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Originaire de Chaves, Altina Ribeiro est écrivaine. Après avoir publié «Le Fado pour seul bagage», un livre sur l’histoire de son arrivée en France dans les années 60, avec ses parents et sa sœur, elle a publié plusieurs autres livres.

Visiblement inquiète de la situation actuelle causée par la pandemie du Covid-19, confinée chez elle, Altina Ribeiro se confie au LusoJornal.

 

Êtes-vous inquiète de la situation actuelle?

La situation exceptionnelle que nous vivons me terrorise au plus haut point. Je me suis inquiétée dès les premiers jours où j’ai entendu parler de ce virus. Autour de moi, tout le monde disait qu’il n’y avait rien à craindre, que ce n’était qu’une simple grippe, que j’étais en bonne santé et que je ne risquais rien, etc, etc…. Malheureusement, mon inquiétude était plus que fondée… Prenant les transports publics pour me rendre à mon travail, en plein cœur de Paris, j’avais conscience des risques encourus. Et, malgré toutes les précautions que je prenais, au fil des jours et des semaines, mon stress augmentait. Lorsque le confinement a été annoncé (enfin!!!), j’ai contacté mon patron pour connaître ses intentions et il m’a précisé que son Cabinet d’avocats resterait ouvert tant qu’on le lui permettrait. De mon côté, considérant que je n’exerce pas une profession indispensable, dans le contexte actuel, d’autant que les audiences sont quasiment toutes reportées, je lui ai fait part de ma décision de suspendre mon activité pour éviter d’être contaminée et de propager le virus à mon tour. Je suis donc confinée à la maison avec mon mari qui est à la retraite. Mais mon fils, qui vit avec nous, travaille toujours, ce qui me préoccupe énormément car il est exposé et nous expose également. À quand un confinement total qui permettrait de désengorger les hôpitaux, d’éviter d’exposer inutilement ceux dont l’activité peut être suspendue et de retrouver une vie normale au plus vite?

 

Pour vous, le pays ne fait pas face au problème?

Je déplore l’attitude du Gouvernement face à cette pandémie. Quand le virus est apparu en Chine, on le considérait loin de chez nous… Mais l’Italie est bien plus proche et, malgré la situation désastreuse que vit ce pays, la France n’a eu de cesse de nous convaincre que nous disposions d’un système de santé bien supérieur à notre voisin… Seulement les hôpitaux ont leurs limites. Ils sont maintenant saturés et le personnel hospitalier, à bout de forces, doit faire face à une crise sanitaire inédite. J’ai une profonde admiration pour ces hommes et ces femmes qui luttent chaque jour, ainsi que les ambulanciers, pompiers, chauffeurs-routiers, caissiers, éboueurs, et j’en oublie certainement… Toutes ces personnes risquent leur vie pour sauver les nôtres. Il est plus que temps d’arrêter toute activité non vitale de façon à soulager tous ces héros et arrêter le massacre. Quand nous sortirons de cette situation, j’espère que les gens seront moins égoïstes, plus solidaires et donneront enfin de la valeur aux choses essentielles. J’ose espérer également que le Gouvernement prendra enfin conscience que la vie des citoyens est plus importante que l’économie du pays et la politique. Pour la première fois depuis que j’exerce mon devoir civique, je ne suis pas allée voter. J’ai boycotté les municipales car je considère que le fait de ne pas avoir reporté les élections a été une grave erreur. Nous inciter à nous déplacer pour élire notre maire et, quelques jours après, nous demander de rester à la maison, est une incohérence totale! J’espère que ceux qui décident de notre sort rendront un jour des comptes…

 

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