
À seulement 19 ans, Arthur Texier jeune passionné de Lego transforme de simples briques en véritables œuvres miniatures. Des univers de Star Wars aux paysages médiévaux, en passant par les monuments et les villes, il laisse libre cours à son imagination. Sa dernière réalisation – une représentation de Lisboa – rend hommage à la capitale portugaise, à ses tramways emblématiques et à ses façades colorées.
Rencontre avec un jeune créateur de Nantes qui partage sa passion sur les réseaux sociaux et qui voit dans chaque brique une possibilité de créer quelque chose de nouveau.
Arthur Texier poursuit actuellement des études supérieures en première année de BTS Développement et animation de projets territoriaux, une formation éloignée, en apparence, de sa passion pour les Lego, mais qui ne l’empêche pas de consacrer une grande partie de son temps de loisir à ses créations.
Son histoire avec les célèbres briques danoises remonte à l’enfance. «J’ai commencé dès que j’ai eu les Lego Duplo. Avec les grosses pièces, vers 6 ou 7 ans, ensuite, j’ai eu ma première boite Lego City et très vite j’ai tout démonté pour réaliser mes propres créations».
Depuis, la passion n’a cessé de grandir. Cela fait environ douze ans qu’il construit, expérimente et perfectionne ses techniques. Aujourd’hui, il réalise en moyenne une grande création tous les deux mois, en explorant des univers très différents: Star Wars, Le Seigneur des anneaux, le Moyen Âge ou encore les paysages urbains.
Contrairement à certains créateurs qui se spécialisent dans un univers particulier, il préfère varier les thèmes et multiplier les expériences. «Je ne me suis pas spécialisé dans une gamme précise. J’essaie de toucher à peu près à tous les univers».
Au fil des années, sa manière de construire a évolué. Les réseaux sociaux lui ont notamment permis d’échanger avec d’autres passionnés, de découvrir de nouvelles techniques et de bénéficier de conseils. La recherche des pièces constitue également un aspect essentiel de son activité. Il faut savoir les trouver, les acheter à des prix raisonnables et organiser son stock pour pouvoir les réutiliser dans de futurs projets.
Pour Arthur Texier, l’intérêt des Lego réside précisément dans cette liberté de création: détourner les pièces de leur fonction initiale pour leur donner une nouvelle vie. «La magie des Lego, c’est qu’on réutilise des pièces qui étaient prévues à la base pour quelque chose et qu’on les utilise pour toute une autre».
Il donne l’exemple de certaines pièces provenant d’anciens ensembles, qu’il peut réutiliser pour réaliser les vitres d’un bâtiment ou apporter des détails à une construction. Même une petite pièce représentant une saucisse peut devenir un élément décoratif inattendu, dans un mur par exemple.
Cette capacité à détourner les objets et à imaginer de nouveaux usages est au cœur de la démarche artistique de Arthur Texier.

Lisboa, une ville qui inspire une œuvre en Lego
Parmi ses réalisations, Lisboa occupe une place particulière. Cette création trouve son origine dans un voyage scolaire effectué il y a deux ans dans le cadre d’un programme Erasmus.
Durant une semaine passée dans la capitale portugaise, le jeune Français a découvert une ville qui l’a particulièrement marqué. Il a alors eu envie de reproduire certains de ses éléments les plus caractéristiques. «J’ai adoré Lisboa et j’ai eu l’idée de reproduire ce que j’avais préféré».
Passionné de trains, il souhaitait depuis longtemps construire un tramway, tout en retrouvant l’atmosphère colorée de la ville. Il a finalement décidé de réunir ces deux éléments dans une même maquette.
La réalisation met ainsi en scène un tramway motorisé qui monte et descend le long d’une pente, devant plusieurs bâtiments inspirés de l’architecture lisboète.
Le mouvement du tramway constitue l’un des éléments centraux du projet. Pour le rendre possible, le créateur a intégré un moteur Lego et utilisé une application de programmation simple, permettant de régler les mouvements du véhicule.
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, cette partie technique ne lui a pas demandé de connaissances particulièrement poussées en électricité. «J’ai juste eu besoin de prendre le moteur et de programmer le temps de montée et de descente. En une demi-heure, c’était fait».
