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David Resende est Maire de la commune de Camps-sur-l’Isle, située dans le département de la Gironde, en région Nouvelle-Aquitaine.

Âgé de 61 ans, il est aujourd’hui en pré-retraite dans sa vie professionnelle, et est Maire de Camps-sur-l’Isle depuis 2001, étant dans son troisième mandat.

LusoJornal est parti à la découverte de ce globe-trotter portugais qui est aujourd’hui Maire d’une commune qui est passé d’à peine plus de 300 âmes en 1995, quand David Resende devient un élu municipal, à plus de 600 aujourd’hui.

 

Qui est David Resende?

Je suis quelqu’un qui se bat tout le temps, qui ne pleure pas beaucoup, même s’il est émotif, mais je ne me plains pas. Je fais tout simplement. Je ne suis envieux de personne et quand je me lève, je me demande ce que je peux faire, que ce soit personnel ou collectif. Quelqu’un qui avait surement un potentiel, mais qui est né dans une famille de 10 enfants, fils d’ouvrier, il a dû faire les études les plus brèves possibles, et aller travailler. Quelqu’un qui a beaucoup d’énergie, qui a la chance de n’être jamais malade, qui a la chance de n’avoir presque jamais été au chômage, et qui a croqué dans la vie à pleines dents. Je veux toujours aller de l’avant. L’important, c’est de faire le bien. Le reste ne m’intéresse pas. Je suis bien physiquement, je suis monté 3.500 fois dans un avion en 26 ans, donc je pense que j’ai des bonnes capacités physiques. Je suis capable de supporter les décalages horaires et d’être présent au Conseil municipal. Tout le monde ne peut pas supporter tout ça. Mentalement, je suis aussi solide. Et je dirais également que j’ai trouvé en mon épouse et dans ma vie familiale, un super équilibre, que je n’avais peut-être pas avec mes parents, dues aux difficultés matérielles. La seule inquiétude, c’était ma belle-mère qui, quand elle a su que je sortais avec sa fille, lui a dit que des fois les Portugais sont des fois méchants avec leur femme. Cela fait 40 ans que ça dure.

 

Quel a été votre parcours professionnel?

Jusqu’à l’âge de 30 ans, j’ai hésité entre deux voies: éducateur sportif ou technicien dans l’entreprise privée où j’étais. J’ai même été maître-nageur. J’ai fait les deux boulots avec plaisir. Applaudi par 1.000/1.500 personnes le week-end, et dans mon autre travail je devais aussi être performant, je ne pouvais pas être médiocre. Dans ma carrière j’ai fait plusieurs petits boulots, j’ai même balayé des rues dans une petite commune, mais j’avais besoin de travailler, avant de devenir ajusteur. J’ai d’ailleurs subi des critiques, car on disait que je ne serai jamais là à l’heure au boulot le lundi, car je jouais le dimanche au football, et en plus j’étais étranger. Six mois après, un an après, ils m’avaient tous adopté, comme toute la France. Deux ans après, j’étais l’homme de confiance de ce Chef de service qui avait eu des mots durs. C’était fort. Moi, je travaillais tout le temps, même si c’était un dimanche. Je ne demandais rien, je travaillais, et ça payait. Je suis passé par toutes les phases: ouvrier professionnel qualifié, agent de maîtrise, service recherche et développement, technicien supérieur, et j’ai été assimilé cadre à l’âge de 35 ans, puis cadre. J’ai été dans les relations clients, qui ont commencé en Gironde, en Aquitaine, dans toute la France, puis à l’international. Je suis allé partout dans le monde. J’aime être libre et la liberté ça se mérite, donc j’ai toujours fait plus.

 

Vous pensiez devenir Maire un jour?

Jamais je n’y ai pensé. Je ne l’ai jamais soupçonné. Mon ouverture d’esprit, sans doute, a contribué à cela. J’étais très investi localement, que ce soit au niveau du sport, football ou natation, ou même au niveau des parents d’élèves. J’étais présent dans les écoles car j’y avais mes enfants. J’ai donc été délégué de parents d’élèves et je sentais que je devais être présent. J’ai toujours été quelqu’un d’engagé. En 1995, j’ai donc été sollicité pour intégrer une liste. J’avais accepté, et je me suis dit que je pouvais donner un coup de main. Toutefois, 15 jours après, je n’étais plus dans l’équipe. Apparemment quelqu’un ne voulait pas de moi. Donc j’ai décidé de me présenter en candidat indépendant et j’ai donc été élu.

 

Quel est votre lien avec le Portugal?

Le lien avec le Portugal était surtout à travers mes parents. On est arrivés en France en 1966, et on est allés en vacances pour la première fois en 1970. Nous étions 12 dans la voiture. C’était un lien d’enfant, j’adorais y aller en vacances. Mes parents étaient très pauvres et je le vivais plutôt durement. C’était souvent difficile, tendu, avec 10 enfants. Donc y aller était un plaisir, avec la plage, les villes comme Espinho et Ovar, mais c’était contrasté car des fois je n’y allais pas. On était 10 et c’était difficile. Le meilleur moment, c’était quand mes parents revenaient du Portugal avec «Pão de Ló» et des «Bolinhos de Pão», ainsi que le pain de maïs. Ensuite, plus tard dans ma vie, j’y suis allé avec mon épouse, j’y allais tous les ans, vers Figueira da Foz où mes parents avaient une maison. Vers mes 30 ans j’y suis également allé souvent pour mon travail, dans le monde de l’emballage des alcools, j’y allais 3-4 fois par an. Ma relation affective est très forte avec le Portugal, je l’ai fait de long en large. Je parle le portugais, mes parents me parlaient toujours en portugais, et moi je continue à faire l’effort.

 

Vous étiez au Congrès de l’Association Cívica, pourquoi vous avez accepté leur invitation?

Je suis portugais d’origine, né au Portugal. Je me sens donc concerné par les initiatives des Portugais comme le fait Cívica. Je ne vous cache pas que j’ai fait une petite enquête pour en savoir plus, car je voulais être dans une association qui a les mêmes valeurs démocratiques que moi. J’ai accepté de venir, car l’association est présente dans une zone très dense, Paris, avec beaucoup de Portugais, ce qui est moins le cas en milieu rural. C’était l‘occasion de venir connaître des compatriotes. Et je voulais venir pour échanger sur les questions civiques, car la démocratie n’est jamais acquise à l’avance. Il faut la défendre et la re-défendre. J’admets aussi que je suis assez fier car les Portugais ont eu longtemps à se cacher et maintenant ce n’est plus le cas et ils sont une des richesses de la France. C’est une grande fierté de voir autant de Portugais être arrivés en France et avoir été adoptés par la France. Je dis souvent que même si on n’a pas fait d’études, on peut monter haut et aider si on travaille et on fait les efforts, et j’en fais partie. Un travailleur qui n’a pas d’études doit faire 25% de plus qu’un autre pour pouvoir prétendre au poste supérieur. Cela a été mon cas toute ma vie.

 

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