Uma senha ser-lhe-á enviada por correio electrónico.

Université de Lille: Les enseignements d’une journée dédiée au Portugais dans les Hauts-de-France

LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG LusoJornal | LSG
Ensino

 

Ce fut une journée bien chargée celle du 19 octobre à l’Université de Lille Pont-de-Bois, dédiée à la langue portugaise. Le programme avait comme intitulé «Le portugais dans les Hauts-de-France: panorama et perspectives d’une langue en plein essor».

Cette journée a été à l’initiative des membres du Comité France Portugal Hauts-de-France, en les personnes de Bruno Cavaco et Jaquelina Fonseca et de Liliana Santos, enseignante de la Section de Portugais de l’Université de Lille.

Étaient présents bon nombre d’institutions et personnalités intéressés par le thème, signalons la présence par ordre d’intervention dans le forum de Jaquelina da Fonseca en représentation du Comité. Après la présentation de la journée et les remerciements aux enseignants, étudiants, institutions présentes, elle a passé la parole au modérateur de la journée, Luís Sobreira de la Section de portugais de l’Université de Lille. Ce dernier a fait une brève présentation sur la langue portugaise dans le monde, la cinquième en nombre de parlants, langue officielle dans des nombreuses institutions internationales, même s’il y en a qu’il faut encore inciter à utiliser la langue de Camões également comme langue de communication, le portugais étant enseigné à tous les niveaux à l’Université de Lille et à distance, en licence, à partir de l’année prochaine.

Après l’intervention de Nil Toulouse, vice-Présidente pour les affaires internationales et Europe de l’Université de Lille, Tatiana Milliaressi, Directrice du Département des études romanes de l’Université de Lille a parlé de la langue comme étant «la base de toute culture».

Alors que le 16 novembre prochain est célébré le centenaire de la naissance du prix Nobel de littérature, Ana Paula Arnaut, de l’Université de Coimbra, a donné sa vision sur le thème «Lorsque l’intime détail compte pour l’(H)histoire: voyage(s) autour de la fiction de José Saramago».

Ana Paula Arnaut a raconté que José Saramago est né dans une famille pauvre et qu’il devait s’appeler José Sousa, toutefois pour des raisons d’ivresse de l’employé du registre d’état civil, une erreur s’est produite lors de l’enregistrement de sa naissance. José Saramago dira qu’il n’a pas eu besoin de se choisir un pseudonyme. Avant d’être écrivain, il a eu comme métiers serrurier, journaliste et a fini… chevalier, un homme aimé par les uns et haï par d’autres.

La spécialiste du prix Nobel de littérature a parlé de la ponctuation canonique de José Saramago et des différents thèmes des œuvres, de sa littérature et son évolution dans le temps.

João Neves, de la Direction de l’Institut Camões a fait une conférence sur la langue portugaise qu’il a intitulé «Du monde on voit ma langue». Des chiffres ont été cités, en voici quelques-uns: l’Institut Camões est présent dans 85 pays, avec un total de 1.600 actions, dont 79 dans l’enseignement universitaire, 35 pays ont le portugais dans le curriculum non-universitaire, 32 organisations internationales ont le portugais comme langue de travail. João Neves a fait référence au portugais au niveau ‘industriel’ de la langue: 190 écrivains portugais publiés annuellement, 140 ouvrages par an, plus de 100 éditeurs, 40 pays publient par an des écrivains portugais en 30 langues. Pour terminer, le dirigeant de l’Institut Camões s’est exprimé en disant que «le portugais n’aura pas de projection internationale s’il n’a pas une forte présence au niveau scientifique».

