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Un concert de Cristina Branco à Paris est toujours un événement, surtout après presque deux ans d’absence. On connaît le parcours artistique un peu particulier de Cristina: révélée après un concert très réussi aux Pays-Bas, son second pays de cœur, elle s’est imposée sur les scènes internationales, sans passer par la case des maisons de fado lisboètes, à l’instar d’une Mísia ou d’une Katia Guerreiro, qui ne les fréquenta qu’en amateur, et contrairement aux autres grands voyageurs du fado, les Mariza, Camané, Ana Moura, António Zambujo, Gisela João, Ricardo Ribeiro ou Carminho.

Ses atouts: une voix cristalline assez rare dans le fado (assez proche de celle de Teresa Salgueiro, qui fut vingt ans durant la figure de proue du groupe Madredeus, ou plus loin dans l’histoire, la fadiste «pré-amalienne» Ercília Costa), un répertoire choisi avec soin dans une large palette poétique d’où émergent, entre beaucoup d’autres les figures des portugais David Mourão Ferreira (l’un des auteurs préférés d’Amália Rodrigues) et Zeca Afonso, du hollandais Jacob Slauerhoff, du brésilien Chico Buarque, du français Léo Ferré, et une grande musicalité, ce qui la conduit au cours de sa carrière à incorporer de plus en plus le piano aux côtés des traditionnelles guitares, et parfois aussi d’autres instruments. Elle a cherché, et trouvé, des accointances entre le fado, le tango (deux musiques en fait cousines) les rythmes brésiliens et cubains, le jazz parfois, ceci sans dévier de son style vocal bien identifiable. Cette curiosité musicale s’est amplement traduite dans ses enregistrements, puisqu’avec sa quinzaine d’albums en une vingtaine d’années, elle est probablement la plus prolixe des fadistes de notre temps.

Comme la plupart de ses consœurs et confrères du fado internationalisé, elle a su au long de sa carrière s’entourer de musiciens hors pairs, dont l’un des plus influents lors de ses premières années de carrière fut sans doute Custódio Castelo, l’un des plus brillants spécialistes de la guitare portugaise. Pendant ses premières années internationales, elle fut tout spécialement appréciée en France, où elle reçut deux années consécutive une distinction décernée par Le Monde de la Musique, pays où s’est produite depuis avec une grande régularité.

Dans la galaxie des grandes chanteuses de fado contemporaines présentes sur la scène internationale, aux côtés de la plénitude de la voix de Mariza, de l’ampleur de celle de Katia Guerreiro, du velours sensuel de celle d’Ana Moura, de l’impétuosité (grave mais sachant sourire) de Carminho ou (facétieuse mais sachant émouvoir) de Gisela João, de la présence de celle de Mísia, le cristal de la voix de Cristina est, soyons poètes, même à deux sous, l’une des étoiles de cette galaxie, voix que nous retrouverons avec plaisir le 28 octobre dans le cadre chaleureux du Théâtre des Bouffes du Nord, haut lieu de la culture à Paris.

 

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