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Après la traditionnelle «trêve» estivale, artistes et publics s’éparpillant au Portugal ou ailleurs, le fado hexagonal a repris ses activités. Avec des avancées et des reculs.

Commençons par ces derniers: peu avant l’été, le dernier lieu où l’on pouvait entendre du fado chaque semaine, l’Express, à Clichy, a fermé inopinément ses portes pour des raisons administratives. Il s’agit là de la disparition d’une enseigne historique du fado parisien, longtemps sise rue Cardinet, à Paris, où différents gérants se succédèrent, dont les plus marquants furent MM. Oliveira, dans les années 1980, puis Nuno Alves, qui reprit ensuite Le Parc, dans la même rue, puis Rui Alves, contraint voici quelques années de quitter Paris pour Clichy.

Une autre maison historique du fado, la Casa Saudade de Versailles, a changé de gérance, et si la cuisine y demeure aussi savoureuse, le fado y devient moins présent, maintenant mensuel alors qu’il était bimensuel jusque-là.

Enfin, ainsi que nous l’avions signalé voici peu, notre ami Nuno Estevens, violiste de grand talent est reparti, après six années fécondes pour le fado en France, au Portugal. Une perte pour nous, d’autant que les musiciens du fado sont peu nombreux sur notre territoire.

Il demeure cela dit que d’autres établissements poursuivent leurs programmations de fado avec régularité à Paris tel le Saudade chaque mois et Portologia, qui affiche complet depuis la rentrée pour ses soirées fado un mercredi sur deux.

Bonne nouvelle aussi pour les soirées du Coin du fado (1), qui ont connu deux années difficiles suite aux crues de la Seine qui avaient rendu indisponible son local «historique» de la place Saint Michel: salle pleine pour sa reprise d’octobre, et prochaine soirée prévue début décembre.

D’autres établissements continuent d’afficher aussi assez régulièrement des soirées fado, tels les Jardins de Montesson, le Vila Real à Paris, Real Fado à Ormesson, le Vilanova à Tourcoing, les Arcades près du Havre, la Mendigote à Saint Prix et quelques autres.

De plus en plus d’établissements programment du fado épisodiquement tant en région parisienne qu’en province, la quantité suppléant ainsi la régularité. Et les soirées de fado organisées par les associations demeurent nombreuses et très suivies par leurs publics. N’oublions pas, parmi elles les rendez-vous mensuels à Bry-sur-Marne de l’association Gaivota, où le fado est présent parmi d’autres expressions artistiques, et les concerts du groupe local Lusomélodies en Alsace.

Enfin, les concerts des vedettes du fado venues du Portugal demeurent encore rares en cet automne. Comme nous l’avons chroniqué dans ces colonnes (2), Marco Oliveira, jeune chanteur, musicien, auteur, compositeur, a joliment ouvert la saison voici quelques jours. Katia Guerreiro est attendue à Rouen, Duarte à Paris et Mariza pour une série de concerts en France qui se terminera Salle Pleyel à Paris le 8 décembre. Il faudra attendre 2019 pour voir et écouter António Zambujo, Carminho, Gisela João, Ricardo Ribeiro, déjà programmés, et probablement d’autres grands noms qui le seront bientôt.

Le fado sera donc bien présent en France dans les mois qui viennent, avec de belles soirées en perspective.

 

(1) Le Coin du fado publie aussi sur internet une liste assez complète des événements de fado à venir en France sur http://www.la-gauche-cactus.fr/SPIP/spip.php?breve117

(2) Dans notre article à propos du concert de Marco Oliveira, nous avons malencontreusement attribué la musique de Sous le pont Mirabeau, interprétée par Marco lors du concert, à Léo Ferré. Si celui-ci fut effectivement le créateur sur scène du célèbre poème de Guillaume Apollinaire, la musique chantée par Marco est en réalité l’œuvre du pianiste et compositeur portugais João Paulo Esteves da Silva, et c’est l’une des raisons pour laquelle Marco l’a mise à son répertoire

 

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