Le Fado Blues d’Alma Lazuli a résonné en Haute-Garonne


Le son singulier d’Alma Lazuli a flotté les collines de la Haute-Garonne. Du 14 au 16 mai, le duo formé par le chanteur‑guitariste Dan Inger dos Santos et l’harmoniciste Bruno Rouillé, était l’un des invités marquants du festival «De l’Hers sur les Anches », à Calmont (31), près de Toulouse. Pour sa 4ᵉ édition, ce rendez‑vous unique en France – le seul entièrement consacré à l’harmonica – a réuni des musiciens venus de plusieurs pays européens et a offert au public une programmation aussi pointue que chaleureuse. Dans ce contexte, la présence d’Alma Lazuli a apporté une couleur inattendue, un pont entre les traditions lusophones et l’univers du blues.

Le duo a présenté son projet «Fado Blues», né pendant le premier confinement lié à la pandémie de Covid‑19. À l’origine, il s’agissait d’un hommage au centenaire d’Amália Rodrigues, conçu comme une exploration intime de la saudade à travers une instrumentation dépouillée. Mais le répertoire s’est enrichi au fil des années, intégrant d’autres titres de la musique lusophone et ouvrant des chemins vers le jazz, le blues et la bossa nova. Sur scène, cette hybridation prend la forme d’un voyage musical où les frontières s’effacent, porté par la voix chaude et la guitare de Dan Inger dos Santos, et par le jeu expressif de Bruno Rouillé, capable de faire murmurer ou rugir son harmonica.

À Calmont, le public du festival – curieux, attentif, souvent connaisseur – a accueilli cette proposition avec enthousiasme. Le «Fado Blues» d’Alma Lazuli ne cherche jamais l’imitation ou la reconstitution. Il s’agit plutôt d’une réinterprétation sensible, d’un dialogue entre deux traditions qui partagent un même goût pour l’émotion brute. L’harmonica, rarement associé au fado, y trouve une place étonnamment naturelle, tantôt mélancolique, tantôt éclatante, tandis que la guitare et la voix tissent un fil narratif qui relie Lisboa aux rives du Mississippi.

En marge des concerts, le duo a également animé une Masterclass autour de l’harmonica, un moment d’échange privilégié avec les festivaliers. Là encore, la démarche d’Alma Lazuli a séduit par sa générosité et sa volonté de transmettre. Entre démonstrations techniques, discussions sur les influences musicales et improvisations partagées, les participants ont pu découvrir les multiples possibilités de cet instrument souvent méconnu.

La participation d’Alma Lazuli à «De l’Hers sur les Anches» confirme la place singulière que le duo occupe aujourd’hui dans le paysage musical franco‑lusophone. En mêlant fado, blues et jazz sans jamais trahir l’esprit de ces traditions, Dan Inger dos Santos et Bruno Rouillé proposent une lecture personnelle, libre et profondément habitée. Leur passage en Haute‑Garonne a laissé une empreinte sensible, comme une invitation à écouter autrement les résonances entre les cultures.

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