Salgueiro Maia : cet héros qui fait éclore la liberté et la démocratie le 25 avril 1974


Fernando José Salgueiro Maia, plus communément appelé Salgueiro Maia, né en 1944, est un Capitaine et un Officier de l’Armée portugaise lors de la Révolution des œillets. Sans le savoir, il deviendra le héros caché de cette révolution pacifique, qui par la force du peuple et de l’Armée, fera naître la démocratie.

Dans les rues portugaises des années 1940, grandit un enfant issu de la classe ouvrière. Fils d’un cheminot, Salgueiro à vingt ans, s’engage dans l’Armée, il entreprend son service militaire, avant d’intégrer en 1964, l’Académie militaire de Lisboa. Il se spécialise dans la cavalerie. Dès 1973, il soutient le MFA (le Mouvement des Forces Armées, qui s’oppose profondément à la dictature mise en place au Portugal depuis 1926). Il devient officiellement un Capitaine d’Avril, rejoignant des hommes aux idées libérales.

A 00h20, le 25 avril 1974, la diffusion de la musique «Grandôla Vila Morena», une musique véhiculant des idées libérales et démocratiques, donne le départ de la révolution contre la dictature de António de Oliveira Salazar puis de Marcelo Caetano. Une fois le signal lancé, il réunit ses troupes dans la caserne de Santarém. Ils partent pour Lisboa et à 6h10, Salgueiro Maia et ses troupes, contrôlent la place du commerce à Lisboa.

Ce jeudi matin, elle n’était pas comblée de commerçants mais de militaires engagés à mettre fin au régime dictatorial.

Malgré l’appel à la radio du MFA, incitant la population à rester chez elle, les Portugais descendent dans la rue, soutenant les Forces Armées. C’est ici, que le destin de Salgueiro Maia prend un tournant, il devient un véritable symbole vivant. Lorsque les militaires, sous le joug de la dictature, sont déterminés à faire face aux militaires insurgés du MFA, l’ombre d’un homme apparaît au milieu de la foule, celle de Salgueiro Maia. Il s’avance avec un mouchoir blanc dans une main (signe de paix et de pacifisme) et une grenade dans l’autre. Il laisse alors le choix aux ennemis d’en face d’attaquer ou de mettre fin aux hostilités. Le Général Dos Reis crie alors à ses hommes de la cavalerie numéro sept «Fogo ! Fogo !», mais aucun militaire n’ose tirer malgré les ordres. Salgueiro Maia, son mouchoir blanc à la main ne bouge pas. Beaucoup de militaires se rallient au Capitaine Maia et ses troupes.

La dictature est tombée au cours de ce jeudi 25 avril 1974, au milieu de l’union du peuple portugais et des œillets. Les militaires sont du côté de la paix. Les Portugais crient dans la rue «Jamais vaincus ! Vive la République ! Vive le socialisme ! Vive le Portugal !». Dans la foulée, il force Marcelo Caetano, dictateur, de se rendre et de s’exiler. Salgueiro Maia l’accompagne jusqu’à l’avion, preuve de détermination.

Ainsi, en 1974, le Mouvement des Forces Armées renverse la dictature qui était en place depuis 1926. Salgueiro Maia, héros emblématique de cette Révolution, aux dépends de sa vie, s’est avancé, symbolisant une déclaration de paix. Il passe au grade de Major en 1984, avant de mourir en 1992.

Son geste a eu un grand impact, et une grande valeur aux yeux des Portugais se reconstruisant post-dictature. Ce fut un petit geste, mais avec une grande connotation et de grandes conséquences pour un pays et sa nation. Il voulait une révolution sans effusion de sang, avec au centre, comme intérêt principal : la liberté du pays, du peuple et la mise en place de la démocratie. Symbole de courage, de dignité, et de dextérité, Salgueiro Maia a marqué les esprits pour plusieurs générations.

De son vivant il n’a jamais eu de réelle reconnaissance, cependant posthumement, le film de Maria de Medeiros «Capitaines d’Avril» lui a été dédié en 2000, en lui rendant un hommage, avec Stefano Accorsi jouant son rôle. Ce n’est pas une reconnaissance d’État, mais une reconnaissance culturelle, qui restera dans la mémoire de plusieurs générations et que les futures générations pourront visionner. Il est important dans le cadre du devoir de mémoire de ce souvenir de ce geste profond et sincère, d’un seul homme, pour tout son peuple.

Et si un jour, mes enfants me demandent ce qu’est un héros, je ne répondrai pas Super Man, mais bien Salgueiro Maia, ce héros caché de cette grande révolution qui mérite une profonde reconnaissance.

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Inês Gonçalves

Historienne

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