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Philippe do Amaral est Adjoint au Maire de Taverny (95), en charge du commerce local, du développement économique et du numérique. Il a été élu pour la première fois en 2020, dans les listes de la Maire Florence Portelli.

Patron d’une entreprise de conseil en informatique, Philippe do Amaral est né, il y a 48 ans, à Nogent-sur-Marne, de parents portugais, l’un de la région de Viseu et l’autre de Outeiro, du côté de Viana do Castelo, où il a également une maison de vacances.

Florence Portelli est connue au niveau national, notamment depuis qu’elle a été la porte-parole de la candidate Valérie Pécresse à la dernière élection présidentielle. «C’est une super capitaine. C’est quelqu’un que j’estime beaucoup, une amie qui peut compter sur moi. Elle a des origines italiennes, on a les mêmes valeurs, on essaye d’être honnête, on essaye d’être droit» explique le lusodescendant. «J’ai eu la chance d’avoir un père très respectueux et quand il nous regardait, on savait si on était dans le droit chemin ou pas».

L’éducation des parents est un sujet très important pour cet élu de Taverny. «J’ai été éduqué par des parents qui sont arrivés en France, qui ne parlaient pas français, comme beaucoup de monde à l’époque où la France avait besoin de main-d’œuvre. Nous savons que le régime politique de l’époque de Salazar était très compliqué et donc il y a eu des courageux pour venir en France, parce qu’il faut du courage lorsqu’on quitte notre pays et qu’on arrive dans un pays où on ne connaît pas la langue» explique-t-il au LusoJournal, interviewé par David Gomes dans le cadre d’un collaboration avec Cívica, l’association des élus français d’origine portugaise.

Le père de Philippe do Amaral était «très patriarche». Il est arrivé en France à l’âge de 16 ans, a salto, sans papiers, «il fuyait la guerre, la dictature, la répression, le manque de nourriture… Il a perdu sa maman à l’âge de 14 ans, ils étaient 5 enfants… il s’est retrouvé à Lisboa à décharger les bateaux» avant de venir en France à la recherche de meilleures conditions de vie.

L’élu évoque l’éducation de ses parents somme «la base de tout». «Mes parents, mes grands-parents, ont toujours été très respectueux de l’enfant, mais il y avait une espèce de respect, une hiérarchie naturelle qui se faisait dans les familles lusitaniennes et dans les villages français aussi. En ville ça s’est perdu».

Philippe do Amaral se bat contre la «démission» des parents dès l’école primaire. «On ne peut pas donner à un enfant de 4 ans les mêmes termes pour expliquer quelque chose qu’à un jeune de 18 ans. Ce n’est pas possible» il souhaitait donc que les parents s’engagent d’avantage dans l’éducation des enfants dès les plus jeunes âges.

Même s’il est militant Républicain, il n’a pas compris la décision du Président Jacques Chirac de supprimer le service militaire obligatoire. «Oui, ça avait un coût énorme pour l’État, certes, maintenir les Casernes avec tous les grades qui devaient encadrer les jeunes, c’était cher. Mais, au final, il y avait des mômes qui étaient paumés, qui arrivaient à l’Armée, qui passaient leur permis de conduire, qui trouvaient un emploi, qui trouvaient une vocation professionnelle et ça permettait de réguler. Donc les parents étaient moins démissionnaires» explique-t-il au LusoJornal. «La vie militaire, elle aidait à construire l’homme, avec de la rigueur, le côté rituel, le respect imposé».

«J’ai la double nationalité, j’ai la double origine, même si je suis foncièrement français. J’adore la Marseillaise, la France, mais quand même, mon cœur est lusitanien». Sa mère, actuellement âgée de 72 ans, est donc très fière de le voir porter l’écharpe tricolore. «Le soir du 25 mai 2020, quand Madame Portelli, vous tend l’écharpe, je me dis qu’il y a eu un sacré bout de chemin et quand j’ai enfilé l’écharpe devant ma mère et ma grand-mère il y a eu des yeux rouges et humides». Philippe do Amaral considère même que sa plus grande victoire n’a pas été le 15 mars, quand sa liste a gagné au premier tour du scrutin, mais plutôt le 25 mai, «lorsque j’ai pu donner cette joie à nos anciens».

Marié depuis bientôt 21 ans, «je ne me voyais pas avoir des enfants sans être marié, sans passer à l’église, parce qu’on a tout ce rituel», mais il rajoute que «l’histoire nous dit que l’Europe est chrétienne, je n’ai pas honte de le dire, mais aujourd’hui la laïcité tue un peu tout ça».

Mais il se dit ouvert pour parler à tout le monde. «Je ne suis pas sectaire» et il explique que «mon grand-père avait pour habitude de dire qu’une journée où on se couche sans rien avoir appris, c’est une journée perdue».

Cette nostalgie de l’éducation «des anciens» va plus loin encore. «Quand on était enfant, dans les années 80, on avait des copains, c’est tout. On s’en fichait qu’ils soient noirs, jaunes, gris, bleus, verts, on avait des copains, point. Aujourd’hui on colle une étiquette à l’être humain et forcément on colle une étiquette pour qu’il y ait un affrontement, une espèce de scission, une frontière, voilà… c’est vraiment un clivage».

Et c’est ce clivage qu’il souhaite faire tomber dans sa mission auprès du commerce local. «J’ai la chance d’avoir quasi 200 commerces dans la ville, du commerce de centre-ville, du petit indépendant boulanger qui travaille avec sa femme, jusqu’aux grands groupes aux portes de Taverny» explique Philippe do Amaral. «Mais nous voulons absolument casser les clivages, on veut mélanger, on veut vraiment que le melting-pot France, avec un F majuscule, existe et perdure».

 

Voir l’interview ICI.

 

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