Au-delà du mécanisme, le travail porte sur les couleurs, les façades et les détails architecturaux. L’objectif est de restituer une partie de l’identité visuelle de Lisboa, avec ses bâtiments colorés et ses rues en pente.
Pour concevoir cette maquette, il n’a pas suivi de plan architectural détaillé, Arthur Texier, est parti d’une idée générale, en définissant la route inclinée, les bâtiments situés à l’arrière et le parcours du tramway. Il a ensuite adapté la construction au fur et à mesure, en fonction des pièces disponibles et des possibilités techniques.
Cette méthode illustre sa conception de la création: prévoir les grandes lignes tout en laissant une place importante à l’improvisation.
Au total, la réalisation de Lisboa lui a demandé environ vingt heures de travail effectif, réparties sur plusieurs séances de construction diffusées en direct sur les réseaux sociaux.
La maquette mesure approximativement 60 centimètres de largeur pour 50 centimètres de hauteur, avec une profondeur d’environ 60 centimètres. Elle rassemble quelque 8.000 pièces.
Un stock de plus de 300.000 pièces
Derrière les créations se cache un travail considérable d’organisation. Le jeune passionné estime posséder au moins 300.000 pièces Lego, accumulées au fil des années, notamment grâce à l’achat de lots d’occasion.
Toutes ne sont cependant pas utilisées avec la même fréquence. Certaines pièces reviennent régulièrement dans ses constructions, tandis que d’autres attendent le projet qui leur permettra de trouver une nouvelle utilité, le rangement constitue d’ailleurs l’une des principales difficultés de cette activité. «Quand je fais une création, je passe presque autant de temps à la démonter et à ranger les pièces qu’à construire».
Cette étape est pourtant indispensable, les pièces doivent être récupérées, triées et conservées pour les réalisations suivantes, acheter systématiquement de nouveaux ensembles serait beaucoup trop coûteux.
Le créateur estime, par exemple, qu’il aurait fallu dépenser entre 500 et 600 euros pour acheter les pièces nécessaires à la seule reproduction de Lisboa.
Le jeune créateur a pris l’habitude de photographier et de filmer ses réalisations avant de les démonter. Loin de considérer cette étape comme une perte, il y voit une manière de renouveler son stock et de préparer ses prochains projets.
Arthur Texier explique également qu’après avoir passé beaucoup de temps sur une création, il finit souvent par repérer des détails qu’il aurait aimé améliorer, le démontage lui permet de repartir sur de nouvelles idées, cette approche s’inscrit dans une logique de réutilisation permanente: les mêmes briques peuvent servir à construire des univers radicalement différents.

De la construction aux réseaux sociaux
Si les Lego occupent une place importante dans son quotidien, le jeune créateur a également choisi de partager son travail avec le public, il possède un compte Instagram depuis environ trois ans, sur lequel il publie principalement des photographies de ses réalisations. Il s’est ensuite tourné vers YouTube et TikTok pour proposer davantage de vidéos.
Un événement a particulièrement contribué à cette évolution: la publication d’une création inspirée du Seigneur des anneaux, qui a cumulé environ cinq millions de vues sur les réseaux sociaux. Ce succès lui a donné envie de développer sa présence en ligne et de montrer plus largement son travail.
Pour autant, il ne cherche pas à transformer sa passion en activité soumise à des contraintes commerciales:«Je fais quand j’ai envie. Je n’ai pas d’objectif monétaire derrière».
Cette liberté lui permet de publier selon ses envies, de présenter les différentes étapes de ses constructions et d’échanger avec d’autres passionnés lui offre également la possibilité de recevoir des conseils pendant qu’il travaille. La réalisation de Lisboa, notamment, a été en partie construite lors de séances en direct, durant lesquelles il pouvait solliciter les avis des personnes qui le suivaient.
Il s’apprête par ailleurs à participer à sa première exposition consacrée aux Lego. Une nouvelle étape qui lui permettra de présenter ses créations au public, mais qui pose aussi la question du transport.
Pour l’occasion, il a prévu de déplacer plusieurs réalisations, dont certaines de grande taille. Il a conçu ses constructions de manière à faciliter leur démontage et leur transport, même si cette opération reste délicate, les maquettes seront protégées dans des cartons avec du papier bulle.
