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Les histoires entre l’île de la Réunion et le Portugal

Comunidade

 

Loin de nous l’idée de provoquer une nouvelle guerre des Malouines, d’autant plus que, plusieurs ont été les découvreurs des îles de la Réunion. Les Portugais furent les premiers européens à approcher cette île qui a porté plusieurs noms tout au long de son histoire.

Les premiers humains à arriver sur l’île seraient sans doute des navigateurs arabes, qui auraient donné le nom de Dina Morgabin – ou Diva Morgabine – à cette petite île de l’Océan Indien. Ce nom figure pour la première fois sur une carte d’Alberto Cantino, datant de 1502. Alberto Cantino est connu pour avoir dérobé pour le compte d’Hercule 1er d’Este, Duc de Ferrare, les connaissances cartographiques des Portugais à Lisboa en les faisant copier sous la forme d’un planisphère appelé depuis, Planisphère Cantino.

Après les navigateurs arabes, ce sont les Portugais qui explorent cette partie du monde. En 1498, Vasco de Gama mène alors la première grande expédition européenne dans la zone Océan Indien.

Diogo Dias fait partie des Capitaines qui accompagnèrent Pedro Álvares Cabral dans la découverte du Brésil. La flotte reprit la mer après cette découverte le 2 mai 1500 et navigua le long des côtes est de l’Amérique du Sud. Autour du 5 mai, la flotte vira de bord vers l’Afrique. Le 24 mai ils traversèrent une tempête dans la zone de haute pression de l’Atlantique Sud, provoquant la perte de quatre bateaux. L’emplacement exact du désastre n’est pas connu. En raison de cette forte tempête, le vaisseau de Diogo Dias fut séparé de la flotte de Pedro Álvares Cabral au niveau du cap de Bonne-Espérance. Le bateau de Diogo Dias profita pour explorer à cette occasion les eaux de l’Océan Indien. Des historiens soutiennent que Diogo Dias aurait été le premier Européen à découvrir, autour de juillet 1500, les îles de La Réunion.

L’histoire retiendra que l’île sera officiellement aperçue par un autre navigateur portugais, Tristan da Cunha, le 9 février 1507, jour de la Sainte Apolline. En 1518 l’île, nommée alors de Santa Apolónia, figure sur une carte portugaise. Deux ans plus tard, avec Rodrigues et Maurice, elles prennent le nom de Islas Mascarenhas d’après le nom d’un navigateur en route vers Goa.

Le nom de Mascarenhas viendrait du fait que le navigateur portugais Pedro de Mascarenhas aurait navigué dans la zone entre les années 1512 et 1516. Ce navigateur, né à Mértola en 1848, est décédé en 1555 dans la colonie portugaise de Goa (Inde). Il donna son nom à cet archipel situé à l’est de Madagascar qu’il découvrit. On considère que ce dernier a également découvert un autre archipel, toutefois c’est par le nom d’un compatriote, Rodrigues (Diogo Rodrigues) qu’il est connu.

Au début du XVIIe siècle, des marins hollandais et anglais font escale dans l’île de la Réunion, l’île reste, toutefois un simple point de repère sur les cartes des navigateurs.

Il faudra attendre 1638 pour que les premiers Français prennent possession du territoire. C’est le Commandant Salomon Goubert qui pose le premier pied français sur l’île, au nom du roi Louis XIII. Il arrive avec deux navires partis du port de Dieppe le 15 janvier 1638 – la Marguerite et le Saint-Alexis. Ils atteignent les côtes le 29 juin 1638, jour de la Saint-Paul, et donnent à la baie le nom de l’apôtre. Une seconde prise de possession française intervient en 1642, menée par Jacques de Pronis, alors Gouverneur de Fort Dauphin à Madagascar. L’île demeure inhabitée.

Ce n’est qu’en 1646 que les premiers habitants s’installent à Mascarin… mais ils ne viennent pas de leur plein gré. Il s’agit en effet d’une douzaine de mutins, exilés de Madagascar. Ils sont débarqués avec quelques chèvres et des semences, personne ne donnait cher de leurs peaux.

