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Au nom de la mémoire, il ne faut jamais oublier, banaliser le mal. En 2020, chacun se souvient de la tragédie de 1939-1940.

Les bombardements meurtriers suivis de l’occupation allemande de l’Europe de l’Est puis du Nord et de la Hollande, Belgique, Luxembourg et enfin de la moitié nord de la France provoquent un exode massif. Neuf millions de personnes fuient les troupes du 3e Reich.

À nouveau, après les guerres de 1870 et 1914 la ville devient capitale. Le Gouvernement et les institutions de la 3e République quitte Paris et viennent se réfugier à Bordeaux. Le flot de réfugiés suit l’État en déroute cherchant à quitter l’Europe à feu et à sang.

Bordeaux dans le tourment voit sa population multipliée par trois, de 280 mille à 850 mille, et la Gironde multipliée par deux.

Pour s’échapper du vieux continent en juin 1940, des milliers d’exilés frappent à la porte du consulat du Portugal à Bordeaux pour obtenir un visa.

Le Consul en poste, Aristides de Sousa Mendes, au nom de sa conscience d’homme libre, décide de désobéir aux ordres racistes, iniques et injustes du dictateur portugais, Salazar. Il délivre des visas pour sauver 30.000 personnes de la barbarie nazie.

Il est, en juin 1940, une de ces lumières qui fait naitre l’espoir et ouvre le chemin de la liberté.

Le lundi 17 juin 1940, dans les escaliers du Consulat du Portugal, Aristides de Sousa Mendes s’adresse aux réfugiés massés devant lui, en ces termes: «À partir d’aujourd’hui, je vais obéir à ma conscience, je n’ai pas le droit, en tant que chrétien, de laisser mourir ces femmes, ces hommes et ces enfants. Mon Gouvernement refuse les demandes de visas que je lui propose. J’ai actuellement le pouvoir et la possibilité de sauver des milliers de personnes venues de toute l’Europe et fuyant les troupes allemandes. Ils espèrent trouver asile au Portugal. Ce sont des êtres humains et leurs religions, leurs nationalités, leurs positions sociales, leurs origines ou leurs couleurs de peau me sont totalement indifférentes. Ils ont besoin de moi, je peux, avec des visas leur sauver la vie. Je suis chrétien, et comme tel je crois que je n’ai pas le droit de laisser périr ces réfugiés, lesquels, en grande partie, sont juifs. Aussi, je déclare qu’à partir de cet instant je donnerai un visa à quiconque me le demandera, contre les ordres iniques et injustes de mon Gouvernement».

À l’occasion du 80e anniversaire de la tragédie de juin 1940, le Comité Sousa Mendes a tenu à honorer la mémoire du Consul Juste parmi les Nations et à rendre hommage à son action salvatrice en rappelant le drame des 9 millions de femmes, enfants et hommes victimes de cet exode de masse.

L’exposition «1940, l’exil pour la vie» est présentée aux archives départementales de la Gironde sur les 420 m2 des voutes poyennes. Conçue par le Comité avec le soutien des Archives et sous le commissariat scientifique de trois historiens, Marie-Christine Volovitch-Tavares, Cláudia Ninhos et Victor Pereira, elle est constituée d’archives, de documents audiovisuels et photographiques venant de France, du Portugal, des USA et d’Espagne.

La mise en espace est enrichie des œuvres de six artistes internationaux:

– Manuel Cargaleiro, avec son œuvre «Engadine, une image de liberté»;

– Fernando Costa avec un diptyque «Aristides de Sousa Mendes»;

– Fernando Gaspar avec «Separated Land 1940»;

– Edith Gorren avec son tableau «Passage de la frontière avec Aristides de Sousa Mendes, ultime tentative»;

– José de Guimarães avec une série sur le thème «Nomadas Migrantes»;

– Sebastian Michael Mendes avec son œuvre symbolisant les 30.000 signatures du Consul Sousa Mendes en 1940, son grand-père.

L’exposition «1940, l’exil pour la vie» et le programme culturel et pédagogique qui l’accompagne ont reçu le label du Ministère des Armées – Actions, Mémoires 2020.

 

Manuel Dias Vaz

Vice-président délégué

Comité Sousa Mendes

 

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