Uma senha ser-lhe-á enviada por correio electrónico.
Donativos LusoJornal

 

Après Ana Moura et António Zambujo, qui ont ouvert le Festival Métis de Saint-Denis, c’est Carminho, elle aussi fadiste de premier plan qui se produira, dans ce même festival consacré à la lusophonie, le 7 juillet à Pierrefitte-sur-Seine (93).

Lors de l’entretien téléphonique qu’elle a bien voulu nous accorder, elle nous a dit sa difficulté à traverser la longue période de confinement due à la pandémie: «Comme tous mes collègues artistes, nous n’avons pu exercer notre métier. On a pu travailler en studio, mais aucun travail en studio ne peut égaler la présence tangible du public. J’ai besoin de sentir la présence du public, l’étrange bruit silencieux des concerts ou des maisons de fado. Et ça m’a vraiment manqué. Peu avant le début de la pandémie, j’ai réalisé un nouvel album, Maria, qui servira de base à mon concert en France».

«Cet album est important pour moi. Le précédent, consacré à un hommage à Tom Jobim, un maître de la musique brésilienne, m’a fait sortir de cette sorte de «zone de confort» qu’est pour moi le fado. Ma mère était fadiste, elle a dirigé une maison de fado, et je pense que j’ai commencé à chanter le fado en même temps que j’apprenais à parler. Après la sortie du ‘Carminho canta Tom Jobim’, j’ai eu envie de retourner à la maison, c’est-à-dire de retourner au fado mais aussi à ma famille, à mon enfance. C’est ce qui a généré ‘Maria’. Maria, c’est moi, mon prénom est Maria do Carmo, dont le diminutif est Carminho. Ce pourrait être aussi n’importe quelle femme, il y a tant de Maria au Portugal».

Cet album a aussi permis à Carminho d’explorer deux chemins apparemment opposés, l’un vers un certain minimalisme (chant a capella ou parfois avec un seul instrument, valorisation du silence, si chère à José Mário Branco), l’autre en faisant appel à des sons différents du fado traditionnel, comme la guitare électrique speed pedal. En fait, elle démontre que ces deux chemins peuvent se croiser avec bonheur.

Lors d’un précédent entretien voici quelques années (en 2013), Carminho nous disait que «le fado n’est pas une prison, il ne me prend pas, il me libère». La quête de liberté est une constante chez elle. «Pendant très longtemps, dans le fado, les paroliers et les compositeurs ont été des hommes, les producteurs étaient des hommes, les femmes étaient chanteuses, point». Carminho écrit, de plus en plus, les textes qu’elle chante, elle compose, de plus en plus, ses musiques. Et elle est devenue, avec Maria, sa propre productrice. Liberté, quand tu nous tiens…

Carminho est de retour en région parisienne après presque quatre ans d’absence. Elle sera accompagnée par de jeunes musiciens parmi lesquels André Dias, à la guitare portugaise, qui promet beaucoup. C’est un joli cadeau en ce début d’été. Et si le beau temps se met de la partie, le Parc Frédéric Lemaître lui offrira un cadre enchanteur pour ce retour. Bref, une soirée enchanteresse à tous égards nous tend les bras le 7 juillet. Ce serait ballot de la manquer.

 

Le 7 juillet, à 20h30

Parc du Conservatoire Frédéric Lemaître 93

65 rue Etienne Dolet

93380 Pierrefitte-sur-Seine

(RER D Pierrefitte-Stains)

 

Cultura
X