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Miguel Ramos est, hors le petit cercle des férus de fado, est peu connu en France. Il n’en est pas de même à Lisboa, où depuis ses 14 ans (il va en avoir 42 dans quelques jours), il est l’un des acteurs majeurs du fado castiço portugais.

Nourri à l’influence de Fernando Mauricio, «o rei do fado», dans l’antre du fado traditionnel Os Ferreiras, (où il officia pendant huit ans, et qui fut pour lui, nous confia-t-il, son «école» de fado en tant que chanteur), il a ensuite fait les beaux soirs d’autres maisons de fado lisboètes, dont, pendant presque une décennie, le Faia, créé par Lucília do Carmo, éminente fadiste et mère de Carlos do Carmo, et Senhor Vinho, qui lui a aussi beaucoup apporté, et collaboré, entre autres, avec le producteur, compositeur, chanteur et guitariste Jorge Fernando.

Conjointement à son activité de vocaliste, il est aussi un excellent guitariste à la viola, accompagnant nombre de grands noms du fado. Une tradition de famille, puisque son père, Victor, fut un violiste professionnel, tout comme l’est son frère André, l’autre, Augusto étant aussi chanteur de fado. «Comme musicien, j’ai été comblé, j’ai eu la chance d’accompagner beaucoup des plus grands fadistes, et parmi eux de grands anciens qui m’ont beaucoup apporté». Il cite notamment Maria Amélia Proença, Maria da Fé, Lenina Gentil, Anita Guerreiro, Ada de Castro mais aussi Carlos do Carmo, Camané, Aldina Duarte…

Pour toutes ces raisons, après sa prestation à Dammarie-les-Lys quelques jours avant et en attendant son départ vers le Bénélux pour une série de concerts, sa venue à Paris (au Portologia, le 7 mars) était fort attendue dans cette petite salle. «Je me serais cru à la Tasca do Chico à Lisboa. Je n’ai jamais oublié d’où je viens: les cafés, les petites tavernes, je connais, j’y vais encore souvent, et quand des amis et les patrons de la maison m’ont proposé de venir, je n’ai pas hésité».

Miguel Ramos a enregistré voilà un an son premier album en soliste après vingt ans de carrière: «Aqui na alma» (*), titre issu de l’un de ses fados, sur un poème de Diogo Clemente et la musique du fado cravo d’Alfredo Marceneiro. Un fado superbe qu’il reprendra dans cette soirée, avec d’autres titres de l’album, parmi lesquels «Sabe Deus», «Fim do outono», «Gosto do vento», tous empreints d’une saudade que Miguel Ramos traduit admirablement, ou le plus connu «Leio em teus olhos».

Un choix qui se prêtait fort bien à l’intimisme du lieu, épicé par deux fados plus allègres, dont, en conclusion le fameux «Lisboa menina e moça» créé par Carlos do Carmo. Il se prêtera ensuite à une belle desgarrada avec les amis fadistes qu’on avait pu entendre dans la partie «fado vadio» de la soirée: Lizzie, Tânia Caetano, Paulo Manuel et Mónica Cunha.

Signalons enfin que Miguel Ramos est aussi, avec son ami Jorge Fernando, l’un des parrains de l’Académie de fado dirigée à Vincennes, par Valérie do Carmo: «Paris est la ville étrangère où je suis venu le plus souvent, je l’aime beaucoup. D’ailleurs c’est ici, entre deux concerts, que j’ai décidé de prendre quelques jours de vacances, mais vous voyez, le fado ne me lâche pas, je suis là ce soir».

Paris aime, en retour, Miguel Ramos. A bientôt donc.

 

(*) Aqui na alma n’est pas distribué en France. On peut en écouter et voir certains titres sur youtube, ou en écouter sur divers sites de musiques en ligne, dont Napster

 

 

Linda de Suza 19/20

 

 

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