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L’île de Sainte Hélène est située au milieu de l’Atlantique Sud, ce qui rend difficile à la rattacher à l’un au l’autre des continents. Étant plus proche de l’Afrique, c’est à ce continent qu’on a défini son appartenance.

L’île n’a que 122 km2 et à peine un peu plus de 4.000 habitants. Malgré sa dimension, l’Île de Sainte Hélène est assez célèbre.

Remontons l’histoire. Elle débute il y a tout juste 520 ans, ce 18 août.

On pourra dire de Sainte Hélène:

João da Nova l’a découvert

Fernão Lopes l’a colonisée

Napoléon Bonaparte l’a rendu célèbre.

 

João da Nova, navigateur galicien, a découvert en 1502 l’île de Sainte Hélène alors qu’il était au service du Portugal. Il se dirigeait vers l’Inde, quand il a découvert cette île ainsi que l’île de l’Ascension.

Selon le chroniqueur Gaspar Correia, l’île entre vraiment dans l’histoire qu’avec D. Garcia de Noronha, Capitaine-major de la flotte de six navires qui quitta Lisboa pour l’Inde en 1511. Lors de ce voyage, il n’a pas seulement vu l’île, ses pilotes l’ont mis sur leurs cartes. Cet événement sera décisif pour transformer Sainte-Hélène en une escale régulière pour les flottes revenant de l’Inde au Portugal, à partir de cette date, jusqu’au XVIIe siècle.

Dans la revue «Le petit échos de la mode» du 6 septembre 1925, on peut lire: «L’Île de Sainte-Hélène fut appelée de ce nom, parce que découverte le jour de la fête de Sainte Hélène, le 18 août 1502. Elle fut abandonnée des Portugais, à cause de sa stérilité; mais les Hollandais s’en emparent ensuite, y semèrent du genêt épineux, et ses plages mélancoliques se changèrent alors en fertiles et riantes prairies», commentaire qu’il faut nuancer.

Le Portugal n’a jamais colonisé Sainte-Hélène. L’île sera occupée par la marine britannique à partir du au XIXe siècle, toutefois c’est un Portugais le premier habitant permanent de l’île, il s’agit du soldat portugais Fernão Lopes. Il y reste isolé de 1515 à 1545, à l’exception d’une brève visite en Europe. Un vrai roman que l’histoire de Fernão Lopes, ce solitaire habitera seul dans l’île de Sainte Hélène pendant 30 ans.

L’écuyer Fernão Lopes, né à Lisboa était une personne ordinaire à l’époque. Un homme du peuple. Comme tant de ses compatriotes, Fernão Lopes cherchait fortune en devenant plus qu’un simple écuyer: la seule option était d’aller en Inde, dont il espérait revenir à Lisboa et obtenir une nomination à un poste de commandement qui lui permettrait de faire un bond en avant dans sa carrière.

L’histoire dramatique et insolite de ce personnage a charmé l’historien Abdul Rahman Azzam, titulaire d’un doctorat en histoire de l’Université d’Oxford. En 2018, il a publié le livre «L’autre exil, l’histoire fascinante de Fernão Lopes, de l’île Sainte-Hélène et d’un paradis perdu».

Le 6 avril 1506, Fernão Lopes quitte le Portugal, plein d’espoir, avec à peine vingt ans. Huit ans s’étaient écoulés depuis que Vasco de Gama avait quitté Lisboa à la découverte de l’Inde. Fernão Lopes part à bord d’un des 15 navires qui composaient la flotte portugaise. Deux figures de proue partaient également: le Capitaine-major Tristão da Cunha. C’était un noble distingué et un homme de confiance du roi Manuel Ier. Deux ans plus tôt, le roi l’avait nommé premier vice-roi de l’Inde portugaise. Lors de ce voyage, partait aussi son cousin, le redoutable Afonso de Albuquerque.

Arrivés en Inde, Fernão Lopes aspirait à une bataille où il pourrait montrer sa qualité et, par conséquent, devenir chevalier. Cela s’est produit lors de la bataille de Diu, où ils ont vaincu une flotte mamelouk.

Fernão Lopes, nommé Chevalier, accompagne la flotte qui se dirige vers Goa, important port indien. Là, il entre en escarmouches avec des Indiens.

Au grand dam de l’Église, les Portugais ont commencé à suivre la coutume hindoue et musulmane, celle d’avoir de nombreuses concubines. Ils ne se contentaient pas d’une seule femme, ils en avaient quatre ou cinq chez eux. Fernão Lopes déserte, se converti à l’islam et est allé vivre à Bijapur.

Après un an à Bijapur, il quitte la ville, à cheval, avec l’armée d’Ismail Adil Shah, en direction de Goa. Notre héros se heurte à ses anciens camarades. Non seulement il perd la bataille, mais se fait aussi prisonnier par Afonso de Albuquerque. Il sera puni, il passera un an dans la prison de Goa.

