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Lionel Cecílio, comédien, prend de fouet, comme nous tous, cette épidémie de Coronavirus, lui qui est intermittent du spectacle. De son actualité, un rôle très remarqué dans le film, «Ma famille à moi». Il se prépare à jouer en juin au Théâtre des Variétés dans la pièce «Les clefs de l’Alhambra».

 

Comment passez-vous cette période?

Je suis en France, à Paris, chez moi, avec ma compagne et nos deux enfants. Nous essayons surtout d’occuper les enfants et de rendre la situation agréable pour eux, pour éviter qu’ils ne finissent par prendre peur. J’écris beaucoup. Je crée. Je lis. J’essaye de profiter de ce temps pour le rendre fertile.

 

Êtes-vous préoccupé par la situation actuelle?

Je ne suis pas préoccupé outre mesure, mais je suis en pleine conscience de la gravité de la situation. J’ai plusieurs collègues ou amis qui ont été touchés par le virus. Je suis l’évolution de leur santé via les réseaux sociaux. Je ne les appelle pas. Ils ne peuvent pas parler… ils n’ont plus suffisamment de souffle pour ça. Je ne sors pas. Je me protège, je protège les autres… Je suis d’ailleurs très surpris et un peu en colère de voir depuis mon balcon ou d’entendre via les informations que des gens ne respectent pas les consignes de confinement. Ce que nous vivons est grave et je crois qu’il ne faut pas avoir fait de grandes études pour se rendre compte que la moitié du globe est à l’arrêt, que les plus grandes puissances mondiales ont fait poser les genoux de leurs économies au sol… on n’en arrive pas à ce genre d’extrémité par hasard. Alors, non je ne suis pas préoccupé, mais je pourrais le devenir si la situation s’éternisait notamment par la faute d’inconscients égoïstes.

Quand la situation reviendra à la normale, qu’attendez-vous du «nouveau monde»?

Du nouveau monde, je ne sais pas. D’ailleurs, je ne suis pas convaincu qu’il y aura un «nouveau monde». Tout passe. Tout s’efface. Si je devais en attendre quelque chose, je dirais une «prise de conscience» collective sur la richesse des échanges humains. C’est à mon sens la chose la plus précieuse qui soit sur cette planète. D’ailleurs j’en ai fait mon métier. Aller à la rencontre de l’autre est essentiel. L’humain se meurt de la solitude. Et nous le voyons actuellement. Les gens riches matériellement vivent certainement mieux leur confinement dans de grandes villas avec piscine que s’ils étaient dans une chambre de bonne, mais au bout du compte ils se fanent tout autant. Leur cage est dorée, mais elle n’en est pas moins une cage. J’espère que nous nous en souviendrons et que nous remettrons la considération au cœur de nos échelles de valeur. Mais je suis pessimiste. Je crois que rien ne changera. L’humain a une mémoire assez sélective et qui fonctionne à court terme. D’ailleurs je ne crois pas qu’il y ait eu un «avant-après» le 11 septembre, ni pour le «Bataclan» ou «Charlie hebdo»… je pense aux attentats de Nice aussi… ou des catastrophes naturelles comme le tsunami… le chikungunya… on se souvient de tout ça. Évidemment. On y pense parfois, individuellement, en fonction de notre niveau de sensibilité. Mais à l’échelle d’une nation, voire du monde… est-ce que ça change réellement la tournure des choses? Je ne le pense pas. Alors certes, il y a ici une dimension économique qui peut rebattre les cartes. Mais quelques mois d’arrêt suffiront-ils? Qui sait? L’humain est un animal insondable. L’avenir nous répondra. Qui vivra verra.

 

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