Adelaide Cristóvão, Coordinatrice de l’enseignement du portugais en France, et Conseillère pour l’enseignement auprès de l’Ambassade du Portugal, et Olinda Pires, Chargée de mission à l’IGESR pour le portugais, ont fait l’historique de la langue portugaise en France. En 1919, le premier cours de langue portugaise à été créé à la Sorbonne, en 1921 un deuxième cours a été créé à Rennes, en 1970 premier concours au niveau CAPES pour les professeurs de portugais, en 1975 l’Agrégation, en 1975 l’État portugais assure les cours ELCO (Enseignement de langue et culture d’origine), 55.000 élèves en 1982-1983 et 1995-1996 plus que 15 mil, en 2017 les cours ELCO donnent la place au cours EILE (Enseignement international langue étrangère), le portugais serait enseigné en France dans 26 Sections internationales, l’Institut Camões aurait sous sa tutelle 102 enseignants en France en 2022-2023 contre 96 en 2020-2021, pour 14.749 élèves, contre 12.257 en 2020-2021, 14 universités françaises ont un protocole avec l’Institut Camões, 354 collèges ont le portugais comme langue vivante, toutefois avec une répartition très inégale au niveau des Académies.

Pour finir son intervention, Adelaide Cristovão a présenté un prospectus conçu par différents intervenants et soumis au Ministère de l’éducation du Portugal, destiné aux parents, intitulé «Le portugais un pont pour l’avenir» et un autre destiné aux enfants «A la découverte du portugais».

Un scénario moins réjouissant a été tissé par Fernando Amorim, Inspecteur pédagogique du portugais dans les Hauts-de-France. Le constat est accablant: dans l’Académie de Lille il n’y a que 2 collèges et 4 lycées avec présence du portugais enseigné, correspondant donc à 2% des 305 établissements que compte le Département.

La question qui se pose: le fait de ne pas avoir de cours dans les premiers niveaux scolaires, n’implique pas la totale disparition à un niveau plus élevé du portugais?

Dans la ville de Lille, seulement 14 élèves suivent des cours de portugais sur une population de 1,2 millions d’habitants, ici le problème de la dérogation se pose. Fernando Amorim affirme que le virage de l’enseignement du portugais a été mal négocié sur Lille, à Cambrai, le portugais aurait une meilleure santé.

Selon l’inspecteur Fernando Amorim, pour relancer l’enseignement du portugais dans les Hauts-de-France il faut mener ou relancer des campagnes de promotion du portugais, renouveler l’offre de formation, impliquer davantage les équipes enseignantes des projets transversaux multilingues. «L’homme trébuche d’abord, puis marche, puis court, un jour il volera…» conclut l’Inspecteur.

Cette année, un poste supplémentaire a été affecté par l’Institut Camões pour la région de Lille, pour l’enseignement primaire. L’enseignant n’est pas encore arrivé, mais il doit donner des cours dans plusieurs établissements, pour avoir un emploi du temps complet. Adelaide Cristóvão souhaite que des élèves d’autres écoles puissent fréquenter les cours de portugais dans les écoles qui en auront.

L’enseignement digital par l’Institut Camões a également été évoqué pour les jeunes: le Camões Junior.

L’après-midi débutait avec le thème de la reconnaissance et validation des acquis: certifications en langue portugaise.

Trois tables rondes sur le portugais dans les Hauts-de-France se sont suivies, ainsi que la présentation détaillée de la Section du portugais de l’Université de Lille, abordé par Luís Sobreira.

Les tables rondes ont été animées par José Freitas, de Radio Alfa. La première table ronde a donné la parole au témoignage d’enseignants, la seconde a été consacrée à des exemples de mobilité et coopération, la dernière étant consacrée au point de vue des associations. Il y a eu l’intervention de plusieurs élèves de portugais. Emídio William a parlé de son expérience et des stages à l’étranger dans le cadre d’Erasmus, qui peut déboucher sur un projet entrepreneurial car il vient de créer, à Lisboa, une entreprise dans le domaine musical.

 

Le programme de cette journée du 19 octobre fut riche, beaucoup de chiffres ont été présentés pour qu’on puisse avoir une vision globale de l’enseignement du Portugais, dans le monde, en France et en particulier dans la région Hauts-de-France. Qu’en adviendra-t-il? Comment est perçu l’enseignement du portugais sur le terrain?

On sent une certaine volonté chez certains des acteurs de l’enseignement du portugais en France, toutefois ont-ils les moyens pour aller de l’avant? Y a-t-il une volonté des instances de l’État portugais? N’évitent-on pas de faire des vagues? Ou doit-on conclure que «Roma e Pavia não se fizeram num dia»?

 

Donativos LusoJornal
X