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Duarte, devenu l’un des fers de la nouvelle génération fadiste (il est né en 1980), nous avait impressionné ce printemps dernier sous les frondaisons de la roseraie de Fontenay-aux-Roses. Une belle présence scénique et vocale sans chiqué, un trio de musiciens soudés comme rarement on en voit.

Souvent présent sur les scènes françaises dans tout le pays, Duarte revient dans la capitale le vendredi 23 novembre pour un concert dans la vénérable et prestigieuse Salle Gaveau, plus habituée aux harmonies de la musique classique qu’à celle du fado, et bénéficiant d’une haute qualité acoustique. Intitulé «Mistérios de Lisboa», titre éponyme d’un fado écrit par Duarte, ce concert proposera quelques titres de son dernier CD, «Só a cantar», qui vient de sortir en France, mais aussi d’autres titres, souvent nouveaux, qu’il a en majorité écrits, et parfois composés. Une très belle soirée en perspective.

L’apparence décontractée, non feinte, de Duarte, se conjugue avec un activisme étonnant. Hors le fado, quoique, Duarte est psychologue clinicien, spécialisé dans le traitement des phénomènes de dépendance, métier qu’il continue d’exercer («j’y entends des tranches de vie qui m’enrichissent»).

Issu de la rude école du «Senhor Vinho», la meilleure maison de fado de Lisboa, il continue de s’y produire régulièrement. Ceci en plus des concerts qu’il donne dans le monde (presque) entier. Et, comme indiqué plus haut, non content de chanter le fado et de parfois s’accompagner à la viola, il est aussi, à l’instar de son jeune collègue Marco Oliveira, entendu récemment, et avec bonheur, à Paris, auteur et compositeur: sur son CD, il signe la quasi-totalité des textes chantés, et la musique de trois chansons.

On y trouve bien sur des textes sur l’amour, mais aussi un hommage à Rimbaud, un autre sur les méfaits des ragots (dit-on «fake news» aujourd’hui?), deux fados très virulents sur les méfaits de la commercialisation du fado, qui cherche à le formater et à lui enlever son authenticité. Duarte est aussi très attaché aux musiques du fado castiço, très présentes dans le CD, sans oublier des références à la musique alentejana, en digne enfant de cette province.

Duarte choisit avec soin ses musiciens dans la crème du fado lisboète (Paulo Parreira, Rogério Ferreira, Daniel Pinto, Pedro Amendoeira sur le CD) et nous retrouverons Salle Gaveau le trio qui nous enthousiasma à Fontenay: l’avisé Pedro Amendoeira à la guitarra, le tonique Luís Filipe à la viola et le métronomique Carlos Menezes à la viola baixa.

Conclusion: une superbe soirée à ne pas manquer, et après, tout l’hiver pour écouter au coin du feu (ou ailleurs si vous préférez) les fados du CD de Duarte.

 

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