Maria Libório: Les cours de portugais en distanciel ne sont pas adaptés en primaire

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Maria Libório est enseignante de portugais dans la Loire et le Rhône. Elle est employée par l’Institut Camões et dans cette interview à LusoJornal, elle raconte le fonctionnement des cours et confie ses inquiétudes sur les inscriptions de l’année prochaine.

Auparavant professeure de français au Portugal, elle arrive en France en 2005 et passe le concours afin d’enseigner le portugais. Par la suite, elle travaille pour le Ministère des Affaires Etrangères portugais à travers l’Institut Camões. Cette professeure participe à deux dispositifs d’enseignements: EILE et ELVE.

EILE (Enseignements Internationaux de Langue Etrangères) ce sont des cours organisés sur le temps périscolaire des élèves et sont volontaires. ELVE (Enseignement de Langue Vivante Etrangère) ce sont des cours intégrés et obligatoires aux élèves du CE1 au CM2.

Néanmoins le dispositif EILE pose plus de problème puisque ce sont des groupes hétérogènes avec des niveaux différents. «Certains parlent déjà portugais car ils sont d’origine portugaise ou sont de nouveaux immigrants. D’autres sont simplement intéressés par une nouvelle langue et ne connaissent rien. La difficulté c’est de gérer ces différents groupes».

Cependant, la professeure regrette que les élèves ne parlent pas plus portugais à la maison lorsque c’est possible. «Je trouve ça dommage. Je pense que plus l’enfant est petit, plus il faut lui parler une autre langue car il assimile vite à cet âge. L’enfant va apprendre et maitriser les deux langues. Même si plus tard il a tendance à parler français, la compréhension reste».

A travers ses cours de langue, mais aussi de culture, Maria Libório essaye de transmettre sa vision du Portugal moderne. «J’aime enseigné la langue et la culture de mon pays, mais aussi faire connaître le Portugal car les gens en ont une image péjorative. Ils imaginent le Portugal comme il l’était il y a 40-50 ans en arrière alors que ça n’a rien voir. Les Portugais devrait être fiers de leur pays et de leur culture mais il faut le découvrir aussi. Le vrai Portugal n’est pas forcément celui des petits villages. Il y a de la littérature, de l’architecture,… Une culture qu’ils ne connaissent pas».

Mais la pandémie a rajouté des difficultés d’apprentissage. En mars 2020, comme tous les professeurs, Maria Libório a dû arrêter les cours en présentiel et commencer pour la première fois les cours en distanciel avec des enfants de primaire. Après un retour à la normale en novembre, les élèves ont recommencé les cours de portugais à la maison. Ces périodes ont posé des problèmes pour plusieurs raisons. «Les enfants ne viennent pas tous, et ceux qui participent sont dans leur maison et c’est plus compliqué d’avoir de la discipline sur leurs ordinateurs. On ne peut plus faire deux heures mais une seule, car c’est trop fatiguant pour eux. Plus de 70% ne participent plus, on perd des élèves. J’essaie d’envoyer du travail par mail mais je n’ai pas de retour». Autrefois, le nombre d’élèves par classe de EILE variait entre 15 et 18. Aujourd’hui le nombre d’inscrits est le même, mais il n’y a plus que 2 ou 3 enfants qui participent au cours.

Selon l’enseignante, le distanciel est une bonne alternative, mais elle n’est pas adaptée à des enfants.

 

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LusoJornal