
Les Compagnies Républicaines de Sécurité (CRS) sont créées en 1944, dans le contexte de la Libération de la France. Leur mission initiale est claire : rétablir l’ordre public dans un pays marqué par les troubles de la Seconde Guerre mondiale. Issues en partie des anciens Groupes Mobiles de Réserve (GMR) et pensées par des officiers de marine, elles deviennent rapidement une composante essentielle de la Police nationale. Leur devise, «Servir», reflète un engagement fondamental : être au service de la population et de l’État.
Situé à proximité de Lille, dans un ancien hôpital reconverti, l’état-major de CRS de Lambersart constitue un point stratégique dans le nord de la France. Deux compagnies y sont stationnées, chacune comptant environ 180 agents, dont une partie est opérationnelle en permanence, ainsi que l’état-major de zone.
C’est dans ce cadre qu’une délégation portugaise, composée notamment du Commissaire de police Toni Teixeira, responsable des relations internationales, et du lieutenant Hugo Leal, accompagnés dans le cadre du programme Erasmus+ par Paula de Jesus enseignante d’anglais et référente Erasmus et Patrick Caublot, professeur principal d’économie et gestion en BTS MOS, du lycée Jean Moulin à Roubaix, a été accueillie mardi 7 avril.
Encadrée par des responsables régionaux – dont le Commissaire divisionnaire Thomas Julé, Directeur zonal à la tête des 1.300 CRS des Hauts-de-France, le Commissaire, et Julien Laurençon, son adjoint, et le Commandant Régis Coquard, Chef de l’emploi opérationnel – la visite a permis de présenter en détail la logistique et l’organisation des CRS, leurs méthodes d’intervention, leur matériel et leurs stratégies adaptées aux différents niveaux de tension.
Les démonstrations ont illustré toute la gradation des interventions, de la prévention et l’encadrement des cortèges jusqu’aux situations les plus critiques, comme les attentats. Le matériel utilisé est en fonction des évènements et de l’éventuelle gravité.
Un point important a également été clarifié : les CRS ne mènent généralement pas d’enquêtes judiciaires. Leur rôle est avant tout opérationnel et disciplinaire, centré sur le maintien de l’ordre et la sécurisation.

Des missions bien au-delà du maintien de l’ordre
Souvent associées aux manifestations, les CRS sont surtout connus pour leur rôle dans le maintien de l’ordre. Leur formation spécifique leur permet d’intervenir avec sang-froid, discipline et coordination dans des situations parfois tendues. Cependant, leurs missions sont bien plus larges : sécurisation de grands événements sportifs, politiques ou culturels, renfort aux services de police locaux, surveillance des plages en période estivale (CRS nageurs sauveteurs), sécurité routière, notamment sur les autoroutes et interventions de secours lors de catastrophes naturelles.
Cette polyvalence fait des CRS une force mobile, capable de s’adapter rapidement aux besoins du territoire. Chacun des CRS connaît son rôle parfois au sein d’un petit groupe composé de 5 membres lors des manifestations, avancent en ligne avec d’autres groupes de 5 éléments.
Les CRS comptent 64 compagnies réparties sur l’ensemble du territoire français. Bien que chaque unité soit rattachée à une base fixe, leur spécificité réside dans leur grande mobilité.
Une compagnie peut ainsi être déployée à l’autre bout du pays en fonction des besoins, à l’exception du Directeur zonal. Lors de ces déplacements, toute l’unité est mobilisée : policiers, personnel administratif, logistique, et même les cuisiniers. Cette organisation garantit autonomie et efficacité sur le terrain.

Des événements d’ampleur nationale, comme le Tour de France, illustrent parfaitement cette capacité : certaines compagnies accompagnent la course du début à la fin, assurant la sécurité tout au long du parcours, tout en créant parfois des moments de convivialité avec le public.
Souvent perçues à travers le prisme des tensions lors des manifestations, les CRS souffrent parfois d’une image réductrice. Les échanges ont permis de nuancer largement cette perception.
Contrairement à certaines idées reçues, les CRS sont globalement bien perçus par la population. Même certains syndicats reconnaissent leur rôle de régulateurs, contribuant à limiter les débordements lors des manifestations.
Dans la grande majorité des cas, environ 95% des interventions, des opérations se déroulent sans incident majeur.
Un détail visuel permet de distinguer les CRS deux bandes jaunes sur leur casque, qui les différencie des autres forces de sécurité.
Le centre de Lambersart illustre parfaitement l’équilibre entre enracinement local et action nationale. Ses missions incluent le maintien de l’ordre dans les Hauts-de-France, la sécurisation d’événements dans la métropole lilloise, des renforts dans toute la France, la coopération avec d’autres services, y compris à l’échelle européenne.
Le site de Lambersart joue également un rôle clé dans la formation continue des agents, garantissant un haut niveau de préparation.






