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La Galerie Keller va accueillir, à partir de ce vendredi 22 mars, et cela jusqu’au 23 avril, l’exposition « Mondes imprévisibles » de l’artiste français Jean-Pierre Porcher, qui habite au Portugal.

D’ailleurs Jean-Pierre Porcher était déjà exposé à la Galerie Keller avec l’exposition «Petits espaces – meubles Themawood» de mobilier portugais, en collaboration avec l’artisan menuisier ébéniste portugais, José Luís da Silva Sousa.

A partir de ce vendredi, c’est seul qu’il expose. L’occasion pour LusoJornal de découvrir cet architecte et peintre français qui réside au Portugal depuis 1986.

 

Vous êtes peintre, mais également architecte. Vous vous êtes installé au Portugal pour y travailler ?

On a notre production au Portugal. On a trois monographies écrites sur notre travail et publiées. Notre base, c’est l’architecture. Moi ma base, c’est architecture et peinture. Ça n’a rien à voir, mais ça a toujours été mon idée. Au Portugal j’ai pu développer les deux. Architecture avec de la production, et notre spécialité, c’est de ne pas être spécialisé. C’est ce que j’aime, faire de tout. On a gagné des concours internationaux, on construit même à Paris. On est revenu par necessite, car le marché portugais a connu des difficultés ces dernières années.

 

Vous faites tout type de constructions ?

On a travaillé sur un couvent cistercien, on a construit des immeubles d’habitation, on a construit un golf, on a construit des maisons et également des hôtels. On crée les projets de A à Z. Pour moi, le Portugal a été un havre de bonheur. J’ai travaillé 5 ans en France après mon école, à la tête d’une grande agence qui avait beaucoup de clients, mais ma vie était impossible et je m’apercevais qu’on ne pouvait pas prendre de décision, car à chaque fois il faut demander l’autorisation à quelqu’un. Quand je suis parti, j’ai réalisé qu’on avait un pouvoir de décision bien supérieur et qu’on pouvait faire de l’architecture du début à la fin, on n’avait pas un travail sectoriel, c’était complet. Ça m’a passionné. Je suis donc parti en 1986 au Portugal. Dans les années 90 j’ai été architecte au port de Porto. J’ai lancé un grand projet sur les zones portuaires. Après, je suis revenu dans notre agence, dans les années 2000, et on a beaucoup construit. Et ensuite dans les années 2010-2015 on a eu cette crise au Portugal. On s’est donc mis à participer à des concours internationaux et on est revenu sur Paris et à l’extérieur, pour faire vivre l’agence. Maintenant on repart sur le Portugal car ça repart un peu, en tout cas on l’espère.

 

Mais vous avez toujours un pied à Paris ?

Je reviens souvent sur Paris, tant pour l’architecture que pour la peinture. On a eu la chance d’avoir la Société française d’architectes qui est venue nous rendre visite au Portugal pour voir notre travail, visiter nos œuvres et ils les publient en ce mois de mars. C’est super et le Portugal a été un excellent parcours pour moi et ma femme Margarida qui est portugaise et architecte formée à Nantes également. On ne s’est pas trop mal débrouillé (rires).

 

La peinture est arrivée à quel moment dans votre vie ?

La peinture a toujours été dans ma vie. Mon père est peintre de formation, tous les amis de mon père étaient peintres. J’ai toujours vécu dans le milieu de la peinture et j’ai toujours peint. Je suis rentré dans une école de dessin quand j’avais 6 ans à Compiègne, et je n’ai jamais arrêté de peindre et de dessiner. Ça m’a toujours accompagné, mais je n’en ai jamais fait une profession. J’ai construit un atelier mais seulement pour m’y consacrer à 100%… quand j’ai du temps libre (rires).

 

Quel est votre style ?

Je ne parlerai pas de style, je parlerai de recherche informelle. Je suis intéressé par la peinture informelle. Ma recherche aujourd’hui, c’est sur l’éphémère. J’essaye de peindre selon des flashs éphémères, des choses très simples, une peinture monochrome. On doit prendre le temps de s’asseoir pour découvrir les choses. Une peinture difficile d’accès et c’est ce qui me plaît. Ce n’est pas une peinture commerciale (rires). Mais il y a des gens qui s’intéressent à ce genre de peintures, comme moi. Une peinture énigmatique, qui questionne, qui remet en question, c’est ce qui m’intéresse.

 

Vous exposez en France seulement ?

J’expose également à Lisboa. J’ai fait plusieurs expositions avec pleins de thèmes différents, sur le Japon, sur les jardins, sur les territoires d’enfance, un travail de mémoire sur l’enfance, c’est-à-dire essayer de trouver des atmosphères et des ambiances d’enfants. Ce qui est exposé à la Galerie Keller, c’est ‘Mondes imprévisibles’, où je peux dériver vers un monde stable et agréable, ou pour un monde de chaos total.

 

Vous avez toujours exposé ?

Avant je n’exposais pas. Ma première exposition dans une galerie d’art, c’était en 2002, à Lisboa, dans la Galerie São Mamede, la galerie qui a introduit l’art contemporain au Portugal. J’ai eu la chance qu’un peintre voit mes peintures et qu’il me dise qu’il fallait les exposer. Il a proposé mon travail et la galerie a aimé, donc j’ai exposé chez eux. C’est génial pour moi, mais d’un autre côté ça m’oblige à beaucoup travailler (rires). Ce n’était pas un objectif d’être exposé.

 

Vous êtes toujours un Français au Portugal ?

On est toujours la personne de l’endroit où l’on né. Toujours. Mais ce n’est pas parce qu’on né quelque part, qu’on aime l’endroit où on né. J’aime la France, ne nous y trompons pas, mais le Portugal m’a apporté autre chose. Moi, je n’ai jamais été une personne enracinée. Je suis né en Vendée, j’ai vécu à Compiègne, j’ai vécu à Paris, à Poitiers, à Nantes, et maintenant je suis à Braga, au Portugal. Et demain je ne sais pas. Je n’ai pas de racines. Le Portugal m’a plu, continue à me plaire et je m’y sens bien. J’ai plein d’amis. Je pense qu’on est bien là où on a des amitiés. C’est ce qui est important, car tout est éphémère et il ne faut pas s’attacher à un territoire. Il ne faut pas en être dépendant. On est tous des nomades maintenant, surtout avec internet.

 

Galerie Keller

13 rue Keller

75011 Paris

Infos: 01.43.57.72.49

 

 

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