 

Revenons sur d’autres liaisons entre le Portugal et les Portugais qui se feront bien plus tard après la découverte portugaise de l’île.

Citons l’un des patronymes des plus répandus dans l’île, à l’origine du même ancêtre: Manuel Teixeira da Motta. Il est né en Inde et arrive à la Réunion en 1678. Avec lui sont venues quatorze filles indo-portugaises, qui deviendront les mères de nombreux premiers Réunionnais – le métissage est ici aussi ancien que la présence humaine. Da Motta allait créer ce qui aurait été la première auberge sur cette île où le tourisme est aujourd’hui la principale ressource économique. Et il laissera une descendance abondante, lorsqu’il mourut à l’âge 92 ans.

Nombreux ont été les pirates qui trouveront à La Réunion une porte pour quitter la dangereuse aventure des mers et cultiver la terre. Ancêtres de nombreux Réunionnais, certains de leurs noms de famille subsistent à ce jour.

Unique est l’histoire de La Buse, le plus célèbre des pirates à avoir traversé l’île. En 1721, il est parti à la chasse aux navires des compagnies des Indes, lorsqu’il apprend l’existence d’un bateau qui, victime d’un cyclone, se met à l’abri à Saint-Denis, actuelle capitale de la Réunion. Ce n’était autre que le navire portugais Nossa Senhora do Cabo, qui a quitté ses amarres à Goa pour se rendre à Lisboa – à son bord se trouve le Vice-Roi portugais des Indes et une impressionnante cargaison d’or, d’épices, de tissus et de bois précieux. Résultat: l’un des pillages les plus fabuleux de toute l’histoire maritime.

La Buse, capturé des années plus tard, deviendra le seul pirate pendu à la Réunion. Son exécution en 1730 marque la fin de la piraterie. Mais sa légende perdure: en route vers la mort, le pirate crie vers la foule: «Mon trésor à qui sait le trouver!»

La France au XVIIIème siècle cherche à coloniser et développer l’île de la Réunion, pour se faire, on se procure de la main-d’œuvre africaine. Des négociants de Saint-Denis vont recruter dans des zones prohibées, telles que les colonies portugaises de la côte orientale de l’Afrique. Or, le Gouvernement de Lisboa refuse formellement le recrutement de travailleurs à destination des îles françaises. Malgré les tentatives d’accord entre le Portugal et la France, les autorités mozambicaines découragent les recruteurs français de venir sur leur territoire dès les années 1848-1850.

Dans la réalité, certains ports du Mozambique sont particulièrement fréquentés comme Ibo, Quelimane, Mozambique et Inhambane. José Capela et Eduardo Medeiros estiment que pour la seule année 1857, les recruteurs ont embarqué près de 10.000 Mozambicains et 2.000 autres auraient finalement rejoint les îles françaises après un passage aux Comores. Le Ministre portugais des Colonies, Sá da Bandeira, explique dans une correspondance avec le Gouverneur de La Réunion que des lettres arrivant de Mozambique accusent la France de trafiquer sur la côte d’Afrique. Le 8 août 1856, on lui écrit que «cinq navires sont venus pour exporter des esclaves sous le nom de colons». Le 25 décembre 1856, on lui rapporte de Lourenço-Marques que «dans le port de Mozambique les navires français de l’île de La Réunion prennent publiquement des chargements de nègres, décorés du modeste titre de travailleurs engagés, mais ils ont des colliers de fer au cou».

Rappelons qu’il y a eu un cheminement progressif qui a abouti au décret du 27 avril 1848 qui aboli l’esclavage dans toutes les colonies françaises. De toute évidence le respect de ce décret pris du temps à se généraliser.

Les principes définis à Lisboa restent difficiles à mettre en application. En 1856, le Capitaine de l’Héléna aurait même signé un traité avec le Gouverneur du Mozambique lui permettant de recruter 2.500 engagés. Si le recrutement dans cette colonie est officiellement prohibé, les Gouverneurs portugais semblent facilement corruptibles, les revenus de la traite venant compléter leur faible solde. Sur les quelques contrats retrouvés, il est prévu une taxe pour le Roi du Portugal qui allait en réalité directement dans les poches des Gouverneurs.

 

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