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Le mouvement des «Gilets Jaunes» ne laisse personne indifférent. Depuis des semaines on assiste à des blocages au niveau de routes, de ronds-points, de péages ou de stations-services. Ce mouvement ne divise pas forcément la population qui est dans l’ensemble favorable aux revendications, toutefois les violences qui émaillent ces manifestations ne sont elles pas approuvées.

Daniel Alfarela, portugais qui n’est pas «Gilet Jaune», a décidé de s’exprimer. Cet homme de 39 ans, habitant à Paris, photographe et réalisateur, ne s’engage pas dans le mouvement, toutefois il soutient les Gilets Jaunes, dont il approuve la genèse du mouvement.

 

Que pensez-vous du mouvement Gilets Jaunes?

Le mouvement des Gilets Jaunes est, pour moi, un cri de détresse de ces familles et citoyens qui en ont le moins pour vivre. Avant d’être récupéré par tous les fronts politiques, et surtout l’opposition, ce fut une réaction à la hausse des carburants mais surtout un ras-le-bol général fruit d’une perte constante du pouvoir d’achat et cela depuis plusieurs années. Quelque part tout le monde l’attendait… Une grande partie le souhaitait et ça a fini par arriver. Le déclic carburant a entamé une révolte qui s’est généralisée… Tout le monde en prend pour son grade.

 

Vous les soutenez?

D’une part… oui! J’ai l’impression que beaucoup d’argent est gaspillé et que pour récupérer de l’argent, le Gouvernement ponctionne toujours la poche des contribuables. C’est révoltant! Vu que la seule manière que le peuple a de montrer son mécontentement c’est bien en faisant des manifestations. Je soutiens le principe et la genèse du mouvement. En revanche, le Gilets Jaunes est un mouvement populaire, spontané et donc désorganisé… Il perd le contrôle de lui-même, laissant place à des débordements qui tâchent les revendications. Un pourcentage de personnes qui en profite pour se défouler et déverser sa haine dans une démarche de destruction fait que le débat tourne finalement autour des dégâts vérifiés à la fin de chaque week-end de rassemblement. Les Français (ceux qui ne manifestent pas) ont peur de sortir dans les points sensibles, car nous craignons l’hypothèse pas si farfelue finalement d’être agressé, blessé ou même, et dans des cas extrêmes, de mourir. Or je ne peux pas soutenir un mouvement qui est en train de prendre des tournures de guerre civile.

 

Pourquoi ne pas les avoir rejoints?

Je devais descendre avec un collègue sur les Champs pour enregistrer une vidéo. Le matin, nous nous sommes appelés et étions tous les deux d’accord pour dire que c’était trop dangereux. Que ce soit pour nous ou que ce soit pour le matériel de tournage. Nous ne sommes finalement pas allés or, sur le principe, nous sommes tous les deux d’accord sur ce qui fait naître ce mouvement.

 

Qu’avez-vous pensé des mesures du Premier Ministre?

En écoutant les propos d’Édouard Philippe, je n’ai pas pu m’empêcher de penser que ces mesures sont du domaine du désespoir. Ce qui se passe en France s’est vérifié au moment du printemps Arabe. Le Gouvernement a peur et balance des mesures populistes qui répondent directement au revendications du mouvement des Gilets Jaunes. Souvent en donnant une période de 6 mois pour que les choses se calment. Pour agir après de façon définitive… Or, le grand souci est que le mouvement est à chaque semaine qui passe, moins maîtrisable et je n’ai pas l’impression que ces mesures soient efficaces pour calmer les manifestants. Au contraire. Je pense même que cela donne plus envie de continuer à faire pression…

 

Qu’attendez-vous des prochains jours?

Tout et rien… Le mouvement peut devenir plus virulent ou alors s’essouffler comme il a commencé. Je pense qu’à un moment venu, le Gouvernement va déployer des moyens de contrôle plus conséquents pour essayer d’arrêter l’hémorragie… Mais l’histoire nous montre que la population d’un pays a beaucoup de force, plus que le Gouvernement et les moyens de défense qu’il puisse avoir à sa disposition. Je ne pense pas qu’une révolution puisse éclater de ce mouvement, mais je ne suis pas si sûr du contraire non plus.

 

Êtes-vous inquiet pour ce samedi?

À vrai dire… je suis plus inquiet pour la suite que pour ce samedi. Nous ne sommes pas au bout de nos peines, ni de nos revendications…

 

 

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