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«Nous avons tué le Chien Teigneux» (éd. Chandeigne, 2006), merveilleusement illustré par Jean-Philippe Stassen, est une nouvelle tirée du recueil éponyme, «Nós Matámos o Cão Tinhoso», publié en 1964, alors que l’auteur n’avait que 22 ans. La traduction est de Michel Laban, une des personnes en France qui connaissait le mieux les littératures africaines de langue portugaise.

L’histoire, construite dans la pure tradition africaine, mêlant réalisme et poésie, se passe durant les années 1950. Derrière ce récit et l’image du chien teigneux, c’est tout le sort réservé au colonisé que l’auteur veut dénoncer.

Presque toute l’action se déroule sur la place d’une bourgade du sud du Mozambique. Ginho, le narrateur-protagoniste, nous présente le Chien Teigneux: “Il avait des yeux bleus qui ne brillaient pas, mais ils étaient immenses et toujours pleins de larmes qui coulaient sur son museau. Ils faisaient peur, ces yeux, si grands, qui regardaient comme quelqu’un qui demanderait quelque chose sans vouloir le dire”. Le Chien Teigneux est au centre de l’action et il observe les humains: la maîtresse de l’école, qui ne l’aime pas, la patronne de l’épicerie, le vétérinaire ou encore l’Administrateur.

Mais ses déambulations vont finir par attirer l’attention des autorités, qui décident de le tuer. Qui va exécuter la sentence? Le vétérinaire a une idée géniale: il confie cette tâche aux enfants de l’école. Alors, Ginho (Noir), voudrait bien faire partie du groupe, même si celui-ci est dominé par un fils de colons. Mais il est freiné par l’amitié qui le lie au chien – une amitié partagée par une camarade de classe, Isaura. Enfin accepté dans le groupe, Ginho est chargé de mener le chien vers son lieu d’exécution…

Luís Bernardo Honwana, né à Maputo (Mozambique), en 1942, a été militant du Frelimo, a connu la prison et l’exil. Après l’indépendance de 1975, il occupe des postes importants, comme celui de Ministre de la Culture, en 1981.

 

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