une éducation assez rude (je pense que c’était le modèle de mon grand-père).

 

Sentez-vous quelque chose qui vous rapproche du Portugal?

Sans aucun doute, les gènes. Malgré le fait que mes ascendants n’aient pas souhaité me transmettre leur culture, je suis certain que mon côté entrepreneur et constructeur vient de là. Sans doute aussi une certaine exigence vis-à-vis de moi-même et un goût pour le travail bien fait.

 

Y a-t-il une recherche de votre part à ce niveau?

Non, malheureusement.

 

S’appeler Da Silva permet parfois d’ouvrir des portes, d’engendrer des conversations dans votre métier?

C’est simple, criez Da Silva sur un chantier, il y a au moins trois personnes qui se retournent! Ça crée des liens dans le travail, ça permet souvent de mieux se comprendre et de mieux collaborer. On pourrait monter une des meilleures entreprises de second œuvre de la région, rien qu’avec des Da Silva!

 

En fin de compte, en quoi consiste votre métier, d’architecte d’intérieur?

Très bonne question! Ma profession est souvent trop mal connue. L’architecte d’intérieur intervient dans le cadre de l’aménagement intérieur d’un bâtiment. Il restructure les espaces et les volumétries, conçoit la mise en lumière, assemble les matériaux et les finitions. Nous travaillons essentiellement sur des projets de réhabilitation ou de transformation, mais il nous arrive aussi souvent de concevoir des bâtiments neufs en équipe avec des confrères architectes. Nous accompagnons nos clients depuis l’esquisse jusqu’à le réception des travaux. Nous travaillons sur de nombreux domaines tels que l’habitat, les magasins, les bureaux, l’hôtellerie/ restauration et quelques fois des projets plus éphémères tels que des stands d’exposition.

 

Comment êtes-vous rémunéré?

L’architecte d’intérieur est un prestataire de service dont la rémunération ne vient que des honoraires qu’il facture à ses clients. Un architecte d’intérieur ne peut en aucun cas faire acte de commerce. Le titre d’architecte d’intérieur n’étant pas protégé, il est préférable de faire appel à des architectes d’intérieur certifiés par le C.F.A.I, cette certification atteste d’un minimum de formation et de référence ainsi que l’application de la déontologie liée à notre métier et enfin le fait que le professionnel soit bien assuré en décennale. Vous pouvez vous référer à ce site cfai.fr

 

Comment devient-on architecte d’intérieur au-delà des études: c’est une passion, une rencontre, une vocation, le désir de transformer, de rendre beau?

C’est un métier de vocation et de passion. J’ai un passé tourné vers l’acte de construire, mon grand-père était menuisier-charpentier, mon père également, il était entrepreneur en menuiserie et a eu jusqu’à 20 salariés. J’ai respiré l’odeur de la sciure depuis mon plus jeune âge… J’ai toujours eu le goût d’assembler, de transformer. J’ai aussi une sœur très douée qui a fait les beaux-arts, j’ai toujours été fasciné par son don. Puis il y a eu les études, la rencontre avec un professeur, Yvan Theys, un peintre d’un grand talent qui m’a tout appris: la relation entre la forme, l’espace et la matière, la notion d’abstraction des formes. La base. Plus de 30 ans après, j’utilise encore quotidiennement ce qu’il m’a enseigné!

 

S’il y avait une phrase pour définir votre conception de l’architecte l’intérieur, ça serait…?

Il y a une citation qui m’accompagne depuis la création de l’agence: «Il y a des lieux que l’on admire, il y en a d’autres qui touchent et où l’on aimerait vivre. Il me semble que l’on dépend des lieux pour l’esprit, l’humeur, la passion, le goût des sentiments» de Jean de la Bruyère.

 

Votre zone d’action se délimite à la région Nord de la France?

Je travaille essentiellement dans les Hauts-de-France, mais aussi en Belgique et partout en France selon les projets que nos clients nous confient.

 

Pouvez-vous nous citer quelques-unes de vos réalisations, celle dont vous êtes le plus fier?

Ma réalisation sans doute la plus connue est l’Hôtel du Louvre Lens. Il s’agit d’un hôtel de 52 chambres avec spa et salles de réunions, réalisé dans d’anciens «corons» et d’un restaurant, le «Galibot». J’ai pris beaucoup de plaisir à participer à cette réhabilitation audacieuse en équipe avec le cabinet Maes Architectes et le bureau d’études Moduo. Mais j’essaye de faire en sorte de pouvoir être fier de toutes mes réalisations, d’y amener, par mon investissement et ma vision «un petit supplément d’âme». Et bien sûr je suis toujours assez enthousiaste sur les projets en cours ou juste livrés, comme la boutique de cosmétique Bio Avril que nous devions livrer le 17 mars, jour de la mise en confinement.

 

Que pensez-vous des émissions qu’on voit de plus en plus à la télévision sur la décoration de la maison?

Ces émissions ne reflètent absolument pas la réalité de notre métier. La plus part du temps on y confond décoration, home staging et architecture intérieur. Ces émissions sont très néfastes pour nous, car elles montrent une vision complètement édulcorée de notre profession. Je dois très souvent réexpliquer à mes clients quel est mon champ d’action et comment on travaille.

 

Dans quelle phase de la construction ou rénovation, vous contacte-t-on?

C’est très simple, le plus tôt possible. Étant donné que nous travaillons sur la structure même du bâtiment et sur son organisation générale, il est primordial de nous faire intervenir le plus en amont possible du projet.

 

En général on vous demande de donner votre idée sur la décoration à mettre sur un lieu, sur une construction ou on vous donne l’idée et à vous d’essayer de la mettre en pratique et à voir de sa faisabilité?

Bien souvent les clients viennent avec une idée pré conçue, qui n’est pas toujours très pertinente. Il est important de savoir écouter et dialoguer, de comprendre au-delà des apparences ce que veut vraiment le maître d’ouvrage. Puis nous apportons une analyse qui doit être la plus pertinente possible pour pouvoir asseoir un concept créatif et élaborer un projet fort.

www.guillaumedasilva.com

 

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