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Jorge Mendes Constante est avocat à Marseille, dirigeant du cabinet MCL Avocats, mais il est également le Délégué de la Chambre de commerce et d’industrie franco-portugaise (CCIFP) pour la région PACA.

 

Comment passez-vous cette période de confinement?

Cette période de confinement reste supportable car nous savons qu’elle est essentielle pour nous tous. J’ai la chance d’avoir pu organiser le télétravail des 11 avocats du cabinet et de permettre ainsi une certaine continuité de notre activité de conseil de nos clients. C’est aussi l’occasion de se mettre à jour sur les dossiers pour lesquels nous avions pris du retard. Cette première phase du confinement a pu même avoir un aspect positif si nous voulons être optimistes – et c’est ma nature – et si nous arrivons à relativiser un peu les choses. Quand je regarde les souffrances des malades et des familles endeuillées, je relativise toujours ce qui nous arrive. La vie pour nous, confinés en famille, reste confortable et malgré tout, sereine.

 

Les Tribunaux sont pratiquement fermés. Cela va impliquer des retards importants pour l’avenir?

La période d’urgence sanitaire a entrainé la suspension de l’ensemble de l’activité judiciaire du pays sauf pour les matières d’urgence notamment pénale (comparution immédiate, détention provisoire, application des peines…) ou particulièrement sensibles (justice des mineurs, hospitalisation d’office…). Naturellement, le renvoi de l’ensemble des dossiers à compter du 15 mars dernier et probablement jusqu’au 25 juin prochain, comme le soulignent certains des textes adoptés en matière judiciaire, va avoir une conséquence très significative sur les délais de traitement judicaire de ces affaires. Avant cette période de confinement, le service public de la Justice sortait déjà d’une longue période de grève totale des avocats de deux mois, qui avait conduit au renvoi de tous les dossiers. C’est donc un système judiciaire totalement débordé et avec 6 mois de dossiers accumulés à ceux qui arrivent, que vont devoir faire face les magistrats quand la vie reprendra son cours. Le justiciable va devoir, plus que jamais, avoir de la patience pour obtenir une réponse judiciaire qui aura bien une année de retard en plus que d’habitude.

 

Et les entrepreneurs portugais de la Région PACA, comment vivent-ils ce moment?

Les membres entrepreneurs de la délégation PACA de la CCIFP, essentiellement dans le domaine du BTP, ont été confrontés à la confusion généralisée sur la prise en compte du chômage partiel pour leurs salariés. Alors que presque toute leur activité est à l’arrêt, sauf urgences et dépannages, il y a eu une cacophonie qui a davantage inquiétée les entrepreneurs confrontés à une crise sans précédent. Nos membres sont mobilisés pour garder leur équipes et déterminés à reprendre les chantiers dès que le danger aura disparu pour leurs salariés. Sans le chômage partiel, aucune entreprise ne résistera aux conséquences de l’arrêt brutal d’activité.

 

Êtes-vous inquiet pour la situation actuelle de pandémie?

Mon inquiétude est pour notre famille, nos proches, nos collègues de travail, mais aussi pour tous ceux dont on constate chaque jour le nombre de malades et de morts augmenter sans savoir quand sera la fin de cette période invraisemblable. Nous devons être inquiets par notre santé, le reste renaîtra d’une façon ou d’une autre. Le reste est secondaire.

 

Quand cette situation sera dépassée, qu’attendez-vous du «nouveau monde»?

Si cette période nous a fait revenir à l’essentiel, nous n’aurons pas passé cette crise pour rien. Dans le nouveau monde qui s’ouvrira, nous pourrions y entrer de manière plus solidaire, plus fraternelle, plus respectueuse du monde qui nous entoure, en sachant qu’il est précieux et si fragile.

 

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