Le jardin merveilleux et autres lieux du poète bahianais Natan Barreto

La Librairie Portugaise et Brésilienne accueillait, mercredi 6 novembre, le poète Natan Barreto pour la présentation de son recueil de poèmes «Um quintal e outros cantos» (éd. Editus-Université d’État de Santa Cruz, 2018). La rencontre était animée par la journaliste et écrivaine Mazé Chotil.

C’est à Paris que Natan Barreto a découvert l’Europe, il y a plus de vingt ans, avant de s’installer à Londres où il vit actuellement. Né dans la banlieue de Salvador de Bahia, précisément à Periperi – le jardin (quintal) de son enfance et de son adolescence – Natan Barreto est professeur de l’école primaire et traducteur. Il a été également modèle et acteur. En poésie, il a publié cinq recueils et obtenu, en 2017, le Prix Sosígenes Costa pour le présent volume. Quelques-uns de ses poèmes font partie de l’anthologie bilingue «Poets adrift: first anthology of brazilian diaspora poetry/ Poetas à deriva: primeira antologia da poesia da diáspora brasileira» (2013), réunissant six poètes brésiliens.

Répondant aux questions de Mazé Chotil sur son itinéraire personnel et poétique, Natan Barreto évoque longuement et avec beaucoup de sensibilité les souvenirs de sa maison natale à Periperi, qui était aussi une école puisque sa mère y enseignait aux enfants du quartier. C’est dans cette maison et son jardin (le « quintal») entouré de sept manguiers qu’il revient souvent, d’où le livre «Entre mangueiras: a vida de Eunice Palma» (2011).

«Um quintal e outros cantos» est avant tout un livre de mémoires d’un temps vécu ou que le poète réinvente: «O tempo tece em nós tantos retalhos, / talha momentos, que depois ecoa, / esculpe culpas, que em silêncio soa – / mistura em nossa mente os seus atalhos » (vers extraits du poème «Memória»).

Au passage, on notera le goût du poète pour la sonorité des mots et la mélodie des vers, comme dans cet autre poème, «A viagem de quem volta»: «E a quem partiu, a volta resta, / para que seja descoberto o resto / do que ficou para trás e ainda presta: / olhar, palavra, som, silêncio, gesto». Cette attirance pour la résonance du mot et pour le rythme du vers, dit-il, lui vient notamment des chansons populaires brésiliennes qu’il aimait entendre.

Cependant, dans le titre de ce recueil il y a aussi le mot «cantos», qui permet à l’auteur de jouer avec son double sens (chants, lieux). Et ces autres lieux ce sont tous ceux que Natan Barreto a parcourus et dont il garde des souvenirs tantôt joyeux tantôt amers, comme cette chambre qu’il avait occupée à Rio et qu’il découvrira bien plus tard qu’elle se trouvait tout près de la fameuse librairie Travessa, à Botafogo, là-même où il a récemment présenté le présent recueil. Ou ces souvenirs de moments de solitude dans rue de Harlem, ou encore de son séjour à Paris où il était modèle dans une école de beaux-arts, de cet amour fleurissant à Amsterdam ou d’un autre amour finissant dans le Minas Gerais…

La soirée s’est prolongée par des échanges entre le poète et le public et par de nombreuses lectures de poèmes extraits de «Meu quintal e outros cantos».

 

 

LusoJornal