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L’Association pour le Développement des Études Portugaises, Brésiliennes, d’Afrique et d’Asie lusophones (ADEPBA) vient d’écrire au Ministre français de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, dénonçant les discriminations de la langue portugaise dans la nouvelle reforme du lycée. La lettre est signée par Christophe Gonzalez, Président de l’ADEPBA.

Nous transcrivons le lettre:

Monsieur le Ministre,

L’ADEPBA enregistre avec satisfaction l’offre de 12 postes aux concours interne et externe du Capes de portugais, augmentation pour laquelle notre association est maintes fois intervenue auprès de vos services.

Pourtant, premier point, au même moment, l’avenir de l’enseignement du portugais nous semble être mis en cause par les modalités de la réforme du lycée et du baccalauréat. Pire, la mise en œuvre annoncée constitue un véritable danger d’éradication des langues dites «rares», singulièrement du portugais. En effet, la liste des enseignements de spécialité en LLCE ne contient que l’anglais, l’allemand, l’espagnol, l’italien, ainsi que les langues régionales.

Au plan des principes et de la réalité linguistique, cette situation d’exclusion est aberrante concernant une langue parlée par 250 millions de locuteurs dans divers pays du monde: cette dimension internationale est bien loin de caractériser certaines langues retenues! Par ailleurs, cette réduction de l’offre est incompréhensible dans certains territoires, notamment en Guyane, pour le portugais. Il est évident que devant le manque de perspectives créées par la réforme, les élèves risquent de se détourner de la LVA ou LVB portugais puisqu’ils ne pourront pas en approfondir l’étude en spécialité.

L’ADEPBA demande que le choix des langues pour cet enseignement de spécialité LLCE soit ouvert aux langues dites «rares» en tenant compte de leur aire d’implantation (singulièrement en Guyane), et quitte à créer des pôles stratégiques (EIE: Enseignement Inter Etablissements) dans divers lycées où les élèves iraient suivre cette spécialité. Bien sûr, cette demande s’applique encore au réseau des établissements français à l’étranger AEFE.

Par ailleurs, deuxième point, le choix de la langue au baccalauréat est un droit, les candidats pouvant permuter les langues lors de l’inscription à l’examen.

L’ADEPBA demande le maintien de cette permutation entre LVB et LVA d’une part, et entre LVC et LVB pour les candidats suivant un enseignement de portugais dans leur établissement.

Enfin, troisièmement, force est de constater que de nombreux chefs d’établissements considèrent que l’enseignement optionnel est facultatif. Dans la perspective de cette réforme, la LVC et les Sections européennes, dispositifs qui proposent des parcours renforçant l’attractivité des langues dites «rares», seront supprimés.

L’ADEPBA demande que l’option LVC soit valorisée par un coefficient 2, comme l’est à l’heure actuelle la LV3 (option facultative, mais dont les points au-dessus de la moyenne sont multipliés par 2), afin de préserver l’enseignement des langues autres que les habituelles. En effet la réforme dilue le bénéfice de la LVC: intégré aux 10% de la moyenne des notes des enseignements de tronc commun, la LVC ne représentera que 0,4% de la note finale. Un pourcentage infime qui ne peut motiver le choix d’une LVC, sans épreuve terminale, sans pondération, pour laquelle seront consacrées 3 heures par semaine, de la seconde à la terminale!

Par surcroît, et même si le Ministère n’est qu’indirectement impliqué dans cet argument, l’avenir de la LVC est encore grandement fragilisé par le fait de n’être plus financée dans les DGH, mais prise sur la marge destinée à la prise en charge d’un grand nombre d’actions. Afin que l’existence des options soit effective et ne dépende pas d’une décision locale, il serait souhaitable que la dotation horaire des établissements soit renforcée par une enveloppe spécifique pour les options. Mais, du reste, on ne peut que s’inquiéter de la disparition des options à choisir dès l’entrée en Seconde du nouveau lycée.

Monsieur le Ministre, espérant vous avoir convaincu sur les trois point abordés – 1) le rétablissement du portugais, langue d’usage international, dans la liste des enseignements de spécialité, 2) le maintien de la permutation des langues en vue du baccalauréat, 3) la question des options – veuillez recevoir l’expression de notre considération respectueuse.

Christophe Gonzalez

Président de l’ADEPBA

 

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