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Lulendo au Studio de l’Ermitage avec son quissange et son nouvel album «Mwinda»

LusoJornal / Dominique Stoenesco LusoJornal / Dominique Stoenesco

Malgré un froid sec qui sévissait dans les rues pentues de Ménilmontant, un public nombreux était venu assister, mercredi dernier, au concert de Lulendo, au Studio de l’Ermitage, à Paris, pour la présentation de son dernier album, «Mwinda» (lumière).

Accompagné de ses trois musiciens – Indy Dibongue (guitare), Boss Matuta (basse électrique) et Davy Honnet (batterie) – et de son inséparable «ange gardien», le quissange, cet instrument à lamelles métalliques qu’il a appris à fabriquer avec un luthier en Angola, et qui était son seul bagage lorsqu’il a débarqué à Paris pour la première fois, en 1982, Lulendo nous a entraînés pendant près de deux heures dans son univers musical, entre la simplicité épurée des musiques traditionnelles africaines et l’énergie bouillonnante et survoltée des nouvelles sonorités de Luanda, la capitale de l’Angola, son pays natal.

En ouverture du concert, sur un rythme très soutenu, Lulendo évoque une figure glorieuse de l’histoire de son pays, la prophétesse Kimpa Vita, surnommée «la Jeanne d’Arc» de l’ancien royaume du Kongo, qui au XVIIIe siècle fut condamnée au bûcher par les autorités catholiques pour s’être rebellée contre leur hégémonie culturelle et religieuse. Puis, en symbiose avec le public, et en l’invitant à choisir les musiques de son dernier album, Lulendo, toujours guidé par son quissange fétiche et accompagné par les guitares et la batterie, enchaîne avec «Alabany», une chanson d’amour. À travers ce prénom imaginaire, c’est le souvenir de la beauté inouïe d’une jeune femme qui réveille la mémoire du chanteur amoureux.

Prenant soin à chaque fois de faire un bref commentaire, dans un souci presque pédagogique, Lulendo poursuit son récital avec le titre «África meu amor», qui est «une façon pour moi – dit-il – d’affirmer que je suis Africain mais que je suis aussi ouvert au monde». Dans un registre plus social et avec toute l’énergie d’un rythme funky, il nous propose deux autres chansons, «Mamona Mbua» et «No engarrafamento», à travers lesquelles il veut rendre hommage à toutes ces femmes qui se battent durement, qui arpentent quotidiennement les rues et les carrefours embouteillés de la Baixa de Luanda, pour vendre leurs maigres marchandises qu’elles portent sur la tête et pouvoir ainsi nourrir et élever leurs enfants. Ces femmes qui, explique Lulendo, «ont aussi rêvé d’un pays indépendant et libre».

Sur un mode plus humoristique, la chanson «Azul e Branco» évoque les trajets dans les kandongueiros, ces minibus de transport collectif peints de blanc et de bleu dont les chauffeurs aiment jouer les fous du volant. Des instantanés d’une capitale, Luanda, où Lulendo est retourné ces dernières années.

Enfin, s’appuyant sur la force symbolique du titre de son album, Lulendo clôt la soirée avec la chanson «Mwinda», car, lance-t-il au public, «nous avons besoin de cette lumière pour changer de mentalité».

Ainsi, célébrant la rencontre de l’Afrique profonde et de la jungle urbaine, entre tradition et modernité, Lulendo confirme et s’impose de plus en plus comme auteur, compositeur et interprète sur la scène musicale parisienne.

 

 

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