Uma senha ser-lhe-á enviada por correio electrónico.

Luiz da Silva: combattant portugais lors de la Bataille de La Lys, résistant français lors de la II Guerre mondiale

Jean-Claude Poncet Dominique Bascour Arquivo Histórico Militar AD62 AD62 Journal officiel de la République française Memoire des hommes Memoire des hommes Raymonde da Silva - LusoJornal | Carlos Pereira
Donativos LusoJornal

 

Dans la mémoire portugaise de la commune de Mont-Bernanchon (Pas-de-Calais), il est une histoire familiale qui concerne deux générations Da Silva: le père, soldat du Corps Expéditionnaire Portugais (CEP) en France, en 1917-1918 et les filles, l’une résistante, l’autre Maire de la commune.

 

Qui est Louis da Silva, dont un espace porte le nom à Mont-Bernanchon?

Il est né le 25 février 1893 à Lamego (Portugal). Son bulletin militaire, visible aux AHM (1), le nomme Luiz Pereira da Silva. Il participe à la Bataille de La Lys du 9 avril 1918, quitte l’armée en avril 1919. Son dernier domicile est Busnes (près de Lillers, Pas-de-Calais) où il rencontre sa future épouse française.

Gabrielle Croix est née en décembre 1892 à Mont-Bernanchon (2). Son père Désiré est Maréchal-ferrant. Sa mère se prénomme Zénobie. Gabrielle épouse, en janvier 1922, un menuisier-charpentier du nom de Louis Pereira da Silva Fachina (à noter le désordre des noms dans le document français joint), selon l’Etat civil français.

Luiz, dit Louis, est naturalisé français en novembre 1929 (3), voir le document joint, toujours au nom de Louis Pereira da Silva Fachina.

Pour cette raison, son nom figure sur le site français Mémoire des hommes, dans un dossier Forces Françaises de l’Intérieur (FFI), 2ème Région Militaire, Pas-de-Calais, en zone occupée. Il fait partie de l’Organisation Civile et Militaire (OCM), réseau et mouvement de la Résistance intérieure française, secteur de Béthune. Son dossier figure au Service historique de la Défense.

Aujourd’hui, une plaque porte son nom dans la commune pour rappeler qu’il a été Résistant, arrêté en 1943, puis déporté au Camp de concentration allemand de Buchenwald, d’où il est libéré.

 

Quel parcours pour ses filles: Fernande et Raymonde da Silva?

Une base de données du site Mémoire des hommes recense des dossiers établis par différentes administrations chargées, pendant ou à la fin de la II Guerre mondiale, de reconnaître les services rendus pour faits de Résistance. Les dossiers individuels sont consultables au Service historique de la Défense. Y figure Da Silva Fernande de Mont-Bernanchon.

Elle fait partie des Forces françaises combattantes (FFC), nom du réseau: «Sylvestre Buckmaster» (5).

Fernande est née Da Silva Fachina à Mont-Bernanchon en 1922 (2), décédée en 1994 à Orléans.

Raymonde da Silva Fachina est née en 1925 (2), décédée en 2016 à Bruay-la-Buissière. Elle est Maire de Mont-Bernanchon de 1971 à 1983, Chevalier dans l’Ordre national du mérite (selon le faire-part de décès). Dans le documentaire de Carlos Pereira (4), elle raconte comment elle est allée à la recherche de la terre d’origine de son père, près de Lamego. Elle y a cherché un sac de terre, l’a ramené en France et l’a déversé sur sa tombe.

 

La borne portugaise de Mont-Bernanchon et Madame Zénobie la «pontière»

La borne fait partie des 7 bornes du Pas-de-Calais (6) financées par le Portugal. Le Touring club de France a assuré l’appel à subventions et souscripteurs. Ces bornes délimitent le front après la Bataille de La Lys, où se trouvaient les troupes portugaises.

Sur un cliché (ci joint) pris il y a 16 ans par Jean-Claude Poncet (7), que je remercie pour son retour, on devine le nom de la commune, tout au moins Bernanchon. La phrase “Ici fut repoussé l’envahisseur 1918” n’est plus lisible. Une plaque en marbre a été posée par le Souvenir français (cocarde SF) et reprend ces termes sauf l’année 1918. On lit à la base de la borne «Touring club de France – Don du Portugal».

Elle se trouve à l’angle du chemin de Halage et de la rue du Pont-Supply, devant la maison de Raymonde da Silva. A ce jour, une photo (jointe) de Dominique Bascour montre la dégradation de la borne portugaise et des inscriptions.

 

Aparté: Jean-Claude Poncet raconte aujourd’hui: «J’ai un souvenir bien vivace de Raymonde et de son mari «Jo», photographiés dans le jardin devant la maison, près de la borne (7). Comme à l’habitude, j’avais dû prendre un café chez eux. Raymonde était membre du Souvenir français. Je suis allé deux fois au Cimetière portugais de Richebourg, dont une fois reçu par le responsable du cimetière qui nous a ouvert la porte du petit musée. J’étais avec un groupe d’amis et amies et nous avions déposé des fleurs».

 

Madame Zénobie est en fait Zénobie Croix née Leroux, la belle-maman de Luiz. Elle est «pontière» pour les Ponts et Chaussées. C’est une histoire de famille également, puisque la transmission de cette fonction vient du côté de son époux Croix. Une photo ancienne (7) laisse apparaître qu’elle est sur le pont-levis. En 1926, d’après le recensement de population de la commune (2), elle est toujours pontière et habite avec sa fille et son gendre Da Silva (à noter l’erreur de prénom dans le document joint, Pereira au lieu de Louis) et ses deux petites-filles.

Luiz da Silva prend la relève et est pontier, jusqu’à la destruction du pont lors de la II Guerre mondiale.

La borne pulvérisée également pendant la Guerre, le gendre de Luiz et époux de Raymonde da Silva la fait reconstituer par un tailleur de pierre et l’installe au bout du terrain, devant la maison. Elle est inaugurée une deuxième fois en présence du Consul du Portugal.

 

Sources:

(1) Archives historiques militaires portugaises.

(2) Archives départementales du Pas-de-Calais, Recensements et Etat civil.

(3) Bibliothèque nationale de France, Journal officiel de la République française.

(4) Les Héritiers de la Bataille de la Lys, ICI.

(5) Mémoire des hommes, Ministère des armées françaises.

(6) Les 7 bornes commémoratives portugaises du front, ICI.

(7) Les découvertes du chamois, photos Jean-Claude Poncet, ICI.

 

 

Comunidade
X