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C’est le 28 septembre au Théâtre Comédie Nation, un théâtre de quartier chaleureux comme on les aime, que Fado Clandestino (voix de Lizzie, guitare portugaise de Filipe de Sousa, viola de Nuno Estevens, revenu de Lisboa pour l’occasion) a présenté son premier CD, au titre éponyme.

Le CD d’abord: six titres en commençant par le fado titre, qui parle d’exil sur de jolies paroles de Lizzie herself et une musique traditionnelle (le Fado Margarida), avant la version «fadisée» de l’Albatros, un des plus beaux poèmes de Charles Baudelaire, sur la musique du Fado Alexandrino.

Toujours évoquant le voyage et l’exil, suit un instrumental écrit par Filipe de Sousa, subtile variation sur une introduction classique du fado traditionnel. Après vient Maldição, créé par Amália Rodrigues sur une musique (le Fado Cravo) du maître Alfredo Marceneiro, commençant sur un tempo à peine marqué, poursuivant sur un rythme entre milonga et boléro, et finissant en fado castiço. Belle réussite. Avant l’instrumental (Além Fado), jolie mélodie de Nuno Estevens, le CD propose un autre fado fort connu, le Fado da Sina, créé par Hermínia Silva, commencé sur un rythme tanguero, avec des notes de guitare portugaise évoquant le blues ou l’Inde (voyages toujours), avec une partie parlée. Du beau travail.

Lors du concert, ces titres sont bien sur repris, et Lizzie, qui ne manque pas d’humour a proposé, au ravissement du public, une présentation désopilante du Fado da Sina, insistant sur le fatalisme exacerbé des paroles dues à la plume d’Amadeu do Vale: «Déjà le titre: fado, du latin fatum, qui veut dire destin, et sina, qui veut dire destin, et dans les paroles, il y a destino, c’est-à-dire destin. Tu vas souffrir jusqu’à ta mort, dit la voyante à sa cliente, et tu ne peux pas y échapper, c’est fatal». Entre la version très désinvolte, voire moqueuse, d’Hermínia Silva, et celle, dramatique, d’Amália, Lizzie choisit son camp, celui d’Hermínia.

Mais le concert propose aussi d’autres jolies choses: un Guitarra, Guitarra (Jorge Fernando) dès le début du concert, un Fado Menor (où Filipe de Sousa trouve le moyen de placer quelques accords de ballade de Coimbra) de belle tenue, en plus de l’Albatros, deux autres textes en français, Les Yeux d’Elsa (Aragon) et le Je vous salue Marie de Georges Brassens, entre autres pépites.

C’est inventif, c’est collectif, c’est à la fois empli de saudade et de sourires. C’est servi par la voix fluide de Lizzie, fidèle dans son phrasé aux canons du Fado Castiço, même quand les guitares s’en éloignent parfois (et volontairement), ce qui crée un joli contraste. C’est le fruit d’un travail collectif où le rôle de chacun est valorisé. C’est donc une belle réussite. C’est Fado Clandestino!

 

 

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