Michel Riaudel
Michel Riaudel

«Caramuru, un héros brésilien entre mythe et histoire», de Michel Riaudel

À partir de la folle aventure d’un Portugais (Diogo Álvares Correia) arrivé sur les terres du «pau-brasil» au début du XVIe siècle, on ne sait comment (peut-être à la suite du naufrage), adoubé par les Tupi sous le nom de Caramuru («homme de feu»), héritier d’une «sesmaria» par donation, marié par un roi de France à l’Indienne Catarina Paraguaçu, ce livre de Michel Riaudel, «Caramuru, un héros brésilien entre mythe et histoire», que viennent de publier les Éditions Petra, retrace les étapes de la construction d’un mythe, de ses premières traces historiques jusqu’aux réappropriations successives du héros (épopée, poème, romans, etc.) et interroge l’écriture d’une histoire nationale.

Caramuru est le héros d’un poème épique de 6.672 vers, écrit par Frei José de Santa Rita Durão, intitulé «Caramuru. Poema épico do descobrimento da Bahia», publié en 1781, à Lisboa, deux-cents ans après la mort du protagoniste.

Bénéficiant d’une immense vitalité populaire au Brésil, mais aussi sujet de controverse, «l’histoire de Caramuru a connu bien des avatars», nous dit Michel Riaudel dans son avant-propos. «Comment, ajoute-t-il, un personnage pouvait-il avoir été tantôt associé à l’aliénation coloniale (au Portugal, à la France), tantôt héros de la nation Brésil, tantôt incarnation du chrétien civilisateur, tantôt disposé à s’indianiser? Comment un poème pouvait-il avoir été proclamé modèle à suivre, puis dénigré dans sa forme comme dans son idéologie? Comment un récit pouvait-il avoir été tenu pour véridique, puis relégué dans le fourbi des fables?»

Pour Michel Riaudel, professeur à l’Université de Poitiers et auteur notamment de divers travaux sur les circulations littéraires entre le Brésil et la France, cela méritait qu’on remette cette matière en perspective.

Son étude/enquête, rigoureuse, approfondie et captivante à la fois, est suivie d’une abondante bibliographie, de documents annexes et d’un cahier d’illustrations présentant 12 vignettes commerciales, publiées en 1930 sous le titre «Caramuru, as mais belas lendas do Brasil».

 

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