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En Champagne: La Fête de l’indépendance du Cap-Vert à Villenauxe-la-Grande

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Cette année, le Cap-Vert a fêté son indépendance à Villenauxe-la-Grande (10), une petite ville de 2.500 habitants en Champagne. Pendant deux jours, le week-end dernier, des dizaines de stands autour de l’église et sur la place de la Mairie, ont proposé aussi bien des produits locaux que des produits capverdiens. «Il y a même un stand qui propose de la bière portugaise» annonce enthousiaste Sandra Lopes, de l’Ambassade du Cap-Vert.

A l’origine de cette initiative est Antonino Oliveira, Attaché économique à l’Ambassade du Cap-Vert. «Il y a 4 ans, j’ai acheté une maison ici et maintenant je vais tous les jours travailler sur Paris» explique-t-il au LusoJornal. 20 minutes en voiture jusqu’à Provins, une heure de train jusqu’à la Gare de l’Est et 10 minutes de Metro jusqu’à Saint Augustin, où est l’Ambassade du Cap-Vert.

Chantal Oudard est sa voisine. Productrice de Champagne, elle est d’origine portugaise. «Mon grand Père est venu en France, travailler dans cette région, après la II Guerra Mondiale. Il a connu ma Grand-Mère et il est resté. J’ai mes racines dans un village près de Vilar Formoso et j’y vais régulièrement voir ma famille».

Chantal Oudard est également la Présidente de l’Union des Commerçants et des Artisans de Villenauxe-la-Grande (UCAV). «Cela fait plusieurs années que je voulais organiser un évènement comme celui-ci, en mettant en évidence un pays. L’occasion est venue à moi, à travers la rencontre avec mon voisin Capverdien et les choses se sont faites». Chantal Oudard aimerait bien continuer avec le Canada, la Corée du Sud,…

Lors de son discours, l’Ambassadeur du Cap-Vert a remercié l’accueil de la ville et de l’Union des commerçants. Il a mis en évidence la présence de l’Ambassadrice du Ghana, «le premier pays indépendant en Afrique».

Le Maire de la ville se dit également content de cette rencontre avec le Cap-Vert. «Pendant ces deux jours, nous oublions les soucis de la vie et nous nous amusons, tout en nous enrichissant culturellement» dit Paul Bujar.

C’est Valérie Dongo, Maire Adjointe à la Culture, au Tourisme et à la Communication qui nous présente la ville. «Nous sommes un centre-bourg d’un peu plus de 2.500 habitants. Plusieurs villages des alentours dépendent des infrastructures de la ville, comme par exemple l’école, le gymnase, le pôle santé en construction,…». Il n’y a pratiquement pas d’industrie à Villenauxe-la-Grande. «Le Champagne est le poumon de la ville. Il y a 5 Maisons de Champagne et une cinquantaine de vignerons qui vendent leurs raisins. Nous sommes le premier village de Champagne en venant de Paris» explique au LusoJornal Valérie Dongo.

«Mais nous ne sommes pas connus» rajoute Chantal Oudard. «Il y a eu le Phylloxera, les vignes ont être replantées vers 1970, donc nous ne sommes pas assez connus. Finalement, nous sommes des petits récoltants à côté des grandes marques de Reims. C’est très difficile de s’imposer».

Organiser cette fête nationale du Cap-Vert avec l’Ambassade a été un vrai défi. «Nous n’avons pas les moyens, nous sommes une petite commune. Nous essayons de sauver le commerce local par l’action de Mme Oudard» explique le Maire.

Paul Bujar verrait bien un jumelage de Villenauxe-la-Grande avec une ville du Cap-Vert. Mais dans 10 mois, lors des prochaines élections municipales, il va laisser sa place de Maire de la ville. «J’ai 70 ans, je souhaite profiter de ma retraite et être Maire d’une ville comme celle-ci, c’est un poste à plein temps». Donc, l’idée d’un jumelage reste pour plus tard. «Verrons ce qui souhaite faire la nouvelle équipe municipale».

«En France, en ce moment, le grand problème est qu’on est en train de tout faire pour que les ruraux n’existent plus» explique Paul Bujar. A cela, il rajoute «l’histoire économique du pays est une vrai catastrophe. Les gens qui ont été à la tête de la commune n’ont jamais voulu qu’il y ait une vraie économie industrielle dans la ville. Les petits patrons de l’époque se sont autoprotégés contre l’installation de grosses entreprises. Or, toutes les villes qui s’en sortent en France, ce sont les zones industrielles qui les font vivre». Et la comparaison avec la ville voisine de Nogent-sur-Seine est forcément évidente. «Quand j’avais 15 ans, Nogent n’était pas plus développée que Villenauxe-la-Grande, sauf qu’eux, ils ont su se développer, et en plus, cerise sur le gâteau, ils ont eu la Centrale nucléaire. C’est la poule aux œuf d’or».

Même si Villenauxe-la-Grande n’est qu’à 3 km de la Centrale nucléaire, «cela ne nous apporte rien» dit le Maire de la ville. «Une ville comme Nogent-sur-Seine dispose d’un revenu d’environ 3.600 euros par habitant, alors que nous, de 660 euros. Faites les calculs. Ces gens-là font ce qu’ils veulent, quand ils veulent, nous on est obligé de compter».

En face de la Mairie, la scène commence à s’agiter. Avec des musiciens d’ici, bien sur, mais également venant du Cap Vert, comme par exemple Jenifer Solidade et Rui di Bitina. «Je suis née après l’indépendance, donc tout ce que je sais de cette période c’est via l’école et l’histoire» dit Jenifer Solidade. «Mais c’est un très grand honneur d’être là, en représentation de mon pays».

De la musique, il y en a eu pour tous les goûts, avec de la Morna, de la Coladeira et du Funaná. «Nous devons tout à Cesária Évora. Elle nous a ouvert les portes à nous tous» dit Rui di Bitina. Aliás, Jenifer Solidade cantou «Oriundina», une chanson immortalisée par Cesária Évora. Jenifer Solidade était membre de la Cesária Évora Orchestre!

Le programme culturel, conçu par David Leite, Attaché culturel de l’Ambassade du Cap-Vert a été riche, avec des expositions de peinture et de photos, du folklore de la région, et même une messe dans l’église autour de laquelle la ville est née.

 

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