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Isilda Miranda est née à Braga. Elle y a fait ses études (sciences humaines) à l’Université locale. Jusqu’à treize ans (elle en a aujourd’hui vingt trois), elle chantait plutôt de la musique populaire et du folklore du Minho. Elle découvre alors la guitare portugaise, et surtout ce qui va avec: le fado. Coup de foudre qui la conduira quelques années plus tard à Lisboa, qui est pour elle «l’école du fado».

A Braga, dit-elle, «il y a pas mal de fadistes, mais peu de fado, faute d’endroits dédiés». A Lisboa, elle se produira dans quelques maisons de fado, dont la vénérable «Adega Machado», complètement modernisée, avec la bienveillance amicale de Marco Rodrigues, l’une des références du fado actuel.

Depuis un an, elle est installée à Paris. Pourquoi Paris? «Pour découvrir d’autres choses, parce que je savais qu’il y avait du fado, y étant déjà venue comme touriste. Et aussi, je reconnais que cela compte, parce que mon compagnon travaille ici».

En un an, elle s’est produite épisodiquement dans quelques occasions, découvert le milieu du fado («en quelques années, il a beaucoup changé, avec pas mal de nouvelles voix très talentueuses, on peut parler d’un fado de Paris qui a sa propre identité»).

Ce soir-là, elle est entrée sur la scène de la Chapelle des Lombards, rue de Lappe, lieu historique de la vie nocturne parisienne, invitée pour un mini-concert dans le cadre des «apéros-fado» organisés par les guitaristes Filipe de Sousa et Nuno Estevens. Robe noire toute de dentelles, avec un gentil soupçon de coquinerie. Belle présence en scène. Voix juste. Un répertoire faisant largement appel à des classiques du fado, Amália surtout («Amor de mel, amor de fel», «Nem às paredes confesso», «Senhor Vinho», «Júlia Florista», «Fado da sina» – ce dernier en fait créé par une autre grande fadiste, Hermínia Silva – et quelques autres), mais aussi «Rosa Branca», succès de Mariza ou «A chuva», du répertoire d’Ana Moura.

«Je choisis mon répertoire en fonction des thèmes qui me touchent.L’amour bien sur, la jalousie aussi». La jalousie? «Oui, elle fait partie des passions humaines». Et, puisque vous chantez «Senhor Vinho», le vin? Rires «Oh oui! J’ai une famille très nombreuse, vingt oncles et tantes, très joyeuse aussi. Dans les fêtes de famille, il y a beaucoup de monde, ça rit, ça chante, ça danse, et ça boit du vin, qui ne manque pas dans le Minho!»

Isilda Miranda rejoint donc la petite cohorte des «moins de trente ans» qui apporte au fado parisien des voix nouvelles et talentueuses, les Tânia Caetano, Daniela Costa, Sofia Paula Matos, la française Lizzie… ou les à peine plus âgées mais déjà installées dans la vie du fado parisien Jenyfer Rainho, Mónica Cunha, Lúcia Araújo, Teresa Carvalho, Cláudia Costa… sans oublier leurs ainées, Conçeição Guadalupe, Nina Tavares, Eugénia Maria…

Nous lui souhaitons la bienvenue, et beaucoup de jolies nuits de fado, comme celle de la Chapelle des Lombards.

 

 

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