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À l’heure où le Portugal évolue à grands pas vers un tourisme de masse, et à l’heure où il devient une zone de résidence privilégiée pour les retraités européens, les deux séries de photographies de Jean-Manuel Simões, intitulées «Orações lusofónicas» et «Aljezur, un village à l’heure de Van Dyke» nous offrent une vision singulière du Portugal.

Ces deux séries seront exposées à la Maison du Portugal (Cité Universitaire de Paris) du 21 novembre au 31 janvier 2020. Chaque série est composée de 66 photographies et constituée de prises de vues effectuées au long de ces vingt dernières années. L’ensemble des photographies a été tiré à la main, selon différents procédés allant du Van Dyke (procédé datant du XIXème siècle) aux tirages barytés classiques virés sélénium et tirages Liths. «Le choix de ces procédés, selon Jean-Manuel Simões, vise autant à montrer l’évolution de l’atmosphère au long du temps et des régions, qu’à harmoniser les séries en leur offrant une identité picturale».

Jean-Manuel Simões, dont nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer ici-même, il y a cinq ans, le parcours personnel et professionnel, lors de l’exposition «Les chiens de la casse», qui avait eu lieu au Centre Culturel André Malraux, au Bourget, est né en 1964 en banlieue parisienne, de double culture franco-portugaise. Il a orienté tout d’abord sa carrière photographique vers le reportage et la presse en tant que collaborateur régulier du Journal du Dimanche, puis de L’Express, Télérama et Le Monde. Depuis plusieurs années, il s’investit dans une photographie de proximité, hors de l’actualité et du sensationnel, sur des thématiques de société et du quotidien. Son amour du papier fait de lui un photographe qui reste fidèle à ce support avec le travail en chambre noire comme partie intrinsèque de sa photographie. Il a participé à de très nombreuses expositions, en France et à l’étranger, a publié plusieurs ouvrages et obtenu de nombreux prix de la photographie.

La série «Orações lusofónicas» est consacrée à Lisboa, «ville qui semble issue du soleil et de l’océan, capitale chargée d’histoire, destination propulsée au sommet du top-dix des lieux touristiques européens. Un exemple à méditer pour toutes les écoles de management friandes de cas de storytelling et autres success stories» – selon les mots de Jean-Manuel Simões. «Ce travail, ajoute-t-il encore, montre les différentes étapes de l’évolution accélérée d’une culture vernaculaire vers une culture globalisée, sous l’impulsion et aussi l’avancée d’un modèle économique idéal au détriment d’un mode vie, du progrès au détriment de la tradition, du profit au détriment d’une culture».

«Aljezur, un village à l’heure de Van Dyke» est une série composée également de 66 photographies présentant des portraits, des paysages et des détails divers. Situé à l’extrémité sud-ouest du Portugal, «Aljezur, témoigne Jean-Manuel Simões, est l’incarnation parfaite du village portugais entouré de collines boisées, avec ses maisons basses aux murs blanchis à la chaux, son église du XVIème siècle, ses chemins pavés et l’océan pour horizon». Ses premiers séjours dans ce village ont eu lieu en été 2010: «Je suis allé à la rencontre des habitants, âgés mais actifs, pendant leurs occupations quotidiennes de travaux aux champs. Dès le début du projet, j’ai décidé d’utiliser une chambre photographique de format 4×5″ et un film négatif noir et blanc. Le noir et blanc parce qu’il s’agit de mon registre habituel d’expression photographique; le grand format car, par expérience, je sais que ce type d’appareil crée une relation particulière entre les deux parties. En effet, une proximité quasi ‘générationnelle’ est créée entre l’appareil et les sujets, et malgré l’absence de planification aucun n’a refusé sa séance de prise de vues totalement improvisée».

De 2010 à 2018, Jean-Manuel Simões a photographié, développé et tiré ses plans-films en utilisant le procédé «Van Dyke». Pour ajouter la touche finale à cette série, il a décidé de placer chaque photographie dans un cadre d’époque. Et pour cela il a collecté dans les brocantes et les vide-greniers portugais des cadres, tous de formats différents, qu’il a restaurés.

Par leur approche thématique et par le rapport que Jean-Manuel Simões entretient à la photographie, qui se manifeste par un attachement profond au papier et au travail manuel, où le tirage constitue une étape primordiale, ces deux séries sur le Portugal contribuent indiscutablement à confirmer sa place parmi les grands artistes photographes actuels en France.

 

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