Collection Afonso Maia

Ces Portugais qui ont l’Epée du Souvenir français comme sépulture perpétuelle

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Chaque mi-automne l’association mémorielle Le Souvenir français, effectue des quêtes aux portes des cimetières communaux pour entretenir les Monuments et les tombes des ‘Morts pour la France’. Celles-ci tendent à disparaître dans les cimetières, car les concessions ne sont pas perpétuelles.

L’occasion est donnée de parler des ‘Morts pour la Patrie’ de nationalité portugaise. Deux soldats morts «Pela Pátria» sont présents dans des cimetières militaires français où les concessions sont perpétuelles. Ont-ils été enterrés comme sujets français? Sans possibilité d’enquête approfondie à l’époque.

Après la I Guerre mondiale, malgré l’absence d’identification des corps, la volonté est forte de donner une sépulture digne à tous. Un siècle plus tard, il est connu que des sépultures isolées de Portugais se trouvent ailleurs que dans les cimetières militaires de Richebourg ou Boulogne-sur-Mer en France.

Pour rappel, pendant la guerre, les corps des soldats du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) sont enterrés près du Front de Flandres, dans des cimetières militaires britanniques ou cimetières municipaux français. Le travail de la Commission portugaise des sépultures de guerre (CPSG) a permis de regrouper les morts des cimetières de Flandres (et autres) vers le Cimetière militaire portugais de Richebourg.

Pour toutes les nations belligérantes, loin du Front, les morts provenant des camps de base ou hôpitaux militaires, engendrent la construction à grande échelle des nécropoles nationales et carrés militaires dans les cimetières communaux. Les familles ont parfois rapatrié leurs corps (possibilité légiférée pour l’après-Guerre seulement).

Certains cherchent encore leurs morts en France plus de 100 ans après.

Le cas de deux sépultures portugaises est abordé ici, même s’il existe encore des divergences concernant les dates de décès.

 

La Croix-épée du Souvenir français

Le Souvenir Français (SF) est une association créée après la Guerre de 1870. Elle entretient la mémoire historique. Elle est à l’origine de la création de monuments aux morts et de cérémonies commémoratives lors des anniversaires de l’Armistice de novembre. Son signe distinctif représente une cocarde tricolore. Sa devise: «À nous le Souvenir, à eux l’Immortalité», mots retrouvés écrits sur l’Epée, sous l’écusson amovible.

Ces mots disparaissent avec l’usure du temps et les peintures données lors des diverses restaurations pour les commémorations.

Quelques croix-épées sont encore présentes dans des cimetières français pour les morts de 1870, le nom figure dans la pierre sous l’épée. Des exemplaires présents dans les carrés militaires sont restaurés par les associations locales, pour éviter leur disparition. Pour les morts de la I Guerre mondiale, une description de la croix-épée en fonte du SF est donnée par le journal «Le Vétéran» en 1920: «Véritable chef-d’œuvre, elle est faite d’une épée en fonte fichée dans une pierre par sa pointe. Une palme orne la partie inférieure de la lame. Sur le haut est fixé la croix de guerre et un écusson mobile sur lequel sont reproduits en relief le nom et le prénom du mort, le numéro de son régiment et la date du décès».

La croix-épée est due, entre autres, au fondateur du SF, François Xavier Niessen.

 

Ces Portugais qui ont une sépulture perpétuelle en Croix-épée

A l’origine, les croix sont de couleur sombre, la couleur est donnée ensuite par la restauration. Y figurent les mots «Souvenir français» en haut de l’épée et «Mort pour la France» dans l’écusson.

Les informations concernant ces 2 soldats portugais:

 

Silva dispose d’une tombe individuelle au carré militaire du cimetière des Aiguillons, à Cherbourg (Manche).

Jono de Silva / Joas de Silva / João da Siva? Situation à éclaircir peut-être avec les documents visibles à Lisboa – Archives Historiques Militaires.

Une photo proposée par Afonso Maia avant 2012 permet de constater une restauration effectuée. La croix est peinte en blanc, les écrits en relief peints en noir. Il est possible de lire «Soldat portugais Jono de Silva, Mort pour la France». La date n’est pas nette, 28.1.1919? La dernière restauration effectuée précise un décès de João de Silva le 28.3.1919, date donnée par la base des sépultures de guerre Mémoire des hommes.

Les Archives de Cherbourg proposent un acte de décès de João de Silva (qu’il faudra consulter…) à la date du 31 janvier 1919, en accord donc avec un décès au 28.1. Une prochaine modification sur la croix-épée?

 

Gago José / Gago Joseph dispose d’une sépulture individuelle dans la Nécropole nationale de Chambière, à Metz (Moselle). Avec une divergence de dates entre Mémoire des hommes et les Archives militaires portugaises, mais aucune trace écrite pour l’instant pour confirmer une date de décès: 1918 ou 1919?

Une photo de sa sépulture avant 2012 montre l’absence de l’écusson mobile, probablement pour restauration. Depuis la croix-épée remise en état mentionne sur l’écusson qu’il est «Mort pour la Patrie». La date de décès est celle qui figure sur Mémoire des hommes: 16.04.1919.

 

Ces croix-épées, à l’origine de couleur sombre, sont remises en état lors de l’anniversaire de l’Armistice du 11 novembre. Peinture bleue (bleu ‘poilu’), noire, blanche, peinture des mots en relief d’une autre couleur ou peinture dans la masse, tout se rencontre.

Les bulletins militaires sont à consulter sur place aux Archives Historiques Militaires portugaises pour mieux comprendre les divergences concernant les dates de décès et identifier précisément ces 2 soldats?

Voulez-vous nous aider?

 

Sources:

Geneanet, Memorialgenweb, Mémoire des hommes.

Le Souvenir Français.

Archives historiques militaires portugaises. Archives départementales de la Manche.

Gallica Bibliothèque nationale de France.

 

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