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Comme tout et chacun, les artistes, eux aussi, sont impactés par cette période bien difficile et particulière que notre monde traverse.

L’humoriste José Cruz, qui, avec sa vidéo «Saudade», vient de dépasser le million de vues, LusoJornal lui a posé la question de comment il réagit à la période actuelle de sa vie et à celle de notre terre. LusoJornal lui a également demandé de parler de son sketch «Saudade» et de ce qui représente ce mot, des plus internationaux de la langue portugaise.

 

Qu’avez-vous fait pendant la période de confinement?

Tout d’abord, il a fallu réorganiser toutes les représentations de mon spectacle «En Construction». En effet, j’avais de nombreuses dates prévues entre mars et juillet et j’ai dû tout réorganiser avec les théâtres et mon équipe afin de les décaler à partir de la rentrée en septembre. Et, comme les théâtres étaient fermés, j’en ai profité pour écrire et tourner encore plus de vidéos que j’ai diffusées sur ma page Facebook et YouTube car je ne voulais pas m’arrêter de jouer. Finalement, durant cette période j’ai travaillé autant qu’en période normale.

 

Pensez-vous que la situation actuelle est préoccupante?

Oui, nous vivons une situation exceptionnelle et préoccupante… Le monde entier a dû retenir son souffle et malgré toutes les mesures qui ont été prises, le virus s’est propagé et aujourd’hui, il est toujours actif… Nous sommes entrés dans le déconfinement mais le risque est toujours là et nous oblige à adopter un nouveau mode de vie. Des masques, des contacts limités, des limitations de rassemblement… Et, malheureusement, nous ne savons toujours pas jusqu’à quand nous devrons vivre ainsi et c’est bien sûr préoccupant, car c’est un changement profond et brutal dans nos modes de vie.

 

Qu’espérez-vous du «nouveau monde»?

Ce n’est pas un «nouveau monde»! Un «nouveau monde» implique un changement complet. La disparition d’une civilisation au profit d’une autre. Or, ce n’est pas le cas! Nous sommes toujours là. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un nouveau départ! Pendant le confinement, nous avons «redécouvert» que la nature était plus forte que l’homme et que le virus ne faisait pas de distinction de couleur de peau, ni entre riches et pauvres. Et nous avons constatés que les personnes et métiers qui étaient les moins valorisés étaient finalement les métiers indispensables pour faire «tourner notre monde». Sans éboueurs, les villes seraient dans un état catastrophique… Sans routiers, le monde aurait été paralysé… Sans agriculteurs, nous n’aurions pas pu nous nourrir… Sans caissières et sans magasiniers nous n’aurions pas pu nous approvisionner… Et sans les personnels soignants qui nous alertaient depuis des années sur l’état de l’hôpital et qui se sont fait «gazer» par les forces de l’ordre quelques semaines avant le confinement, nous serions dans une situation certainement beaucoup plus tragique. Pendant le confinement, tous ces gens étaient des héros. Nous les avons applaudis. Nous leur avons écrit des messages sur nos fenêtres. Et nous les avons mis en première page de nos journaux. A juste titre! Alors, maintenant et demain, il faudra s’en souvenir! C’est cela le «nouveau départ»: ne pas oublier! Il nous appartient de rendre notre monde meilleur, comme il appartient à nos dirigeants de le rendre plus juste.

 

Comment vous est venu l’idée du sketch «Saudade»?

Avec un million de vues cumulées en 5 mois, avec deux versions, une en français et une en portugais, je suis très fier du parcours de cette vidéo. C’est sûrement ma vidéo la plus personnelle et la plus profonde… Elle fait partie d’un cycle de vidéos que j’ai écrit et réalisé suite à ma tournée de l’été 2019 au Portugal. Cette tournée m’a beaucoup marqué. J’allais jouer chez les gens contre le gîte, le couvert et la douche… J’ai vécu parmi eux et j’ai découvert que, quels que soient les générations, les régions d’origine au Portugal ou les niveaux d’études ou sociaux, la Saudade était toujours là… La Saudade est un lien qui unit les Portugais du monde entier. C’est le fil invisible qui nous ramène chaque été au pays de nos ancêtres. C’était au départ une vidéo en hommage à mes parents et à ma famille et finalement, les gens du monde entier, pas seulement les Portugais mais également des immigrés issus d’autres pays, se sont identifiés à cette histoire… J’en suis agréablement surpris et très fier.

 

Le mot «Saudade» est bien propre au Portugal. Comment arrive-t-on à l’expliquer dans la langue de Molière?

Difficilement à vrai dire… Pour le savoir, il faut regarder la vidéo (rires). Mais, pour en donner un aperçu, j’aime dire que la «Saudade» est une «triste allégresse».

 

La «Saudade» en cette période de Covid-19 est plus que jamais à l’ordre du jour?

Certainement. La vidéo qui est sortie en décembre 2019 pour la version portugaise et janvier 2020 pour la version française, soit deux mois à peine avant le confinement, a résonné comme un écho face à cette angoisse et interrogation due au Covid-19, à savoir: «Reverra-t-on le Portugal et notre famille l’été prochain?». Cette séparation forcée momentanée pour le bien de tous provoque de la «Saudade». Et j’ai reçu des centaines de messages et commentaires à ce sujet du monde entier (Canada, Venezuela, Panama, Suisse, Belgique, Luxembourg, Australie…). À chaque fois, il y avait cette incertitude sur les vacances d’été au Portugal… Cette «Saudade» face à cet avenir inconnu… Mais, il y avait aussi dans tous ces messages, la force d’affronter cette incertitude pour retrouver au plus vite notre Portugal. La «Saudade» n’est pas que tristesse, c’est aussi une énergie et le courage d’aller de l’avant, d’affronter les péripéties de la vie et les éléments de la nature et de toujours continuer à croire en l’avenir. C’est en cela que la «Saudade» se différencie du blues, du spleen et même de la nostalgie. Avec la «Saudade», on n’abandonne pas ses rêves, ses amours et ses envies, on les garde au contraire bien au chaud et bien vivants à l’abri, dans un coin de notre cœur. Alors, soyons forts et confiants, respectons les consignes et les mesures de protection, veillons les uns sur les autres et donnons-nous rdv au Portugal ou ailleurs, le plus vite possible… Au mois d’août par exemple, «se Deus quiser!».

 

Version française:
www.youtube.com/watch?v=lcvGHfn1XJw

 

Version portugaise:
www.youtube.com/watch?v=uQ6TpYLOutc

 

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