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Isidore Fartaria (Vice-Président de Clermont Rugby), la passion clermontoise à la portugaise

LusoJornal / Marco Martins LusoJornal / Marco Martins

L’Association Sportive Montferrandaise Clermont Auvergne (ASM) a disputé sa 14ème finale du Championnat de rugby face à Toulouse, au Stade de France. Pour la 12ème fois, les Clermontois ont perdu, cette fois-ci sur le score de 24-18 face au Stade Toulousain du franco-portugais Thomas Ramos.

L’ASM est un des clubs historiques de la première division de rugby et a déjà remporté deux fois le Championnat, en 2010 et en 2017.

Au sein de l’effectif, des joueurs portugais sont passés par le club comme Julien Bardy, d’autres y sont devenus des symboles comme Morgan Parra, et d’autres vont découvrir le club la saison prochaine comme Mike Tadjer.

Un club auvergnat qui compte également sur un dirigeant portugais, passionné par le rugby, qu’il a pratiqué. Aujourd’hui il est à la tête du Groupe Titel Holding, et qui est Consul Honoraire du Portugal à Clermont-Ferrand: Isidore Fartaria.

LusoJornal est parti à la découverte de cet homme d’affaires qui est arrivé en France, en provenance du Portugal, avec ses parents, à l’âge de 8 ans.

 

Que peut-on dire sur cette finale?

Le résultat est à l’image de la saison qu’on vient de terminer. Ces six points ne représentent pas grand-chose, mais c’est énorme. Si on avait gagné ce match, on montait d’un cran sur la crémaillère pour passer au-dessus d’une équipe comme Toulouse. Bon… On a gagné des matches très importants, mais ce match il fallait le gagner, et on l’a perdu. Je n’ai pas de regrets spécifiques, tout simplement parce que l’équipe a été à son niveau. Il fallait peut-être jouer quelques coups, mais on a fait trop de fautes. Des fautes de main, on a manqué des plaquages, et puis il faut reconnaître que Toulouse nous a mis deux essais. Ce n’est pas le fait du hasard qu’ils soient là. On aurait pu faire le break à un moment donné, on ne l’a pas fait, et les choses sont devenues difficiles. Après, tout le monde veut sauver la Nation, jouer sa partition et on a le résultat qu’on a. Personnellement, je n’ai aucun regret.

 

Quel bilan peut-on faire justement de la saison?

C’est une très, très bonne saison pour Clermont. Il ne faut pas oublier que la saison dernière on a fini 9ème du Top-14 et qu’on avait loupé la qualification pour la Coupe d’Europe. Cette année on termine deuxième, on a été Champions d’automne, on a été la plus belle équipe jusqu’à fin décembre. On a également pris 35 points sur 35 en Coupe d’Europe, même si c’est le Challenge Européen. Et on a ramené le Challenge Européen à Clermont ce qui n’était plus arrivé depuis 2007. C’était notre troisième ‘petite’ coupe d’Europe après 1999 et 2007. C’est donc une très belle saison.

 

Clermont-Ferrand est une ville de rugby?

La ville, c’est un peu particulier. Il y a eu en son temps les «Demoiselles de Clermont» qui jouaient au basket-ball. On a une équipe de football qui joue en Ligue 2. Mais Clermont-Ferrand est une ville qui respire, qui sent, qui pue le rugby. C’est comme ça depuis 1911, depuis que le club existe. C’est un des seuls clubs, avec Toulouse, qui n’a jamais quitté l’élite du rugby français. On a un engouement pour le rugby dans cette région qui est extraordinaire. Par exemple les voitures que l’on voit venir aux matchs, viennent de Saône-et-Loire, de l’Allier, de la Haute-Loire, du Cantal, de la Creuse et de la Corrèze, donc oui, on transpire le rugby. On a un club de supporters avec presque 11.000 abonnés sur un total de 18.000 places dans notre stade. On a des gens fidèles et qui nous suivent depuis des années. Après la finale, ils doivent être déçus, mais je suis certain qu’ils viendront chercher leur carte d’abonné très bientôt.

 

D’où est venue votre passion pour le rugby?

Quand on est arrivé en France, en 1962, j’habitais un petit village qui s’appelle Blanzat et j’avais 8 ans. Jacques Dargon, ancien joueur de l’ASM, y habitait. Il a voulu monter une équipe de jeunes, donc il a fait du porteàporte. A l’époque, avec 10 ans, j’y suis allé. J’aurais pu aller au football ou au basket, mais je suis allé au rugby. Ensuite, j’ai entraîné mes frères dans l’équipe, on y a joué tous ensemble. Le rugby a toujours été mon sport favori. Ce n’était pas celui de mon père. Pour mon père, il n’y avait que le football et Benfica. C’est notre passion et dès que j’ai eu les moyens, je suis devenu un sponsor de l’ASM. En 2004, Édouard Michelin et René Zingraff, cogérants de la maison Michelin, m’ont demandé de rentrer au Conseil d’Administration de l’ASM, et ensuite d’en devenir le Vice-Président. Je suis également un des principaux sponsors à travers la société Labo France.

