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Le match entre Benfica et Lyon suscite évidemment l’intérêt de la communauté portugaise en France, mais c’est surtout un match important tant pour les Lisboètes que les Lyonnais dans l’optique de continuer en course pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions de football.

Rendez-vous ce soir à 21h pour le verdict qui aura lieu au Estádio da Luz à Lisboa. Un duel Franco-Portugais qui promet, entre Benfica, qui n’a toujours pas remporté un unique point en Ligue des Champions, et Lyon qui a changé d’entraîneur à cause des mauvais résultats du Brésilien Sylvinho en Ligue 1 car en Ligue des Champions les Lyonnais ont déjà quatre points en deux rencontres disputées.

Pour le LusoJornal, le journaliste français Alexandre Corboz, qui suit l’Olympique Lyonnais pour le journal et site français ‘But !’, nous livre ses impressions sur cette rencontre.

Comment Lyon appréhende cette rencontre? Benfica fait peur?

A Lyon, le match est surtout vu comme une parenthèse. On change de compétition et en C1, il y a un vrai espoir de voir les 8e de finale après la victoire surprise à Leipzig. Benfica est justement un tournant et l’État-major Lyonnais a bien conscience que 4 points en deux matches les mettraient sur la voie royale en éliminant un concurrent sérieux. Il n’y a pas spécialement d’appréhension à se rendre au Portugal, c’est plus en Ligue 1 que la peur du vide se fait ressentir.

Comment peut-on expliquer cette crise à Lyon? Tout est seulement de la faute de Sylvinho?

La crise est difficile à expliquer. Sylvinho a ses torts. Avec lui, l’OL voulait bâtir en partant de derrière. Les latéraux avaient pour consigne de monter le moins possible et le Brésilien a transmis une vraie frilosité comme on a pu s’en rendre compte contre le PSG ou l’ASSE. C’est aussi pour ça que l’OL a changé, pour revenir à une philosophie de jeu plus proche de son ADN. Maintenant pourquoi ça ne marche pas mieux en Ligue 1, c’est très difficile à dire. Je pense que le départ d’un joueur comme Fekir (qui était le Monsieur plus lorsqu’il s’agissait de faire des différences) a fait mal, l’intégration des premières recrues de l’ère Juninho est compliquée. Beaucoup notent aussi un vrai manque de caractère dans ce groupe. Après coup, on se rend compte que Bruno Genesio s’en sortait très bien avec ce vestiaire et que le changement voulu par les supporters n’était pas si profitable que ça. L’OL a les mêmes défauts que l’an dernier sans en avoir les qualités d’imprévisibilité.

Rudi Garcia peut être l’homme de la situation ? Ou le mal est plus profond dans le vestiaire, entre les joueurs ?

Rudi Garcia a de l’expérience et a eu de vrais résultats même si ça ne s’est pas bien fini pour lui à l’OM ou à la Roma. L’OL voulait un coach expérimenté, avec d’autres idées et surtout prêt à composer avec le staff en place. Ce dernier point est l’unique raison pour laquelle le quatuor qui décide à l’OL (Aulas, Juninho, Houllier, Ponsot) a arrêté son choix sur lui plutôt que sur Laurent Blanc en faisant fi de l’avis des supporters. Être l’homme de la situation à l’OL n’est pas simple car on peut l’être et susciter la défiance des supporters. On l’a vu ces dernières saisons avec Genesio et Garcia est aussi mal accueilli du fait de son passé marseillais et de ses critiques sur l’OL arbitrage. Les Bad Gones ne lui laisseront rien passer car pour eux Garcia a souillé l’institution. Sans résultats, son intégration à Lyon parait impossible. Même avec, pas sûr que les Ultras les plus fervents changent d’avis. C’est malheureux mais on en est là aujourd’hui. Personnellement, je pense que le souci vient des joueurs. Depuis le derby, les piques des supporters, leurs banderoles vont aussi dans ce sens. Entre eux, au sein du vestiaire, il n’y a pas de clans ni de problèmes mais ce groupe est composé de trop d’intermittents du spectacle et n’a pas assez de caractère ni de leaders. Aujourd’hui, seul Anthony Lopes, du fait de ses performances et de son statut particulier d’ancien Bad Gones, assume réellement cette autorité naturelle. Jason Denayer et Leo Dubois sont des capitaines de convenance car les leaders techniques comme Houssem Aouar ou Memphis Depay ne sont pas prêts d’avoir des responsabilités. Le plus flippant en ce moment, c’est surtout que l’espoir de reconquête de tout un peuple repose sur l’idée que l’OL tient en son sein un petit Lionel Messi avec Rayan Cherki (16 ans et 10 minutes en Ligue 1). Je trouve presque ça triste et malsain de faire peser une telle responsabilité sur les épaules d’un gamin à peine sorti de Youth League et que Rudi Garcia cède directement à cette mode en le lançant dans le grand bain.

 

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