Francisco da Conceição vient d’éditer son romain «Certains amours ne meurent pas» en portugais

L’auteur franco-portugais Francisco da Conceição (lire ICI), fait le lien entre deux langues, deux cultures et une histoire familiale en éditant son premier roman en portugais aux éditions Lueur d’Étoile.

Francisco da Conceição est reconnu, dans ses écrits, pour sa manière sensible et introspective d’explorer des thèmes profonds tels que la mémoire, l’amour et la transmission entre les générations. À travers ses romans, il crée des ponts entre les histoires personnelles et les grands événements historiques, offrant ainsi une réflexion poignante sur le temps qui passe et les liens humains.

En plus de sa carrière d’écrivain, Francisco da Conceição anime des ateliers d’écriture dans divers contextes, permettant à ses lecteurs de partager ses passions et sa vision du monde. Son style se caractérise par une écriture humaniste, marquée par une attention particulière aux émotions, à la rédemption et à la quête de sens.

Auteur de plusieurs livres, Francisco da Conceição a traduit «Certains amours ne meurent pas» dans la langue de Camões. Il qui devient «Amores que nunca morrem».

Dans ce livre, Francisco da Conceição nous parle de ressentiments, de vengeance et de serments d’amour…

LusoJornal a interviewé Francisco da Conceição à l’occasion de la sortie de son livre «Amores que nunca morrem».

Vous êtes né en France, de parents portugais, et vous avez grandi entre deux langues et deux cultures. Quel rôle cette dualité joue-t-elle dans votre écriture ?

J’ai grandi dans un environnement où le portugais et le français se côtoyaient au quotidien, parfois même dans une sorte de mélange entre les deux. À la maison, on parlait souvent les deux langues, selon les situations. Cette expérience a forcément eu une influence sur ma manière de voir le monde et sur mon écriture. Même si je vis en France et écris en français, le portugais fait partie de moi, et il a toujours été là, quelque part en arrière-plan, dans ma manière de ressentir et de penser.

Vous avez écrit vos romans en français jusqu’à présent. Pourquoi avoir choisi de traduire votre dernier livre, «Amores que nunca morrem», en portugais ?

C’est un chemin un peu particulier. J’écris mes romans en français, mais avec ce livre, j’ai voulu inverser le processus et proposer une version en portugais. Une partie de ma famille, restée au Portugal, n’avait jamais pu lire mes livres, et cela m’a toujours un peu frustré. Il y a ma tante, âgée de 88 ans, qui est une grande amatrice de romans et qui me disait souvent qu’elle aurait aimé pouvoir me lire. Cela a été un regret pour elle pendant longtemps. Quand j’ai commencé à traduire ce livre, je lui ai parlé de mon projet, et elle espérait pouvoir enfin découvrir «Amores que nunca morrem». C’est devenu plus qu’un projet éditorial pour moi, c’était aussi une manière de lui offrir quelque chose de précieux.

Comment s’est passée la traduction ? Vous avez parlé d’utiliser l’intelligence artificielle pour cette tâche. Est-ce que ce fut un processus difficile ?

Traduire son propre texte n’est jamais un exercice simple. J’ai utilisé des outils d’intelligence artificielle pour générer une première version, ce qui m’a permis d’avoir une base sur laquelle travailler. Mais c’était vraiment une première étape. Le travail de réécriture a été essentiel, car traduire ne consiste pas simplement à changer de mots, de langue, c’est un travail beaucoup plus subtil, il faut retrouver une voix qui sonne juste pour un autre lecteur. J’ai voulu que cette version en portugais ne porte aucune trace de la traduction, qu’elle se lise comme un texte écrit directement en portugais.

Votre tante a-t-elle eu l’occasion de lire le livre une fois traduit ?

Oui, elle l’a lu dès qu’il est sorti. D’abord, comme une lectrice, puis une seconde fois, avec encore plus d’attention. Et son verdict m’a profondément touché. Elle m’a dit : «Ça se lit comme un roman écrit en portugais». C’était exactement ce que je voulais entendre. Cela a été la validation de tout le travail que j’avais fait. Pour moi, c’était une grande satisfaction.

«Amores que nunca morrem» raconte une histoire d’amour, de pardon et de retrouvailles. Quelles sont les grandes thématiques que vous avez explorées dans ce livre ?

Ce roman raconte l’histoire de Luna et Carlo, deux personnages qui, après une séparation de vingt-sept ans, se retrouvent dans des circonstances particulières. C’est une histoire de liens qui résistent au temps et aux épreuves de la vie. Le roman parle de la mémoire, du pardon, de l’amour sous différentes formes, et de la manière dont les événements du passé influencent nos vies. C’est aussi une exploration du temps qui passe et de la manière dont nous nous reconstruisons à travers nos relations avec les autres.

Le Portugal occupe une place importante dans ce livre, mais aussi dans votre propre parcours. Quelle relation entretenez-vous avec le pays d’origine de vos parents ?

Même si je suis né et ai grandi en France, le Portugal est toujours resté un point d’ancrage pour moi. Je retourne régulièrement dans la région de Covilhã, d’où est originaire ma famille. Le Portugal est mon pays de cœur. À travers ce projet, j’ai voulu reconnecter mon travail d’écrivain avec mes origines. Traduire ce livre en portugais, c’était aussi une manière de rendre hommage à ma famille et à ce pays qui fait partie de mon identité.

En traduisant votre livre en portugais, vous ne vous contentez pas de toucher un nouveau public, vous créez une passerelle entre deux langues. Comment percevez-vous cette démarche ?

Exactement. Cette traduction n’est pas simplement un moyen d’élargir mon lectorat. C’est aussi une manière de ramener une partie de mon histoire vers le Portugal, dans cette langue qui fait aussi partie de moi. C’est une passerelle entre deux cultures, deux identités. Et peut-être que cela marquera le début d’un travail plus large, où les deux langues et cultures se rencontrent davantage dans mon écriture.

«Amores que nunca morrem» est maintenant disponible en français et en portugais (lire ICI). Quels sont vos projets futurs en tant qu’écrivain ?

Pour l’instant, je me réjouis de voir ce livre vivre dans ces deux langues. Quant à l’avenir, je ne sais pas encore où cela me mènera, mais je sais que je continuerai à écrire, à explorer de nouvelles histoires, de nouveaux liens. Peut-être avec d’autres traductions, d’autres passerelles entre les cultures… L’écriture est un voyage, et chaque livre est une étape importante dans ce voyage.

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Avec «Amores que nunca morrem», désormais disponible en français et en portugais, Francisco da Conceição franchit une étape importante de son parcours. Plus qu’une simple traduction, ce livre incarne un retour aux sources et une volonté de relier deux parties de son identité.

En donnant une nouvelle vie à son roman dans la langue de ses origines, l’auteur ouvre aussi la voie à un dialogue plus large entre ses deux cultures. Une passerelle littéraire intime, qui pourrait bien marquer le début d’un travail encore plus ancré entre mémoire personnelle et héritage familial.

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