Opinion : La gauche plus que caviar… Cours magistral du professeur Cohn-Bendit

Faculté supérieure de la gauche authentique

Département de certification idéologique

Professeur émérite : Daniel Cohn-Bendit

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Mesdames et messieurs, bienvenus dans l’amphithéâtre de la Faculté supérieure de la gauche authentique.

Aujourd’hui, le professeur émérite Cohn-Bendit nous expliquera comment reconnaître un vrai candidat de gauche.

La leçon est importante : la présidentielle de 2027 approche et les diplômes universitaires certifiant que les candidats sont bien de gauche vont commencer à circuler.

Premier candidat présenté à l’examen : Raphaël Glucksmann.

Le professeur émérite Daniel Cohn-Bendit a examiné son dossier.

Verdict : admis !

Mais permettez-nous une petite question : depuis quand Daniel Cohn-Bendit est-il devenu le doyen de la Faculté de gauche ?

Mai 68 : Dany le Rouge.

Puis l’écologie.

Puis l’Europe.

Puis le Parlement européen.

Puis Emmanuel Macron.

Et maintenant Raphaël Glucksmann.

Une carrière politique aussi sinueuse mériterait presque une chaire à Sciences Po.

Mais soyons généreux : changer d’avis n’est pas un crime.

Ce qui devient amusant, c’est de voir celui qui a changé plusieurs fois de famille politique venir expliquer aux autres qui appartient encore à la gauche.

Première épreuve : définir la gauche

Le professeur pose la question :

– Qu’est-ce qu’être de gauche ?

Réponse attendue :

– Être progressiste.

Très bien.

Mais progressiste sur quoi ?

Sur les salaires ?

Sur les retraites ?

Sur les services publics ?

Sur le logement ?

Sur les travailleurs pauvres ?

Sur le climat ?

Ou bien sur les plateaux de télévision, l’Europe, la géopolitique et les grandes déclarations de principes ?

C’est ici que commence le problème.

Parce qu’il existe une gauche qui parle encore du peuple et une autre qui parle surtout au nom du peuple.

La nuance est considérable.

Deuxième épreuve : les travaux pratiques

Le professeur émérite Daniel Cohn-Bendit possède évidemment une longue expérience de la pensée progressiste.

Voire, même plus que progressiste !!!

Voyons…

Les archives sont là.

On y trouve notamment quelques pages de jeunesse sur la «libération» qui ont aujourd’hui pris un tout autre goût.

Certaines sont devenues embarrassantes.

Très embarrassantes !!!

Voyons… même très embarrassantes.

Mais le professeur nous rassure : il s’agissait de «provocation».

Et venant d’un professeur… toute explication est bonne à prendre et rassurante !!!

Admettons.

Le professeur est donc reçu avec mention «provocation».

Passons à l’épreuve suivante.

Troisième épreuve : la respectabilité

Le candidat Glucksmann présente un dossier impeccable.

Que trouve-t-on dans le dossier ?

Europe.

République.

Démocratie.

Valeurs.

Ukraine.

Écologie.

Réformisme.

Tout y est.

Le professeur sourit.

– Excellent candidat ! Très bon candidat !!!

Puis il tamponne le dossier :

«Gauche».

Très bien.

Mais depuis quand «fréquentable» est-il devenu synonyme de «gauche» ?

Depuis quand faut-il être suffisamment élégant, suffisamment européen, suffisamment raisonnable et suffisamment éloigné du peuple pour obtenir le précieux certificat ?

La gauche aurait-elle créé son propre concours d’entrée ?

Avec jury ?

Oral ?

Épreuve de morale ?

Et surtout…

Quota de peuple ?

Examen final

Le professeur émérite Cohn-Bendit remet solennellement le diplôme.

Raphaël Glucksmann : admis dans la gauche.

Applaudissements dans l’amphithéâtre.

Le professeur se rassoit, satisfait de son travail.

Mais une voix toute menue, presque inaudible, vient troubler la cérémonie.

Elle ne vient pas d’un plateau de télévision.

Ni d’un journaliste.

Ni d’un influenceur !!!

Elle ne vient pas d’un cénacle parisien.

Elle ne vient pas d’un colloque européen.

Elle vient du dehors. De quelque part. De nulle part ailleurs.

C’est celle du salarié qui n’arrive plus à payer son loyer.

Celle du retraité qui compte ses dépenses et se demande s’il pourra encore se soigner !

Celle du jeune qui ne trouve pas de logement.

Celle du travailleur qui se demande pourquoi ceux qui parlent en son nom parlent si rarement de son salaire.

Celle de l’étudiant qui se demande s’il pourra terminer sa formation.

La voix demande :

– Professeur… excusez-moi. Et nous, nous sommes dans quelle gauche ?

Silence.

Le professeur consulte ses notes.

Une page.

Deux pages.

Puis une autre.

Rien.

Le professeur émérite ne trouve rien.

Le programme ne prévoit manifestement pas cette question.

Il faut donc créer d’urgence une nouvelle matière :

«La gauche sans le peuple»

Le cours pourrait être dispensé par les meilleurs spécialistes.

Avec travaux dirigés.

Contrôle continu.

Et, naturellement, examen final.

Bienvenue à la Faculté supérieure de la gauche plus que caviar.

Les inscriptions sont ouvertes.

Mais attention : le peuple n’est pas prioritaire. LE PEUPLE Y SERA ADMIS ???

José Robalo

José Robalo

Movimento Sinergias da Diáspora

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