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Cultura

 

Une rétrospective du cinéma du couple de réalisateurs portugais António Reis et Margarida Cordeiro commence ce vendredi, 21 octobre, pendant trois jours, à la Cinémathèque Française, dans le cadre de la Saison France-Portugal 2022. Le premier film programmé est «Trás-os-Montes» (1976, 1h51), avec Albino S. Pedro, Mariana Margarido et Luís Ferreira, entre autres.

«Infatigable opposant à l’Estado Novo, le régime autocratique portugais, António Reis est d’abord poète, peintre et sculpteur mais aussi sociologue. Il devient assistant pour Manoel de Oliveira sur ‘Acte du printemps’ (1962), pierre angulaire du nouveau cinéma lusitanien, puis réalise dans la foulée deux documentaires, premières esquisses d’un art en devenir où se mêleront de manière inédite poésie et ethnographie» peut-on lire dans la présentation de la rétrospective. «C’est sur le tournage de ‘Jaime’ qu’il rencontre sa compagne, la psychiatre Margarida Cordeiro, et qu’il développe avec elle une pratique nouvelle du montage, ‘vibration hallucinatoire et violence magique’».

Sur quinze années de «sciences poétiques», le couple réalise trois longs métrages «Trás-os-Montes», «Ana» et «Rosa de Areia», qui leur vaudront l’admiration d’autres poètes, Jean Rouch, Joris Ivens, Jean-Marie Straub, ainsi que d’une nouvelle génération de cinéastes portugais.

À propos de «Trás-os-Montes», Jean Rouch écrivit un jour: «Jamais à ma connaissance un réalisateur n’avait entrepris avec une telle obstination l’expression cinématographique d’une région: je veux dire cette communion difficile entre les hommes, les paysages, les saisons. Seul un poète déraisonnable pouvait mettre en circulation un objet aussi inquiétant».

«À partir des années 1960, le cinéma portugais se renouvelle avec un intérêt anthropologique porté aux parties intérieures du pays alors étrangères aux processus d’urbanisation. Durant la dictature de Salazar, certains cinéastes se tournèrent vers les réalités sociales du Portugal dont la variété s’opposait au folklorisme alors promu par le régime fasciste. Pourtant, à l’issue de la dictature, quand une bonne partie du cinéma des années 1970 revenait à la ville, Reis et Cordeiro s’en écartèrent, prenant aussi à rebours l’exode rural qui transformait leur pays. Cet éloignement leur permettrait d’enquêter sur les conditions de vie, l’histoire et les mythes de la région la plus reculée, située au nord-est du Portugal: le Trás-os-Montes. Les souvenirs d’enfance de Cordeiro, qui y était née, et le «désir de renaître ailleurs» de Reis, fasciné par cet endroit et sa culture, constituent les premiers matériaux d’un exil poétique dans lequel ils réalisèrent trois films sur une période de quinze ans» explique la Cinémathèque Française.

Costa-Gavras, Président de la Cinémathèque Française, et Frédéric Bonnaud, Directeur général, ont donc programmé «Trás-os-Montes» (1976), ce vendredi 21 octobre, à 20h00. Samedi, à 17h00, sera projeté «Ana» (1982), et le dimanche 23 octobre, quatre films d’António Reis et de Margarida Cordeiro seront projetés: «Désert Rose» (1989) à 17h30 et à 20h00 une séance avec les films «Do céu ao rio» (1964), «Jaime» (1974) et «Painéis do Porto» (1963).

Cette sélection a été faite par Miguel Armas, chercheur et critique. Il a dédié un Mémoire de recherche au cinéma de Reis et Cordeiro et a également codirigé, avec Luc Chessel, l’ouvrage «Textes critiques de Jacques Rivette» chez Post-Éditions (2018).

 

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