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Juillet 2020 est une date qui marque le centenaire de la naissance de la Grand Diva du fado: Amália Rodrigues.

Et qui de mieux peut écrire sur elle, sinon un de nos confrères, le Jornal do Fundão, car la famille d’Amália était originaire de la région, le journal ayant, par ailleurs, suivi en détail la carrière de son ambassadrice, elle qui n’a jamais cessé de faire référence à ses origines et aux influences de son folklore dans sa manière de chanter le fado.

Le titre choisi pour le livre édité par l’hebdomadaire «beirão» en ce mois de juillet 2020 – «A raíz e a voz» – résume, à lui seul, tout le contenu de l’ouvrage.

Officiellement Amália Rodrigues est née le 23 juillet 1920, presque par hasard, à Lisboa, toutefois sa grand-mère lui disait qu’elle était née «au temps des cerises». D’autres dates sont évoquées. Amália – le doute de la date exact étant là – a choisi de fêter son anniversaire le 1er juillet.

Petite anecdote: la date officielle de naissance de la diva du fado est également celle de l’anniversaire d’autres grands de la musique, de nationalité portugaise: la pianiste Maria João Pires et le guitariste Carlos Paredes.

Nous avons eu l’honneur de rencontrer Amália. Notre rencontre avec Amália Rodrigues, malgré les années, est encore bien ancrée dans notre mémoire, cela fut le 3 juin 1983. L’interview que nous lui avons faite, a été publiée par LusoJornal le 6 octobre 2019 (1). On a parlé beaucoup de notre région commune de Fundão, et notamment de notre village natal, Alcaria, là où elle a passé quelque temps de sa jeunesse auprès de sa grand-mère maternelle «na casa da Beiroa».

Le livre «A raíz e a voz», est bien plus qu’une rencontre. Il a été publié grâce, notamment, au remarquable travail de l’écrivain Arnaldo Saraiva sur cette artiste qui aimait dire: «Je n’ai que du sang de la Beira Baixa», malgré son grand regret d’avoir eu des honneurs dans le monde entier et que Fundão n’ait jamais organisé une cérémonie pour la décorer de la médaille qui lui a été accordée, mais jamais épinglée.

Arnaldo Saraiva et le Jornal do Fundão auront recueilli, en un temps-record, un grand nombre de témoignages de personnes venues d’horizons culturels et pays différents. L’architecte portugais, mondialement connu, Álvaro Siza, a accepté de dessiner la couverture.

Des hommes et femmes qui ont été plus ou moins proches d’Amália Rodrigues, qui ont par elle été influencés ou à qui, ils et elles, vouent une grande admiration, se sont exprimés dans l’ouvrage édité par Jornal do Fundão.

Dans la 1re partie du livre, il nous est remémoré les articles et interviews que la Diva a accordée à l’hebdomadaire éditeur du livre, depuis les années 1940.

Dans la 2ème partie, on a les 29 témoignages. Citons quelques-uns des noms: Caetano Veloso, Camané, Carlos do Carmo, Manuel Alegre, Manuel Cargaleiro, Maria Bethânia, Maria João Pires, Pedro Abrunhosa, Sérgio Godinho…

Les artistes, peut-on dire, sont nombreux, les idoles… sont rares. Amália fait partie du trio de disparus, ces 50 dernières années, aimés par tout un peuple et qui auront projeté le Portugal au-delà des frontières: Eusébio, Joaquim Agostinho et Amália.

Amália n’est pas qu’un prénom, son corps a été transféré au Panthéon portugais, signe de la reconnaissance nationale, même si par ailleurs, quelques-uns regrettent qu’elle ne soit pas restée dans un simple cimetière, symbole à la fois de sa simplicité-complexe et de sa popularité, au lieu de rejoindre un lieu élitiste.

Amália aura révolutionné le Fado. Amália est profondément portugaise, son génie est universel.

Amália a vécue. Amália vivra.

 

(1) https://lusojornal.com/cantarei-ate-que-a-voz-me-doa-uma-das-frases-miticas-da-mitica-amalia-rodrigues/

 

Opinião
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