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Joaquim Tenreira Martins va présenter ce jeudi 22 mars, au Consulat du Portugal à Paris, son livre sur l’émigration portugaise dans ses deux versions, française («Visages de l’émigration portugaise», Paris, L’Harmatan, 2016) et portugaise («Rostos da emigração», Bruxelles, Orfeu, 2017).

L’auteur a été assistant social au Consulat du Portugal en Belgique, pendant de nombreuses années. Son livre qui se présente comme un ensemble d’histoires, souvent drôles sans cesser d’être graves, s’inspire de sa pratique professionnelle.

L’auteur se situe lui-même, sauf dans le récit à propos de la prison, comme l’un des personnages des histoires qu’il relate. L’option surprendra sans doute certains lecteurs qui, en raison du titre, pourraient s’attendre à y trouver une analyse sociologique de l’émigration.

Dans le dialogue imaginaire qui ouvre le livre, l’auteur justifie le recours à la fiction comme un moyen de prise de distance par rapport à la lourdeur des situations qu’il a à traiter. Mais le plus intéressant dans sa démarche est d’avoir fait le pari de la fiction pour mieux cerner le réel. Par le seul pouvoir de l’imagination, à travers la réinvention des histoires que les gens lui racontent, il les libère du sentiment de fatalité qui les accable de façon à figurer un avenir plus ouvert.

Les histoires qui composent le livre se situent, pour la plupart, comme le titre l’indique, dans un contexte migratoire, y compris quand celui-ci se confond avec l’espace (imaginaire) de quête de soi, par l’aventure ou l’errance, comme dans le cas du Marruco, revenu tous les ans au printemps dans la capitale belge pour s’y égarer et se faire rapidement rapatrier…

La quête de soi du «mendiant de Bruxelles», l’une des histoires les plus abouties du livre, coexiste avec le besoin d’assurer sa survie au quotidien. Il s’agit finalement d’histoires de gens ordinaires, aux visages semblables à ceux d’autres gens, comme nous le rappelle l’auteur dans le «dialogue» initial intitulé justement «Vies en ton mineur». Elles tournent, en effet, en grande partie, autour de la famille (relations parents/enfants, recompositions…) ou de la vie de couple (ruptures conjugales, violences, désirs éteints…).

Il n’empêche: le livre nous renvoie à une face moins connue de l’émigration portugaise, celle qui se débat avec l’infortune, la souffrance psychique et l’insuccès. Ce n’est pas son moindre intérêt.

Un autre aspect qu’il convient de relever est la mise en valeur, bien que parfois de façon presque allusive, de la langue maternelle comme moyen de reconnaissance de la personne émigrée. Et, à ce titre, un facteur déterminant dans le processus de reconstruction de soi auquel le travail social participe. Il serait souhaitable que l’auteur puisse y revenir plus longuement à une autre occasion.

 

João Fatela

 

 

 

 

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