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Alors qu’en mars 2020 la France entière a été confinée, Renato Ribeiro, metteur en scène, directeur artistique et de production et professeur, en a profité pour continuer de travailler sur ses projets dont notamment une opérette intitulée Phi-Phi, un cabaret musical qui devrait être prêt pour ce mois-ci. Dans une interview conduite par Isabel Ribeiro pour LusoJornal, il nous parle de son enfance et de ses premiers pas dans le monde du spectacle.

Pendant que tout est à l’arrêt lors du premier confinement, et en particulier dans le secteur de la culture, Renato Ribeiro indique que cette période lui a permis de travailler sur beaucoup de projets. Il signale être en train de mettre en scène quatre spectacles et travailler sur un long métrage d’António Amaral, mais aussi, sur le spectacle Le secret de Sherlock Holmes pour lequel il est Directeur de production. Il a par ailleurs débuté en avril dernier une audition pour un Molière dans le cadre de ses 400 ans qui auront lieu l’année prochaine.

Né dans la ville de Aveiro, Renato Ribeiro immigre avec ses parents vers la France à l’âge de quatre ans et demi. Ils emménagent alors à Tours où il est scolarisé. L’acteur se souvient de ses premiers pas dans une école française, s’accrochant aux grilles et criant à sa mère de venir le récupérer, afin qu’il ne soit plus dans un lieu qu’il ne connaît pas et où on parle une langue qui n’est pas la sienne. Il explique que cette «image qui reste à vie, qui est très violente» est certainement commune à tous ceux qu’il appelle les «déracinés».

C’est en étant gardé par un couple de personnes âgées les jours où il n’y avait pas d’école que Renato Ribeiro découvre à la télévision les films en noir et blanc et Charlie Chaplin. Suite à cette découverte, il décide déjà dans son esprit d’enfant qu’il veut être dans ce qu’il nomme «la boîte». C’est alors à ses sept ans que pour la première fois il joue en tant que comédien dans une mise en scène de Jean de Courson, qui d’après ce qu’il dit est l’homme qui lui a permis de comprendre qu’il voulait en faire son métier.

Malgré la peur de ses parents qu’il ne parvienne pas à trouver une place pour s’exprimer sur la scène française, l’acteur poursuit son chemin dans le monde du spectacle et se donne les moyens d’accomplir son rêve. Il déclare d’ailleurs, lors de son interview avec Isabel Ribeiro: «Je pense qu’il n’y a pas de chance, je pense que j’ai beaucoup travaillé».

L’acteur passe alors par différentes écoles et se forme au fur et à mesure auprès de différentes troupes et collectifs. Il rentre tout d’abord dans le Centre d’art dramatique de Touraine, où il participe à plusieurs grands spectacles. Il fait également une tournée mondiale avec un collectif normand appelé La Rampe, grâce auquel il fait un travail de corporalité et a l’opportunité de connaître le monde.

Renato Ribeiro est ensuite repéré à Bézier, ce qui lui permet de se joindre à la troupe des Baladins de Bézier, auprès de laquelle il se familiarise à l’art du masque et au monde du cabaret. Il déclare d’ailleurs, en parlant de son expérience avec cette troupe: «Le cabaret pour moi c’est une école phénoménale, il n’y a pas meilleure école pour tout apprendre».

Plus tard, bien qu’il ait déjà de l’expérience en tant qu’acteur, c’est à Paris qu’il décide de tenter sa chance en intégrant les cours Florent, où il a l’opportunité d’apprendre auprès de grands noms du cinéma de l’époque, tels qu’Isabelle Nanty et Michel Fau. En intégrant les cours Florent, Renato Ribeiro a pour objectif de fonder une famille et un réseau ce qui lui permettra notamment de faire sa première mise en scène parisienne.

C’est le soir de Noël 1998 que Renato Ribeiro visite pour la première fois le lieu qui va devenir l’Espace La Comedia, «son» théâtre, situé dans le 11ᵉ arrondissement de Paris, qu’il considère comme «sa maison».

Tandis qu’au départ il avait seulement besoin d’un lieu pour pouvoir répéter ses spectacles, il parvient à avoir son propre théâtre. Ce lieu qui était destiné à montrer et soutenir la nouvelle et jeune génération de créateurs, toutes disciplines confondues, lui a permis de réunir sa famille de cœur, de création et de travail. Dans son théâtre, Renato Ribeiro a eu l’occasion de donner naissance à divers projets, de lancer et de faire la connaissance de beaucoup de monde, ainsi que, de découvrir énormément de talents. C’est également grâce à l’Espace La Comedia qu’il parvient à dévoiler son travail dans le milieu parisien.

Quatorze ans plus tard, il est contraint de laisser son théâtre en raison du coût des travaux afin de répondre aux nouvelles normes d’accessibilité imposées par le Gouvernement. Il déclare avoir très «mal vécu» cette période: «Moi, j’ai vécu ça comme une petite mort».

C’est suite à cet événement qu’il part pour le Portugal. Là-bas, il donne des cours de théâtre bilingues à l’Institut Français, mais aussi, après avoir travaillé avec l’Alliance Française, il conçoit une méthode d’apprentissage du français au travers de cours d’art dramatique. Renato Ribeiro passe ensuite par différents cursus de formations et obtient son diplôme de formateur de professeur portugais enseignant le français.

Aujourd’hui, sa carrière se fait donc entre la France et le Portugal: «C’est le rêve d’un gamin de cinq ans qui regardait Charlie Chaplin et qui a dit à ses parents: je veux être dans la boîte, je réussirai à être dans la boîte. J’ai réussi à être dans la boîte».

 

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