Patience, ambition et expérience
Quelles sont les qualités nécessaires pour se lancer dans la construction de créations originales en Lego? Pour le jeune passionné, il faut avant tout de la patience, de l’ambition et de l’expérience. Il ne suffit pas de posséder un grand nombre de pièces pour une construction complexe, il faut apprendre, rechercher des solutions, comprendre les techniques et accepter de progresser au fil des essais.
«La qualité principale, c’est l’ambition et la patience, parce que, quand on n’a pas toutes les choses à savoir pour faire une création en tête, il faut savoir où chercher, comment faire».
Il compare volontiers cette activité à l’apprentissage d’un instrument de musique. Dans les deux cas, la pratique permet d’acquérir progressivement des compétences et d’affiner son savoir-faire.
Pour autant, Arthur Texier considère que les Lego restent accessibles à tous ceux qui souhaitent s’y intéresser sérieusement, la difficulté réside surtout dans la volonté de dépasser les constructions habituelles pour imaginer ses propres projets.
L’activité demande également une certaine capacité à anticiper les contraintes techniques, à estimer les proportions et à trouver des solutions avec les pièces disponibles, c’est cette combinaison entre réflexion, imagination et pratique qui rend la construction particulièrement stimulante à ses yeux.

Une passion qui se développe
Longtemps considérée par certains comme un simple jeu d’enfant, la construction de créations originales en Lego bénéficie aujourd’hui d’une visibilité croissante.
Le développement des gammes destinées aux adultes et l’essor des réseaux sociaux ont contribué à rendre cette passion plus visible. De nombreux créateurs peuvent désormais présenter leurs réalisations, partager leurs techniques et échanger avec une communauté internationale.
Le jeune Arthur Texier constate lui aussi cette évolution. «Il y a de plus en plus de gens sur les réseaux sociaux qui font des créations Lego. Ça reste quand même assez niche comme passion, mais c’est quelque chose qui se développe». Il apprécie particulièrement l’esprit de cette communauté, où les échanges et les conseils permettent à chacun de progresser, il s’interroge toutefois sur la place que pourrait prendre l’intelligence artificielle dans cet univers. S’il reconnaît que certaines images générées par l’IA peuvent être impressionnantes, il remarque que les constructions représentées comportent parfois des pièces qui n’existent pas réellement. Pour lui, la différence est essentielle entre une image séduisante et une réalisation concrète, qui doit tenir compte des contraintes physiques des briques, de leur assemblage et des possibilités techniques.
Arthur Texier reste ainsi attaché à la dimension manuelle et créative de son activité, dans laquelle chaque projet demande du temps, des essais et des ajustements.
Créer, partager et recommencer
Installé chez ses parents, il dispose d’un espace dans le garage familial pour conserver ses nombreuses pièces et travailler sur ses projets. S’il est le seul de sa famille à réaliser des créations de cette ampleur, la passion des Lego n’y est pas étrangère: ses parents, son frère et même ses grands-parents construisent également avec ces briques.
En dehors de cette activité, Arthur Texier pratique notamment la guitare et s’intéresse à la musique en général, toutefois les Lego restent une passion de longue date, qui continue d’évoluer avec ses envies et ses découvertes.
Avec Lisboa, il a voulu faire revivre les souvenirs d’un voyage, reproduire l’atmosphère d’une ville et donner du mouvement à une maquette grâce à un tramway motorisé.
Cette réalisation résume bien sa démarche: partir d’une inspiration, chercher les pièces adéquates, imaginer une structure, expérimenter et laisser progressivement apparaître une œuvre personnelle, et si la création finit par être démontée, l’essentiel demeure: les photographies, les vidéos, l’expérience acquise et la possibilité de recommencer autrement, car pour ce jeune passionné, les Lego ne sont pas seulement des briques à assembler, ils constituent un moyen d’expression, un terrain d’expérimentation et une invitation permanente à inventer.
À travers ses créations et ses publications sur Instagram, YouTube et TikTok, Arthur Texier montre qu’avec de l’imagination, de la patience et un peu d’audace, des milliers de petites briques peuvent donner naissance à des univers entiers. Lisboa n’est ainsi qu’une étape dans un parcours créatif qui ne demande qu’à se poursuivre.
.
Découvrir ICI.






