«Migrants» le nouvel album du Capverdien Mário Lúcio est sorti en France

Cultura

 

«Migrants» est le titre du nouvel album sorti en France il y a deux semaines, de l’ancien Ministre de la Culture du Cap Vert, Mário Lúcio, un album à résonner au cœur de l’humanité, car il chante la beauté du parcours humain et chante la tristesse de ceux qui fuient la guerre, la persécution, la faim, la misère. Il fait appel à notre humanisme et rendre hommage à ceux qui ont perdu la vie en tentant de traverser les mers et les terres au fil des siècles.

La saga de l’humanité a commencé il y a 65.000 ans avec les premières migrations. Migrer est donc synonyme d’humanité. «Nous venons tous du même point de départ. Cette épopée fantastique a formé ce que nous sommes aujourd’hui: des gens de différentes couleurs et caractéristiques habitant cette planète. Pourtant aujourd’hui, la migration, pour beaucoup, est synonyme de drame».

Cet album, le dixième de la carrière de l’artiste (depuis ses débuts avec «Simentera» jusqu’à «Funanight» sorti en 2019) est en soi un geste de migration, de rencontres.

C’est la première œuvre discographique dont Mário Lúcio, auteur/compositeur, confie les arrangements et la production musicale à un Européen, en l’occurrence le Portugais Rui Ferreira, musicien multi-instrumentiste de Porto. «Dans cet album, je voulais que mon âme soit lue par l’autre», dit Mário Lúcio.

La notion de métissage, de dialogue, d’harmonie entre les cultures est la devise de cet ouvrage, brisant les notions de frontières, de barrières linguistiques, de couleur, de religion ou de nation.

C’est aussi l’album le plus universel, bien qu’il ait enregistré avec des artistes tels que Milton Nascimento, Harry Belafonte, Pablo Milanes, Gilberto Gil, Cesária Évora, Mayra Andrade, Toumani Diabate, Teresa Salgueiro, car dans ce travail Mário Lucio apporte de nouvelles sonorités à la musique du Cap-Vert, en gardant toujours son âme. «Cet album porte tout le Cap-Vert et l’Afrique, mais dialogue avec toutes les esthétiques musicales que les migrations ont rendues possibles», dit-il.

Mário Lucio avait pris quelques années de pause dans sa carrière musicale quand il est devenu Ministre de la Culture du Cap Vert. Aujourd’hui, il revient avec un album aussi universel que personnel. Il raconte son enfance à Tarrafal, ses voyages, sa pratique du bouddhisme et de la religion yoruba, ses réflexions sur la créolisation. Ses chansons racontent des expériences, des éclats, des aveux, des croyances, mais aussi partagent l’espoir, l’amitié.

Avec «Migrants», le Bob Dylan de la musique capverdienne, comme on l’appelle parfois (ou Chico Buarque, pour d’autres) révèle tout son talent de poète et de compositeur.

 

Mário Lúcio sera en concert à La Cigale le 24 janvier 2023.

 

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