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L’été à l’accoutumée propice à procrastiner les inquiétudes de toutes sortes, à oublier les problèmes chroniques qui pèsent sur nos vies, tout du moins jusqu’à la rentrée, s’est révélé un piètre adjudant à la sérénité espérée, ne serait-ce qu’estivale. Rien n’a été véritablement paisible, malgré le silence de chape ambiant, peu importe où l’on a vécu ce temps de semblant de pause. D’ailleurs, changements climatiques obligent, l’été s’éternise en ce mois de septembre «bien préparé» – dixit le Gouvernement – à contenir la circulation du virus, sans succès aucun à le décourager pourtant. Un mois de rentrée dès lors à moitié écoulé où les souvenirs des rentrées pluvieuses et froides des décennies durant, dans l’est français, semblent n’avoir jamais existé. Le printemps 2020 diagnostiqué Covid-19 a marqué l’été de son terrible sceau de dangers, à son tour, avant de ne contaminer inéluctablement l’automne aussi et, enfin, l’hiver, plus menaçant que jamais, menaçant la liberté, l’égalité et la fraternité. À moins que l’antidote vaccinal n’arrive en sous-cutanée dans les plus brefs délais? Oxalá! (1)

Dans cette attente, si l’espoir est invincible, les vies humaines beaucoup moins. Ainsi, les menaces s’exacerbent autant que les inégalités se creusent, en ces temps de pandémie mondiale. Si le Coronavirus a figure de faux égalisatrice car il n’a pas regardé à qui portait des marques avant d’envahir de bleu les muqueuses respiratoires, les plus fragiles et les plus humbles risquent maintenant et dans l’après-Covid-19, les peines les plus lourdes.

Il ne s’agit pas d’un simple effet «gueule de bois» mais près de 800 mille emplois sont menacés pour venir s’ajouter au 5.815.000 inscrits à Pôle Emploi, en fin du deuxième trimestre 2020, sans oublier celles et ceux encore employés mais à temps partiels et dont la situation économique s’est encore dégradée. Quid des 750 mille jeunes, en fin de cursus et diplômés qui arrivent sur le marché de l’emploi ces jours-ci? Quid de celles et ceux qui ne pouvaient pas déjà habituellement se permettre deux repas copieux journaliers et/ou des dépenses médicales imprévues pour ne pas berner le budget du foyer? À la menace de l’effondrement de l’économie, celle d’une crise sociale sans précédent menace tous les droits acquis, susceptibles d’être remis en cause, déjà mis à mal par l’existence de divers séparatismes sociaux, fiscaux, éducatifs perdurant sur notre territoire, pour finir par écraser tous les rêves d’émancipation qui sont les nôtres. Plus que jamais il est question de défendre les services publics «seul patrimoine de celles et ceux qui n’en ont pas» car ce n’est pas le marché qui va nous sauver face à cette crise pandémique.

Si l’État français comme bien d‘autres en Europe ont préservé leur peuples de l’éminence des périls essentiels précédemment cités, grâce à la décision historique de mutualiser le paquet de la dette et – qui sait? – d’en annuler une partie, à l’avenir, le discours sur l’état de l’UE d’Ursula von der Leyen reste décevant. Celle-ci rappelle les principes humanistes qui ont baptisé la belle idée d’Europe politique mais ne présente pas d’ambition sociale, laissant chaque État membre sans les moyens budgétaires attendus afin de faire face à la pauvreté gangrenant leur démocratie.

À l’exception peut-être de la proposition assumée d’un revenu minimum commun à tous les pays du vieux continent, gage de dignité mais à préciser encore… Partout dans le monde, les gueulards de tous poils crachent leur mépris absolu de la classe politique («tous pareils») via tous les écrans, complotent à-tout-va, votent le dégagisme à coups de discours et d’actes populistes pour arriver au pouvoir eux-mêmes, au nom du pire. Est-ce désormais le quotidien et le futur de la démocratie?

À force de se perdre dans des débats en dehors du champs des enjeux majeurs, en très particulier, sociaux, car la République jusqu’au bout, c’est la République sociale, les républicain.es que nous sommes aurons à convaincre.

Le XXIème siècle sera social ou ne sera pas. En tout cas, celui-ci devra éviter l’écueil identitaire qui nous a déjà entraîné dans des péripéties stériles et sans fin, en opposant les uns aux autres sur des critères d’identité caricaturaux, loin de tisser des liens, de fabriquer du commun et de préserver l’indivisibilité de la République.

Si la démocratie peine à attirer des vocations, c’est bien parce qu’elle est la cible constante des contradictions, des lâchetés voire des trahisons de celles et ceux qui jurent la défendre. La démocratie a besoin de davantage de notre «care». D’ailleurs, une autre menace, peut-être plus fatale que la Covid-19, guette la démocratie: notre apathie grandissante traduite par les taux d’abstention records, élection après élection. La séquence des Municipales récente en France est une alerte sévère mais le désintérêt pour la chose publique, y compris parmi nombre de ses serviteurs honnêtes devient effrayant partout à travers le monde, même au sein des démocraties les plus solides. «Un jour, bientôt, personne n’ira voter», me balance joyeusement à la figure une voisine déprimée, de l’autre côté du muret mitoyen. Aberrant? Oui. Impossible? Non.

Pour celles et ceux qui se trouvent du côté gauche, de celui du cœur et de la vie pour paraphraser Manuel Alegre, il est question de finir de renaître. En France, ici, il est question de confirmer et d’achever une Renaissance. Le Larousse nous donne une définition plutôt sommaire: «action de renaître». Rien n’est écrit d’avance sur les moyens d’y parvenir… Enfin, si, un deuxième Congrès socialiste les 12 et 13 décembre prochains à Villeurbanne, animé de militants parfaitement fidèles, aux convictions imperturbables. Un Congrès pour dire que malgré la menace de périr, les socialistes sont vivants, qu’ils ont gardé leur âme intacte pour mener le combat en faveur de l’égalité réelle, pour voir une République sociale s’affirmer dont Jean Jaurès avait formulé le vœu voilà plus d’un siècle, aidé «(…) d’un parti d’esprit libre, toujours attentif aux mouvements de la réalité», dans un discours célèbre prononcé le 3 juillet 1897, sur l’Idée socialiste. Socialisme, écologie, féminisme et République, en voilà des idées majeures de refondation à défendre ensemble. Il y a ces vers du poète breton Eugène Guillevic qui défient cette rentrée Covid-19:

«Et puis la joie

De savoir la menace

Et de durer». (2)

 

Quelques soient les menaces intérieures et extérieures, sachons renaître, sachons durer!, car, un jour, malgré la menace, nous avons choisi:

«Mais j’ai choisi.

Tout ce que j’ai vécu

Me montre des combats».

 

Nous avons choisi le combat, nous avons choisi la Renaissance socialiste, aux côtés d’Olivier Faure.

Au combat!

 

Notes:

(1) Terme portugais issu de l’arabe «inxāllāẖ» littéralement, «si Dieu le veut» traduit en français par «si seulement!»

(2) Eugène Guillevic, Poème Les Rocs, in Terraqué, 1942

 

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