Afonso Albuquerque accorde sa grâce à Fernão Lopes, cependant ce pardon n’a pas de sens réel. Fernão Lopes est interdit d’appartenir à l’armée. Il a été l’objet, par ailleurs, d’humiliations et de défigurations sur la place publique.

Après quelques années de vie indigente, notre héros décide finalement de retourner au Portugal dans une flotte de seulement deux navires en 1515. C’était un autre homme. Incapable, plein de honte et sans savoir où se trouvaient la femme et l’enfant qu’il avait laissés à Lisboa. Comment pourrait-il construire une nouvelle vie? Quelle réaction devait-il s’attendre? Quelle issue pour lui au Portugal?

Du côté de l’île de Sainte Hélène, la mer est très agitée. Le commandant Simão da Silveira pointe le navire vers le sud-ouest de l’île. Fernão Lopes abandonne son navire, choisissant de rester sur l’île. Attitude d’un homme désespéré qui avait perdu la tête, et même la volonté de vivre?

Le Commandant envoie des hommes à terre pour chercher Fernão Lopes. À la fin de la journée, ils reviennent sans avoir trouvé sa trace. Simão da Silveira ordonne de lui laisser de la nourriture, une casserole, des ustensiles et du sel. Les hommes ont laissé quelques habits par respect pour cette âme tourmentée.

 

Fernão Lopes devient le Robinson Crusoé portugais de l’île de Sainte Hélène.

L’isolement du monde et l’existence d’un ermite – Fernão Lopes sera appelé l’Ermite de Sainte-Hélène, et fait paradoxal, il devient un des hommes les plus célèbres du Portugal, attirant l’attention non seulement des figures célèbres du royaume, mais de toute la chrétienté… un Adam défiguré se met à explorer son Eden.

Peu à peu, Sainte-Hélène se transforme en un immense verger. Les pommiers portent fruits deux fois par an… Les mangues et les mûres ont pris racine rapidement… Les bananiers se sont installés, mais ils n’ont pas fleuri, d’autres fruits ont mieux fait: grenadiers et palmiers, orangers et citronniers aux fleurs si parfumées.

Les années passent et l’île de Sainte-Hélène devient de plus en plus familière aux Portugais. Au cours des années 1520, sept ou huit navires en moyenne y faisaient escale. Les Portugais s’émerveillent des transformations subies en quelques années, et les équipages se réjouissent des fruits frais devenus si abondants. A cette époque, Fernão Lopes courait vers la berge pour accueillir les marins, les remerciant chaleureusement avant de chercher anxieusement quelles graines qu’ils apporteraient à bord.

Les années ont suivi, ainsi que la culture de Fernão Lopes. Parfois, les Commandants de navires lui demandaient s’il voulait retourner à Lisboa et sa réponse était toujours la même. Il disait qu’il avait, sur cette île, tout ce dont il avait besoin.

En 1521, le roi D. Manuel I meurt, succède sur le trône son fils D. João III. La renommée et la curiosité autour de Fernão Lopes augmente.

Le souverain ordonne à Fernão Lopes, l’ermite de Sainte-Hélène, d’être amené dans le royaume, car lui et sa femme voulaient lui parler. Les ordres du Roi devaient être exécutés et un navire fut envoyé pour un voyage de deux mois à la recherche de Fernão Lopes. Fernão Lopes est emmené à Lisboa.

Selon Gaspar Correia, la rencontre avec le Roi et la Reine s’est faite dans la nuit dans les appartements royaux, Fernão Lopes était alors âgé de 52 ans. Presque rien n’est enregistré de cette réunion. Fernão Lopes retourne au couvent qui l’abritait.

Fernão Lopes est emmené à Rome pour rencontrer le Pape Clément VII. Rien ne nous renseigne sur la réaction de Fernão Lopes qui, en quelques jours, était à bord du navire qui l’emmenait d’abord à Naples, puis à Rome. Arrivé ici, il fut appelé au Vatican pour être reçu par le Pape, qui lui accorda l’absolution après que Fernão Lopes se soit agenouillé et ait avoué son apostasie.

Fernão Lopes retournera à Sainte Hélène où il restera pour le reste de sa vie. En 1546, un Commandant portugais rapporta brièvement la mort de Fernão Lopes. Celui-ci restera enterré sur l’île.

 

Faisons un saut dans l’histoire. L’île est essentiellement connue comme le lieu d’exil de Napoléon 1er, jusqu’à sa mort. L’île lui doit son intérêt touristique qui repose sur l’attrait des lieux que Napoléon a fréquenté.

Les passionnés d’histoire peuvent se plonger dans le passé de Napoléon en visitant Longwood House, où l’empereur déchu vécut en exil de 1815 jusqu’à sa mort en 1821. Les points forts incluent une baignoire en cuivre où le «Little Cape» passait des heures à lire et à composer ses mémoires, comme ainsi que les hublots où Napoléon a sculpté dans les volets, pour mieux épier les gardes à l’extérieur.

La tombe où son corps a été enterré jusqu’en 1840 est à un peu plus de 2 km. Les restes de Napoléon ont ensuite été transférés à Paris cette année-là.

 

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