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Les Portugais l’appellent de Fernão de Magalhães, en France il est plutôt connu sous le nom de Fernand de Magellan.

On a célébré le 10 août les 500 ans du début de son tour du Monde en bateau, le premier de l’ère humaine. A ce premier tour on a donné le nom de circumnavigation.

À l’époque il n’y avait pas de radio, pas de télévision, pas d’internet et pas de portable, ça aurait été un des événements les plus partagés, un moment historique, probablement l’exploration humaine la plus extraordinaire avant l’arrivée des hommes sur la lune.

On a fêté le 20 juillet dernier les 50 ans de l’arrivée des premiers hommes sur la lune, les héros pour l’éternité resteront, Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Des événements, si extraordinaires, qui finissent par détruire ceux qui ont été ses héros: Fernão de Magalhães ne verra pas la fin de son tour du Monde, d’Armstrong sa première épouse dira de lui que «la lune lui est tombée sur la tête».

Cinq cents ans nous séparent du début de la première circumnavigation, un siècle de plus nous sépare des premières Découvertes portugaises: la découverte de l’île du Porto Santo en 1418 ou 1419 et Madeira en 1419 ou 1420 par les navigateurs João Gonçalves Zarco e Tristão Vaz Teixeira.

Dans nos années d’école, ces derniers noms nous étaient évoqués juste après celui du fondateur de la controverse Escola de Sagres, D. Henrique, le Navigateur.

Un demi-millénaire nous sépare de l’épopée de Fernão de Magalhães, le Portugais le plus connu de toute notre histoire, mais probablement aussi le plus controversé.

La flotte dirigée par Magellan lève l’ancre de Séville le 10 août 1519, mais doit attendre le 20 septembre pour hisser les voiles et quitter Sanlucar de Barrameda, avec 237 hommes répartis sur cinq navires: la Trinidad, nef amirale commandée par Magellan, la S. António, la Concepción, la Santiago, la Victória. Les équipages sont formés d’hommes provenant de plusieurs nations. Les prémices de la coopération européenne? Outre les Espagnols, il y avait parmi eux, des Portugais, des Italiens, des Grecs et même des Français.

Des cinq bateaux, un seul reviendra le 6 septembre 1522 au port de départ, Sanlucar de Barrameda, 3 ans après le début de l’aventure. La bien nommée Victória reviendra avec à son bord 18 hommes, la plupart malades après un parcours de 14.460 lieues navigués de l’Est vers l’Ouest.

Fernão de Magalhães serait né au Nord du Portugal vers 1480 et est décédé les 27 avril 1521 dans l’Île de Mactan dans l’archipel de Philippines. Fernão de Magalhães appartenait à l’une des branches de la vieille lignée des Magalhães, famille noble du Nord du Portugal dont l’origine remonte à la fin du XIIIème siècle. À l’été 1513, Magellan est envoyé au Maroc au sein d’une puissante armée qui doit s’emparer d’Azemmour.

Magellan est alors un soldat qui ne jouit pas des meilleurs liens avec son souverain, le roi D. Manuel. Celui-ci n’accepte d’augmenter la pension de Magellan que de seulement 1/2 cruzado par mois.

Mais Magellan a comme projet secret d’atteindre les îles des épices par l’ouest, il se garde bien d’en parler à son souverain.

En octobre 1917, à Séville, Magellan se place sous la protection d’un Portugais passé au service de l’Espagne, Diogo Barbosa, celui-ci occupant l’importante fonction d’Alcaide de l’arsenal de Séville. En décembre 1517, il épousa Beatriz Barbosa, fille de Diogo Barbosa, et dont il a deux enfants, Rodrigo mort en bas âge et Carlos, mort à la naissance.

Magellan était convaincu que les Mollusques (île aux épices) se trouvaient dans la moitié du globe qui revenait à la couronne d’Espagne à la suite du Traité de Tordesillas qui partageait le Monde entre Castillans et Portugais depuis 1494.

Comme on peut l’imaginer une aventure si singulière ne va pas être de tout repos pour Fernão de Magalhães. Il aura à affronter des désertions, des complots au sein des siens, les mers lui seront souvent hostiles et devra à plusieurs reprises lutter contre des peuples qu’il rencontrera sur sa route.

Date importante: le 31 mars 1520. La flotte trouve refuge dans un estuaire abrité qu’ils nomment port de San Julián. C’est ici qu’éclate «la mutinerie de Pâques», Magellan va s’en sortir mais avec de lourdes conséquences. Des équipages se soulèvent le 1er avril sous la conduite de Juan de Cartegena, Luis de Mendoza et Gaspar de Quesada qui s’inquiètent du tour que prend le voyage, doutent de l’existence d’un passage vers l’ouest et surtout de leurs chances de survie dans ces régions froides et désertes…

Magellan et les marins qui lui sont restés fidèles parviennent habilement à se défaire des mutins.