 

L’ASM est votre club de cœur?

Quand j’habitais Blanzat, notre club de cœur, c’était l’ASM. Mon père n’avait pas les cinq francs pour que j’aille regarder les matchs de l’intérieur, donc avec des copains, on avait mis en place des petits supports qu’on mettait dans les grilles et on regardait le match par-dessus cette grille. C’est une belle histoire car quelques années plus tard j’en suis devenu le Vice-Président.

 

La saison prochaine, l’ASM aura deux joueurs avec des origines portugaises, Mike Tadjer et Morgan Parra…

On en a eu d’autres comme l’international portugais Julien Bardy, qui aujourd’hui est à Montpellier. Mais je pense quand même que les Portugais ont plus vibré pour l’arrivée de l’entraineure Helena Costa, nommée par Claude Michy. Elle a fait 15 jours, mais j’avais senti la Communauté portugaise très imprégnée par le football. C’est d’ailleurs un peu dommage. Je pense qu’avec des joueurs portugais, ils pourraient avoir plus de public au niveau du football. Par exemple aujourd’hui beaucoup d’entreprises portugaises ou françaises dirigées par des Portugais sont sponsors de l’ASM, comme des artisans aussi. Ce sont des petits sponsors, mais ils font partie des 450 sponsors que le club a en ce moment.

 

On voit de plus en plus de jeunes lusodescendants apparaître dans le rugby…

C’est une autre génération. C’est vrai dans le rugby mais également dans l’économie. Les Portugais quand ils sont arrivés en France, ils étaient ouvriers, mais aujourd’hui vous en avez qui sont PDG, dirigeants, gérants, médecins et architectes. Cette 2ème, 3ème génération de Portugais qui s’est installée en Auvergne, elle est passée un peu dautre chose. Je ne vois pas pourquoi le rugby y échapperait. Cela fait partie de l’évolution des générations qui se sont installées dans les années 60-70, voire 80, qui aujourd’hui on l’âge d’avoir des enfants qui peuvent jouer au rugby.

 

La Sélection portugaise est remontée au second échelon du rugby européen, c’est important?

J’ai rencontré les deux derniers Présidents de la Fédération Portugaise de rugby. Je suis très heureux que le rugby reparte au Portugal, et j’ai toujours dit qu’en tant que Vice-Président de l’ASM, j’étais à la disposition du rugby portugais et des Présidents qui gèrent le rugby au Portugal, pour faire des choses avec l’ASM. On peut pratiquer les échanges de joueurs, on peut faire des matchs, on peut faire plein de choses. On peut être un ambassadeur pour faire le lien entre le rugby auvergnat, avec l’ASM, et le rugby portugais.

 

Patrice Lagisquet peut devenir le Sélectionneur du Portugal, qu’en pensez-vous?

Lagisquet, c’était un très bon joueur, très reconnu, et très réputé. S’il a des ambitions pour devenir l’entraîneur de la Sélection portugaise, je pense que c’est une plus-value. Un joueur français ou un entraîneur français ne peut qu’apporter un plus. En France, on va bien chercher des entraîneurs en Nouvelle-Zélande ou en Australie, ainsi que des joueurs. C’est un plus. Le rugby portugais n’est pas, pour l’instant, assez connu pour attirer des joueurs d’autres pays. D’ailleurs, il va y avoir une concurrence avec le rugby américain. L’ASM va prendre des parts dans un club américain avec lequel on va pratiquer l’échange de joueurs. Le rugby portugais devrait s’inspirer de tels accords. Si Lagisquet devient le nouveau Sélectionneur du Portugal, je lui souhaite bonne chance.

 

La Communauté portugaise est de plus en plus importante à Clermont Ferrand?

La Communauté portugaise se compose de 30.000 personnes. Je vois bien les personnes qui défilent dans les bureaux, car je suis le Consul Honoraire à Clermont-Ferrand. D’ailleurs j’avais une secrétaire, maintenant j’en ai deux. Elles ont pas mal de travail. La Communauté étant très présente dans ce département, qui est une des premières Communautés françaises, les personnes ont des enfants et ces enfants pratiquent des sports. Au bout d’un moment, certains vont se révéler, que ce soit dans le football, le rugby, le basket ou le handball. Ils sont d’origine portugaises et je pense qu’il y en aura toujours qui vont percer comme Thomas Ramos à Toulouse, Morgan Parra à Clermont, entre autres. Toutefois, je sens que ces jeunes se sentent plus Portugais quand ils pratiquent le football que quand ils pratiquent un autre sport. Les joueurs de football revendiquent vraiment plus leurs origines portugaises, enfin c’est le sentiment que j’ai.

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