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Le mouvement des «Gilets Jaunes» ne laisse personne indifférent. Depuis des semaines on assiste à des blocages au niveau de routes, de ronds-points, de péages ou de stations-services. Ce mouvement ne divise pas forcément la population qui est dans l’ensemble favorable aux revendications, toutefois les violences qui émaillent ces manifestations ne sont elles pas approuvées.

Miguel de Barros, Gilet Jaune de 30 ans, est actif et manifeste ce samedi. Pour le LusoJornal, cet homme de 30 ans, sociologue de formation en recherche d’emploi, nous explique pourquoi il a rejoint le mouvement et ce qu’il espère pour la suite.

 

Aviez-vous déjà participé à d’autres manifestations?

J’ai réellement commencé les manifestations en 2016 alors que j’étais à l’université contre la loi travail (El Khomri). J’ai participé à Nuit debout, d’ailleurs j’ai réalisé une enquête sociologique dessus. Depuis je participe à un grand nombre de manifestations: les cheminots, contre Parcoursup, pour le climat, les marches antiracistes et antisexistes. Les manifestations de 2016 signent un tournant par rapport aux autres mouvements sociaux des années précédentes (le CPE en 2007 ou la loi d’autonomie sur les universités LRU 2008 par exemple) car elle a vu l’émergence des «black blocs». De ce fait les manifestations que je connais ont toujours étaient teintées de violence à la fois de la part des manifestants mais aussi des forces de l’ordre. Cependant elles n’ont jamais atteint le niveau actuel de violence.

 

Pourquoi avoir rejoint le mouvement des Gilets Jaunes?

Le mouvement des Gilets Jaunes est un mouvement qui pour moi prône avant tout la justice fiscale. En effet, malgré une présentation poujadiste du mouvement (contre les impôts) par les médias, les manifestants n’ont aucun problème avec l’impôt, si celui-ci garanti des services publics de qualité. Ce qu’il se passe aujourd’hui c’est que les classes moyennes et populaires sont très fortement taxées et imposées, et en même temps (pour reprendre les termes du Gouvernement) de part les politiques d’austérité les services publics sont en nette régression. Par ailleurs, les riches sont abondamment servis par le Gouvernement, fin de l’ISF, mise en place de la Flat taxes (baisse d’impôt sur le capital), CICE (40 milliards d’euros pour les grandes entreprises)… et d’un autre côté, c’est la hausse de la CSG pour les retraités, la baisse des APL, la hausse des taxes sur le carburant, l’augmentation du gaz et de l’électricité. J’ai rejoint le mouvement des Gilets Jaunes car c’est un mouvement qui prône la justice fiscale, une démocratie plus participative et écologique. Ce qui me plaît dans ce mouvement et c’est ce qui le rend si particulier, c’est qu’il s’est créé en dehors de tout parti politique ou syndical. J’ai rejoint ce mouvement à travers les réseaux sociaux et je ne fais partie d’aucun groupe structuré en son sein. Je tiens à préciser en tant que Parisien, que la hausse du carburant ne me concerne pas directement, mais je me sens solidaire de tous ces Français qui dépendent de la voiture pour aller travailler.

 

Que faudrait-il faire pour arrêter les manifestations? Les mesures du Président sont satisfaisantes?

La situation actuelle est dans une forme d’impasse, dû aux positions du Gouvernement, qui n’a rien voulu lâcher les premières semaines. En effet de mon point de vue, si le Gouvernement avait baissé la taxe dès le début, la situation se serait apaisée et des négociations auraient pu voir le jour. L’erreur du Gouvernement a consisté à considérer ce mouvement, comme un mouvement social classique comme ceux émergents des centrales syndicales (comme la SNCF par exemple), et donc à utiliser les mêmes tactiques pour en finir, celles du rapport de force. Cependant, le mouvement actuel s’inscrit dans une situation extraordinaire de part sa spontanéité, le fait qu’il n’y ait pas de chef, et ses modes d’action; qui constitue actuellement sa force. Ce mouvement me plait fortement car il rejette les institutions politiques et toute tentative de récupération, il est et se veut très horizontal. Actuellement, les mesures du Président sont complètement insuffisantes car elles ne changent rien au pouvoir d’achat immédiat des Gilets Jaunes. Aujourd’hui, le Gouvernement est dans une impasse qu’il a lui-même créé et lui sera très difficile d’en sortir, surtout s’il se maintient sur une ligne idéologique aussi ferme notamment sur l’ISF. Aujourd’hui la porte de sortie passe nécessairement par le rétablissement de l’ISF dans un premier temps, et la hausse du pouvoir d’achat qui passe notamment dans les revendications par une augmentation du SMIC.

 

Qu’avez-vous ressenti en voyant les images de violences et de pillages, à Paris et dans d’autres villes?

A propos des violences: je déplore les violences, mais elles sont la conséquences des actions du Gouvernement. Malheureusement aujourd’hui la seule façon de se faire entendre semble ne passer que par la violence. Les derniers mouvements sociaux pacifiques n’ont conduit à rien. Néanmoins je suis profondément indigné de la violence sociale dans le pays, et le mépris dont fait preuve le Gouvernement. Les actes de dégradations matériels ne me touchent que très peu, en comparaison. Je suis surtout choqué par les violences policières et le nombre de blessés graves et de mutilés (perte d’œil au flashball, plusieurs lycéens avec les mains explosées par une grenade, femme de 80 ans tué à Marseille).

 

De part ses discours, qu’avez-vous pensé de l’attitude du Président de la République, Emmanuel Macron?

Macron joue avec le feu, et on pourrait parler pour reprendre les termes de l’historien Emmanuel Todd: «d’une stratégie du chaos du Gouvernement» qui cherche à travers la violence à décrédibiliser le mouvement (comme dans les anciens mouvements sociaux) mais celui-ci continue d’être soutenu par la population (près de 70%). Il joue à une stratégie très dangereuse, où personne actuellement ne peux en prédire le dénouement.

 

Que peut-on attendre de la journée?

La journée d’aujourd’hui risque d’être plus violente que les précédents rendez-vous. Personnellement j’espère que ce sera la dernière car j’appréhende fortement pour l’intégrité physique des Gilets Jaunes. Actuellement la balle est dans le camp du Gouvernement, qui va devoir faire des propositions beaucoup plus conséquentes sur le pouvoir d’achat pour que la situation s’apaise. S’il ne fait rien, la situation risque de s’envenimer encore plus et peut conduire à une situation catastrophique que personne ne souhaite.

 

 

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