Durant l’été austral, Magellan décide d’envoyer un de ces navires en reconnaissance pour trouver le fameux passage qui l’amènerait à l’ouest de l’Amérique, vers l’océan Pacifique. Malheureusement le Santiago s’échoue en mai.

Trois mois plus tard, Magellan décide de repartir vers le sud avec les quatre navires restants. Le 21 octobre, Magellan aperçoit un cap qui marque l’entrée du détroit et qu’il baptise cap Virgenes. Il en commence l’exploration et reconnaît un passage vers l’ouest. Dans le dédale de fjords, cerné de falaises «menaçantes», aux eaux «sinistres», qu’il met plus d’un mois à traverser. Les récits indiquent que pendant la traversée du détroit, les marins aperçoivent de nombreuses fumées à l’intérieur des terres, qui apparaissent sur les cartes postérieures au voyage, la Tierra del Fuego (Terre de feu).

Le détroit, nommé d’abord «Chenal de Tous-les-Saints», prend rapidement le nom de détroit de Magellan en l’honneur du navigateur.

La surprise du navigateur est de trouver au-delà du détroit, un océan vide qu’il baptise «Pacifique» à cause du temps calme qu’il rencontre pendant sa traversée de la Terre de Feux jusqu’aux îles Mariannes, Philippines.

Magellan et les navigateurs qui lui restent fidèles vont trouver les paysages idylliques, les épices, les oiseaux multicolores, des indigènes qui semblent pacifiques. Une première escale a lieu sur l’île de Limasawa, où est dite la première messe aux Philippiens, une seconde sur celle de Cebu où le roi Humabon se convertit au christianisme avec son peuple.

Lapu-Lapu, roi de la petite ile de Mactan, en face de Cebu, refuse de se soumettre aux envahisseurs. Magellan mène une expédition contre lui en estimant que soixante hommes en armure dotés d’arquebuses peuvent vaincre des indigènes nus trente fois plus nombreux. Lors de cette bataille de Mactan, Magellan tombe sous les coups, avec six de ses compagnons: blessé par une flèche empoisonnée, il meurt le 27 avril 1521.

Il ne reste que 113 hommes désormais placés sous le commandement de Juan Sebastián Elcano. Ce nombre était alors insuffisant pour assurer la manœuvre de trois vaisseaux. Le 2 mai 1521, la Concepción est brûlée devant l’île de Bohol. La Victória et la Trinidad prennent le large début mai, font escale à Palawan pour s’approvisionner en riz, puis gagnent à la mi-juillet la ville de Brunei, dans le Nord de l’île de Bornéo. Enfin, le 29 juillet, ils lèvent l’ancre et se dirigent vers les îles aux épices qu’ils atteignent un peu plus de quatre mois plus tard. La Trinidad fini par être arraisonnée. La Victória, avec 60 hommes (dont 13 Moluquois), sous le commandement d’Elcano, quitte l’île de Tidore le 21 décembre 1521 et réussit à traverser l’océan Indien et à passer le cap de Bonne-Espérance pour rejoindre l’Espagne. Seuls dix-huit membres d’équipage atteignent Sanlucar de Barrameda le 6 septembre 1522. Douze hommes restés prisonniers des Portugais au Cap-Vert, ne reviennent que quelques semaines plus tard.

La Victória est le premier bateau qui effectue la circumnavigation complète du globe.

Après un peu plus d’un quart de siècle, le projet de Christophe Colomb était enfin réalisé, comme le souligne Pierre Chaunu «jamais le monde n’a été aussi grand qu’au lendemain du périple de Magellan».

Six siècles sont passés depuis les premières Découvertes portugaises et de la colonisation du monde par ce peuple qui s’est toujours senti à l’étroit à la pointe la plus occidentale de l’Europe avec une immense porte ouverte vers les Océans.

Des noms resteront pour toujours dans l’histoire du Portugal et du monde: Zarco, Bartolomeu Dias, Vasco da Gama, Pedro Álvares Cabral, Cristovão Colombo, Fernão de Magalhães et bien d’autres.

De nos jours, 2,5 millions de Portugais peuplent le monde, alors qu’ils ne sont que 4 fois plus à l’intérieur du Portugal. Ce sont des António, José, Joaquim, Manuel, Maria… qui reviennent de temps en temps au pays pour «matar saudade», alors qu’on peut estimer être à un nouveau tournant historique: on accueille des immigrés et l’on subventionne les émigrés partis jusqu’en décembre 2015 avec une prime de 6.500 euros pour qu’ils rentrent à leur pays de naissance.

Autres temps, autres aventures… le monde qui accélère: la prochaine étape annoncée par le héros de notre temps, Francky Zavatta: la voiture drone.

Drôle de Monde?!

 

 

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