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Egídio Martins a travaillé dans une multinationale de production musicale, collaborant avec de grands noms, tel Marc Lavoine. Il fait également partie, à la fin des années 1980, de l’aventure de la création d’une nouvelle chaîne de télévision, M6.

Dans «Conversas Soltas», LusoJornal a interviewé Egidio Martins, dans sa qualité de producteur, importateur et vendeur d’huile d’olive de son village de naissance. Un village, qu’on dit du Portugal de l’intérieur, le Portugal du schiste, le Portugal des sapins, le village de Bogas de Baixo.

Profitant d’une importante liste de contacts, Egídio Martins promeut en France sa propre marque d’huile d’olive, «Huiles d’Egidio» (2). Une marque d’huile d’olive créée par la passion que sa mère lui a transmis pour l’huile d’olive. Il devient par la même occasion un spécialiste de cet «or portugais» qui est l’huile d’olive.

Egidio Martins crée en 2013 sa marque d’huile à partir de son village, situé dans les abords de la montagne de Gardunha. Une manière à lui de nous transmettre des valeurs, des trésors d’une région un peu à l’abandon, oubliée, loin des centres de décision.

À l’écart de l’effervescence touristique, là où les naissances deviennent rares, Egidio Martins profite d’un savoir en risque de disparaître pour extraire des fruits bleus des oliviers le meilleur avec une huile aux reflets d’or vert, à l’intensité voluptueusement unique, sorti des olives «galegas», arbres que le temps n’a pas détruit, consommé, des oliviers noueux, centenaires, cueillis encore manuellement, souvent en haut d’échelles qu’on déplace à force des bras de l’homme. Une olive qui donne le meilleur d’elle-même, car loin des oliveraies industrielles, standardisées et affadies par les engrais et l’irrigation, elle est le fruit d’arbres anciens et isolés dans des jardins, parfois plantés jusqu’à 1.300 m d’altitude, soumis à des étés étouffants et des hivers rude.

Les racines profondes de ces oliviers séculaires de Bogas de Baixo et le stress hydrique qu’ils subissent, accentuent la puissance des polyphénols, ces antioxydants, à la fois gages de bienfait pour la santé et de force gustative. Cueillies à la main, puis doucement pressées à froid par les moulins des villages, les Galega révèlent ainsi leur onctueuse intensité.

Après une carrière professionnelle bien rempli, produire et vendre l’huile d’olive, pour Egidio Martins, c’est comme qu’un retour aux sources, à ses années d’enfance, une forme de rendre hommage aux siens et à ceux qui sont resté, gardiens de murs et qui persistent à rester au pays, au village de Bogas de Baixo.

Après la découverte de talents musicaux, Egidio Martins redécouvre l’huile d’olive, à qui il donnera, selon l’endroit géographique de sa cueillette, des noms de femmes: Maria, Rosa, Josefa…

Maria do Céu, la maman d’Egidio Martins, le guidera dans la redécouverte de la nature environnante de là où il est né. Fille de moulinier, Maria do Céu initie son fils aux différentes tâches qui vont de la cueillette des olives à l’arrivée d’huile d’olive dans nos plats. Le goût pour le bien faire, le goût du produit, incite Egidio Martins à accompagner lui-même les différentes phases, de la cueillette, au pressoir, au conditionnement, 6 mois plus tard.

La première cueillette d’Egidio Martins, en 2013, est une bonne surprise, et lui qui était vu comme un rêveur, se fait accepter par les villageois, qui finissent eux-mêmes, par venir demander conseil auprès de lui, car en plus du savoir-faire, il y a des attentions particulières à avoir: cueillir au bon moment, ne pas tarder à les emmener au pressoir, éviter qu’elle fermente, le conditionnement, la conservation, l’acidité, le bon moulin…

Goûteuse avertie, la maman, Maria do Céu dira: «Je ne sais pas si c’est la meilleure. Mais, meilleure, tu ne trouveras pas». Voilà la phrase magique qui restera dans la mémoire d’Egidio Martins et qui le réconfortera dans ses choix.

La production familiale ne pouvant suffire, le fils prodigue va de village en village, de maison en maison, convaincre ces paysans: Ana, António, Rosa, Luís Jorge… au savoir-faire ancestral, de cueillir désormais un peu plus que ce qu’ils destinent à leur consommation personnelle, pour lui céder le surplus d’huile qu’ils vont ainsi presser. Des oliviers qui commençaient à ne plus être cueillis, revivent, redialoguent avec ceux qui, pour diverses raisons, s’en étaient éloignés. Un réseau de petits producteurs se tisse, en même temps que le franco-portugais engrange les conseils des anciens et fait le tri des meilleures parcelles (se méfiant, par exemple, des oliviers en bordure de potager, trop irrigués et donc moins goûteux).

Egidio Martins, grâce à son réseau de connaissances, écoule une partie de sa production, des maisons spécialisées vendent son «or jaune», des restaurants non étoilés, mais aussi étoilés, donnent à l’Huile d’Egidio ses nobles galons.

Chacune de ces fioles, en tout cas, concentre l’histoire d’un territoire, de traditions, d’un parcours, prêts à renaître et resplendir dans nos assiettes.

Autant que cela, voire plus, Egidio Martins est fier de faire connaître une région qui le mérite: par ses paysages, ses gens, ses terres de schistes, son calme, des valeurs authentiques…

Les Huiles d’Egidio, une façon aussi de donner l’idée à d’autres de se lancer dans la commercialisation, pourquoi pas de miel, de fromage, de tissus en lin et bien d’autres – pas si fou que cela, l’idée – contribuant à ce que le Portugal qui se meurt revive. Il le mérite.

 

(1) https://lusojornal.com/conversas-soltas-egidio-martins-passou-da-promocao-musical-para-a-producao-de-azeite/

 

(2) https://www.huiledegidio.com/

 

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